‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 40 sur 236 · Elle était née en · texte numérisé non relu

Elle était née en

Autre indice : la liberté et la hardiesse de la femme de théâtre ne se dénoncent-elles pas, lorsqu'en i638 elle ne cache pas, mais laisse publier avec éclat, le témoignagne de sa vie galante? Enfin, lorsqu'on voit entrer avec elle dans la nouvelle troupe son frère Joseph et sa sœur Geneviève, âgée de moins de vingt ans, On est plus porté encore h croire ces Béjart familiarisés, tout au moins par l'exemple de l'un d'eux, avec la profession de comédien. Quoi qu'il en soit, c'était une famille qui ne pouvait en craindre beaucoup la vie aventureuse. Le père, comédien ou non, ne paratt pas l'avoir très bien morigénée. Rien ne donne de lui une haute idée. On lui accorde complaisamment, dans le contrat de mariage de Molière, le titre d'écuyer; et, dans ceux du premier et du second mariage de sa fille Geneviève, la qualification de procureur au Châtelet. Nous regrettons de ne pas la lui laisser ; mais elle paratt n'avoir appartenu qu'à son frère. Pour lui, il était simplement huissier audiencier à la grande maîtrise des eaux et forêts, siégeant k la table de marbre du palais. Quels que pussent être les profits de cette charge, elle ne faisait de Joseph Béjart qu'un bas officier de justice. Nous ne présenterons pas sa femme, Marie Hervé, comme une très respectable matrone. Elle figure, du vivant de son mari, qui la laisse faire, dans l'impudent acte de baptême du 1 1 juillet i638, où elle est marraine de la bâtarde de sa fille Madeleine, avec la circonstance très aggravante que l'enfant, dans ce même acte, est reconnu par le père, dont la femme légitime était encore vivante. C'est dans la maison de cette même Marie Hervé, devenue veuve depuis peu, qu'un de ses fils et deux de ses filles, l'une encore mineure, s'engagent dans la vie de théâtre. Il ne faut pas se dissimuler que Molière ne débute pas en excellente compagnie dans la carrière de son choix.

n pourrait suffire de savoir ce qu'étaient ces Béjart, vrais fondateurs de l'Illustre théâtre avec le jeune Poquelin, et qu'il est d'ailleurs nécessaire de bien connaître, parce qu*ils occupent une trop grande place dans sa vie, surtout par l'une des leurs, née vers le temps où se formait l'association des jeunes comédiens. Les autres associés du 3o juin 1643 nous intéressent moins. Rien ne fait penser qu*î1s

ne fussent pas d'une médiocre condition sociale. Georges Pinel, qui prit pour le théâtre le nom de la Cousture, était maître écrivain'. Comme il pouvait avoir donné à Molière les leçons soit de belle écriture, soit de comptes, dont les jeunes gens, leurs études terminées, avalent souvent besoin pour leur profession*, on a cru reconnaître en lui le maître de pension dont Perrault a fait le héros de la plaisante et peu vraisemblable histoire du négociateur, mal choisi par Jean Poquelin'. Ce ne serait pas, en tout cas, un point très important à éclaircir.

Denys Beys est pour quelques-uns le même que Charles Bejs, auteur de pièces de théâtre; celui-ci, poète ivrogne, était né en 1610 : il aurait été, avec Georges Pinel, un des doyens d*âge de la troupe^ mais il est probable que Ton a fait, h tort, une seule personne des deux Beys, qui étaient parents, fionnenfant, jeune clerc de procureur, s'était échappé de son étude- pour ^e joindre à nos comédiens. On croit que Clérln était frère de la comédienne du Marais connue soos le même nom. Catherine des Urlis, fille d'un commis au greffe du conseil privé du roi, entra plus tard dans la troupe du Marais, où Ton trouve aussi son frère Jean et sa sœur Etiennette, qui fut mariée au comédien Brécourt. Sa mèriK, Françoise Lesguillon, dut signer avec elle l'acte d'association de riUustre théâtre. Catherine était donc mineure et dans tonte la fleur de sa beauté, que Ton a beaucoup louée. Madeleine Malingre < était très probablement, dit Soulié*, la GUe d'un maître menuisier ». La plupart de ces enfants de famille cherchèrent bientôt fortune ailleurs, comme nous le dirons plus loin.

Tek furent les premiers camarades réunis par Jean- Baptiste Poquelin, que nous voyons pour 4a première fois,

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