‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 44 sur 236 · Les Hommes illustres, p · texte numérisé non relu

Les Hommes illustres, p

3. Publié dans le Musée des Anhives départementales (Paris, Imprimerie nationale, M.D.CCC.LXXVIII), p. 37s et 373. — Dans le Recueil de fac-similés héliographiques qui accompagne cette publicadon, on en trouve le fac-similé sous le numéro 159, pi. LVIII.

mieux imaginer Molière y jouant dans le Menteur; mais longtemps il eut le goût des rôles tragiques, où ne fut pas cependant son plus grand succès. La seule pièce. que le registre da greffe a sauvée de l'oubli n'est pas une pièce de théâtre, mais de piaiderie, qui ne manque pas de couleur locale en pays normand. C'est une .procuration à l'effet de presser l'achèvement des travaux qui devaient mettre le jeu de paume du Mestayer en état de se prêter à sa nouvelle destination dès le retour à Paris des jeunes comédiens. Ceux-ci donnaient pouvoir à un mandataire de contraindre par toutes voies de justice Noël Gallois, maître du jeu de paume, le charpentier et le menuisier, à ne pas retarder Texécution de leurs engagements. Lorsque cette procuration comnûnatoirefut signée, ainsi que nous venons de le dire, le 3 novembre, il y avait évidemment plusieurs jours que les signataires étaient à Rouen ; et comme la célèbre foire de cette ville, dite foire du pardon, ou foire de Saini^Romam^ commençait le a 3 octobre et durait quelque temps, on a fait remarquer combien il est probable que Molière et ses camarades avaient trouvé dans ces fêtes, où les jeux du théâtre tenaient une grande place, l'occasion de leurs premiers débuts.

La troupe s'arrêta peu à Rouen. Le jour où eAle revint à Paris ne saurait être précisé; mais on constate qu'elle y était le a8 décembre, date du marché passé entre elle et Léonard Aubry, paveur des bâtiments du roi, chargé des travaux de pavage devant le théâtre, et qui devait les avoir achevés le jeudi 3i, «.si le temps le permettoit ». Nous retrouverons ce brave Aubry, qui n'a pas seulement fait rouler avec facilité sur ses pavés les carrosses des spec* tateurs dans les avenues du tripot, mais, en un sens différent et meilleur encore, a, comme très utile ami, aplani le chemin à la comédie.

La date que fixait le traité fait avec lui indique l'intention d'inaugurer la salle dès le commencement de l'année suivante, dont on était bien près. Il ne paraît pas douteux que le mois de janvier 1644 n'ait vu s'ouvrir le petit théâtre qui portait Molière et sa fortune.

Il grandira,ce petit théâtre, mais plus tardetàune meilleure

place dans Paris. Les commencements auraient pu décourager; desembarra^d'argent sont ce qui nous reste surtout de leur histoire. Dans Êlomire hjrpocondre on trouve de ces premières difficultés un tableau, suspect sans do^te d'une médiocre fidélité, mais dont les couleurs^ quand le mauvais succès nous est priE>nvé par les faits, ne doivent avoir été que légèrement forcées. Le passage est à citer, d'autant plus qu'il laisse peu d'incertitude sur le jour de la première des représentations, un jour de fête, qui disposa le public à la bonne humeur et à l'indulgence. Quelle serait cette fête, puisque nous devons la chercher au commencement de l'année 1644, sinon celle des étrennçs, par conséquent le vendredi i" janvier?

.... MsL troupe ainsi faite, on me vit à la tête, Et, si je m'en souviens, ce fut un jour de fête ; Car jamais le parterre, avec tous ses échos. Ne fit plus de ah [ ah ! ni plus mal à propos. Les jours suivants n'étant ni fêtes, ni dimanches. L'argent de nos goussets ne blessa point nos hanches ; Car alors, excepté les exempts de payer, Les parenu de la troupe, et quelque batelier, Nul animal vivant n'entra dans notre salle*.

La part faite à l'hyperbole satirique, l'insuffisance des recettes est certaine, non seulement au temps du jeu de paume du Mestayer, mais aussi après le changement de quartier, et jusqu'au jour où la résolution fut prise de courir les provinces. Ce temps a laissé peu d'autres traces que celles des dettes dont on ne tarda pas à être accablé. Cependant, quoique les documents que nous avons soient des papiers d'afi'aires, oit Ton n'avait à traiter que des questions d'argent, ils nous fournissent un petit nombre de renseignements d'une autre nature.

On croirait d'abord de peu d'intérêt l'acte d'engagement d'un danseur de Rouen, Daniel Hallet, que les comédiens, très vraisemblablement durant leur séjour en cette ville, avaient assisté dans une maladie, et qui s'obligeait à servir

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