‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 37 sur 236 · La Viê de M. de Molière^ p. i4 et x · texte numérisé non relu

La Viê de M. de Molière^ p. i4 et x

3. Variétés historiques^ physiques et littéraires^ tome I, il* partie, p. 537. Ce recueil, qui a pour sous-titre Recherches d*un sapant, est attribué au jurisconsulte Boucher d'Argis.

donné quelque part des représentations, puisque dans le contrat d'engagement il est dit qu'ils « se lient ensemble pour Vexerdce de la comédie, à fin de conservation de leur troupe sous le titre de r Illustre théâtre. » Mais, quand il serait certain que déjà ils avaient joué, ce que n'établissent pas assez les tenues de « conservation delà troupe «, il resterait à savoir si les représeqtations, où ils s'étaient exercés, avaient été celles de comédiens de société^ suivant Texpres- %i(m de M. Taschereau^ Quelques-uns ont conjecturé qu'ils avaient pris pour premier théâtre un certain tripot de la Perle ^ dans le quartier qu'habitaient les associés, comme nous l'apprend leur contrat du 3o juin 1643. Aucun témoignage n'est produit à l'appui de cette supposition. S'il y a eu un tripot de la Perle, qui soit devenu une salle de comédie, cette salle pourrait bien, comme on l'a soupçonné, n'être autre que celle des comédiens du Marais. Fût-il d'ailleurs moina douteux que Molière et ses camarades aient commencé par jouer dans ce tripot si mal connu, est-ce bien là qu'ils se seraient réunis pour un simple divertissement d' « enfants de famille » ? Que l'on ait ou non des objections à un tripot quelconque, ce premier dessein de se contenter d'un amusement « entre amis » est tout à fait invraisemblable. Il n'aurait pas exigé la renonciation de Molière à la survivance de la charge paternelle, ni sa réclamation d'une somme dont l'emploi à faire semble se révéler clairement. Croira qui voudra aux Béjart simples amateurs des jeux du théâtre, n'ayant songé dans les commencements qu'à des passe-temps de bons bourgeois. Dans la comédie de Chalussay, dont souvent, nous ne l'avons que trop répété, il suffit de réduire les exagérations, ils n'ont pas cette physionomie-là. Ce sont pauvres diables, aventuriers de la gent picaresque, oa dirait aujourd'hui de la bohème, dontÉlomire n'a pu s'entoorer qu'après avoir décrassé leur misère, et dont il fait ce portrait :

. . . Ne pourant former une troupe d*ëlite, Je me vis obligé de prendre un tas de gueux

Page 1