‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 42 sur 236 · I. Recherches sur Molière, DocUMEiiT X, p · texte numérisé non relu

I. Recherches sur Molière, DocUMEiiT X, p

a. Dans le bail du xa septembre 1643 pour la location de la première salle de riUustre théâtre (Voyez U Jeu de paume des Mestajrersj p. 65), les Béjart et Molière, ainsi que Beys et Bonnenfaut, sont dits « demeurants rue de la Perle ». Toutefois cette élection de domicile dans la maison de la mère des Béjart ne prouve pas qu'ils y fussent logés en effet.

SUR MOLIÈRE. 8i

avec le ferme propos de demeurer un Caton. N'exigeons donc pas de lui une parfaite sagesse; mais on voudrait trouver l'objet de son premier amour plus digne d'une vie qui, au témoignage des contemporains, autres que les diffamateurs, fut, dans sa maturité, réglée par des sentiments élevés.. Souvenons-nous, sans chercher une excuse pour Molière, que l'on ne trouve, hélas ! rien de plus délicat dans les amours de Racine, autrement élevé que le compagnon de jeunesse des Chapelle et des Cyrano, et qui ne fut exposé que par les soins donnés à la représentation de ses pièces aux séductions des comédiennes.

Molière et ses associés se proposaient hardiment de jouer à Paris, où cependant laissaient peu de place l'Hôtel de Bourgogne et le théâtre du Marais, dont l'un, fier du titre de troupe royale, semblait défier les rivaux, et Tautre, grâce à l'acteur Mondory, à Corneille surtout, avait montré que toute concurrence avec les Grands Comédiens n'était pas impossible. Malgré la confiance téméraire de la jeunesse, il est probable que les nouveaux acteurs espéraient moins égaler des fortunes si bien établies, que mériter, dès ces commencements, quelque estime et piquer la curiosité.

Ils avaient k chercher l'emplacement de leur théâtre. Rien ne convenait mieux qu'un de ces tripots où l'on jouait à la courte paume. C'était dans de tels tripots que les troupes ambulantes donnaient volontiers leurs représentations; et il y en avait un à Paris, au Marais, qui était devenu le théâtre de Mondory. Molière et les Béjart s'accommodèrent d'un jeu de paume sis « sur le fossé et proche la porte de Nesle. » Une famille de mattres paumiers, du nom de Mestayer, en avait été propriétaire, d'où l'appellation de Jeu depaumedu Mestajrer ou des Mestayers, Les associés de l'Qlustre théâtre le louèrent pour trois années, au prix de dix-neuf cents livres tournois, par un bail eti date du la septembre 1643 ^ Marie Hervé se portait principal prenant et

I. La mijiute, consenrée dans les archives des successeurs du

notaire Legay, a été publiée par M. Vitu aux pages 64-69 du JtvL

de paume des 9iestajrers, — Dans Thistoire très étudiée qu*il a faite

de cette maison, il dit (p. 11) qu'elle a occupait remplacement

Mouàax, X 6

8a NOTICE BIOGRAPHIQUE

caution, hypothéquant ses biens personnels, spécialement sa maison de la rue de la Perle. Bien que tous les associés fussent engagés solidairement au payement du loyer, on voit que les Béjart, qui s'étaient rendus caution, étaient réellement à la tête de l'entreprise.

L'historien du Jeu de paume des Mestayers^ M. Auguste Vitu, a fait la remarque curieuse * que nos comédiens étaient tenus à payer le plus tôt possible une somme de cent cinquante-huit livres six sols huit deniers, pour le dernier mois de leur location de trois années, et que Jean Poquelin, cinq semaines avant la signature du bail, avait, le i*' août 1643, prêté à Georges Pinel la somme de cent soixante livres*, qui est, en compte rond, celle dont il vient d'être parlé. Voilà une nouvelle preuve, et elle n'a pas échappé à M. Vitu, que la résistance du père de Molière à l'engagement de son fils dans une entreprise théâtrale n'a pas été très forte, tout au moins très persistante. Cette autre réflexion se présente que si Georges Pinel était, comme on l'a cru, le mattre de pension qui, dans l'anecdote de Perrault, après s'être chargé de ramener l'enfant prodigue, trahit sa mission, il deviendrait inexplicable que Jean Poquelin l'eût choisi entre tous pour faire passer par ses mains un subside à son fils. Laissant donc de côté le rôle qu'on a fait jouer au maftre écrivain, il reste seulement ceci, que dans la voie indirecte prise par le seconrable prêt on croit reconnaître la grande indulgence d'un père qui tint cependant à éviter l'apparence d'un consentement formel et d'une complicité.

Si pressé que l'on fût de faire du tripot une salle de spectacle, la transformation ne pouvait s'improviser; elle demanda quelques mois. En attendant, et sans prévoir qu'il faudrait bientôt se résigner à devenir une troupe de campagne, on résolut d'essayier ses forces et de se faire connaître dans lUne ville peu éloignée. La troupe du Marais avait donné

assez vaste que représentent aujourd'hui les numéros 10, 1:1, 14 sur la rue Mazarine, les numéros 11 et 1 3 sur la rue de Seine j».

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