‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 46 sur 236 · A Paris, chez Cafdin Besongne, M.DC.XLV. — AcheTé · texte numérisé non relu

A Paris, chez Cafdin Besongne, M.DC.XLV. — AcheTé

d'imprimer pour la première fois le 10 juillet 164$. — Le PrÎTi-

lège donné à Paris, le 11 juillet 16^5.

troupe pat être (Ans fière : le Scdpole de da Ryer*, et la Mort de CkrUpe de Tristan*. Si nous savons avec certitude qu'elles forent jouées par elle, et dès rannée 1644, c'est quelles sont nommées dans la reconnaissance, datée du 9 septembre de cette année^ d'un emprunt de onze cents liVres fait à Louis Baulot, conseiller et mettre d'hôtel ordinaire du roi'. On les y menti<Hine parmi les dépenses, qui, jointes an loyer du jeu de paume, forçaient à contracter cette dette. Le prix auquel elles avaient été payées avait été sans doute on peu élevé pour les faibles ressources des associés ; mais elles avaient dû leur faire un honneur, dont Molière se souvenait lorsqu'il les fit représenter de nouveau, en 1659, au Petit-Bourbom*.

Des tragédies, voilà tout ce que nous vemms de rencontrer. Les renseignements, il est vrai, sont incomplets. U est cependant probable que des succès d'acteurs tragiques ont été d'abord la principale ambition de ce théâtre, dont la comédie devait un jour Claire la fortune et la célébrité. Il est remai^uab}e que l'acte de fondation de la société donne une importance particulière aux rôles de héros. La mention y est' ùîXf d'un accord entre « Gérin, Poqnelin et Joseph Béjart, qui doivent' choisir alternativement les héros, sans préjudice de la prérogative que tous les susdits {iau les asso» dû) accordent à Magdehdne Béjart de choisir le rôle qui lui plaira ». Nous ne croyons pas que les héros puissent simple*

I. SUvoU^ tragédie de M, du Ryer, à Paris, chez Antoine de SommaTiUe. M.DG.XLVII. — Achevé d'imprimer pour U première fois le a* janvier 1647. — Le Privilège du roi donné à Paris le dernier août 1646.

9. La Mort de Chrispe ou Us malheurs domestiques du grand Cons'^ Uttttin, par le S' Tristan FHermiie, A Paris, ch4z Cardin Besongne. M.DG.XXXXy. La tragédie est dédiée à la duchesse de Chaulnes, dont U présence à la représentation est consUtée par VJÊptUre de Tristan. — L'achevé d'imprimer est du so juillet 1645.

3. Voyea la ciution de cette reconnaissance dans les Pièces jnsiifUatires des Points obscurs de la vie de Molière^ p. 379.

4* Voyes le Registre de La Grange. -^ Le Seévole fut encore jotté le jeudi i*' janvier de l'année suivante (1660). On le joua ce jonr-là avec les Précieuses ridicules.

ment signifier les premiers rôles, comiqhes aussi bien que tragiques. Nous avons déjà noté chez Molière la faiblesse qu'il eut longtemps d'aimer à représenter des personnages héroïques. Quant à Madeleine Béjart, on paratt lui avoir reconnu dès ce temps un véritable talent de tragédienne. Tal« lemant des Réaux a dit : « Son chef-d'œuvre, c'éCoitle personnage d'Épicharis, à qui Néron venoit de faire donner h question ^ » Il suffit de Hr^ ^ Mort de Sénèque^ par Triste l'Hermite, pour y reconnaître la tragédie où la Béjart avait si for^ brillé; et «omme elle fut certainement représentée en 1644*, elle est à ajouter à celle» que nous savons' déjà avoir été confiées aux comédiens ^e l'Olustre théâtre, dus ces années où de sérieux éléments de suceès sembleraient ne leur avoir pas manqué. Le nom de l'auteur de Marianne suffisait pour recommander une tragédie. Les moins heureux de ses ouvrages, ceux qui le laissent le plus 4oin des maîtres de notre scène, s'élevaient au-dessus de la médiocrité de la plupart des pièces de ee temps^ Telle fut la Mon €ie Chrispe tout à rhenre nommée. Le* sujet a de grandes ressemblances avec celui de Phèdre. Fauste, marâtre de Chrispe, est, comme la marâtre d'Hippolyte, « perfide, inc^tueuse », et jalouse d'une rivale. On se d'amande si Racine n'a pas fait l'honneur à^ Tristan d'avoir gardé -quelque souvenir de sa tragédie, par*eKemple dans ce beau vjers :

Je sentis tout mon corps et transir et brûler',

que rappelle, malgré sa faiblesse, celui-ci du rèle de Fauste :

Je m'en sens tour à tour et brûler et glacer*»

Il est d'ailleurs trop évident que toute comparaison avec le chef-d'œuvre de Racine serait écrasante pour la' Monade

I. Mistorieête de Mondory^ au tome VII des BistoruUtes^ p. 1.7 7.

3. La Mort de Sinèque^ par le sieur Tristan l'Hermite. A Paris, chez Toussaint Quiaet, M-DCULV. — L'Acherë d'imprimer est du 10 janvier 1646, le Privilège, du 1% octobre 1644. — La pièce est dédiée au comte de Saint- Aignan.

Page 1