Nous le donnons aux Pièces justificatives^ n* IV
4. II était filleul de Gaston de France. Le nom de ce frère du roi Louis XIII est dans ce baptistaire, où Modène a parmi ses titres celui de chambellan de ses affaires.
L'année saWante (1639) il lui dédia sa tragédie de la Chute de Phaéton, Un jour il devait souffrir la liaison galante de ce seigneur de Modène avec Mme THermite de Vauselle, sa femme, plus' tard lui fairet épouser sa fille. Parent de la Béjart et complaisant pour ses amours, oh devine sans peine qu'il a dû solliciter son frère Tristan en faveur du nouveau théâtre. Si d'abord il n'en fit pas lui-même partie, le temps vînt, comme nous le verrons, où, malgré sa noblesse, lui, sa femme et sa fille, la future comtesse de Modène, furent engagés dans^la troupe ambulante de Molière et de la Béjart.
•Ce rapide coup d'ceil sur le frère de Tristan a donné en même temps du seigneur de Modène une première idé^, qui ne lui est pas non plus favorable. Mais puisque l'Hei^mite de Vauselle vient d'introduire dans notre récit cet autre personnage, plus intéressant pour nous à connaître que lui, il nous donne occasion de regarder de plus près celui que Ton rencontrera dans les questions les plus délicates, comme les plus difficiles à bien éclaircir, que la vie privée de Molière ne permet pas d'éviter.
Ce gentilhomme du Comtat-Venaissin, Esprit de Rémond de Mormoiron, dont le père avait pris d'une de sesr terres le nom de baron de Modène, était né le rg novembre i6o8^ Il 'avait été page de Gaston, dont la maison n'était pas la meilleure école de morale, puis un de ses chambellans. Dans sa vie de soldat, il eut des occasions de se signaler, mais toujours en aventurier. Il ne manquait pas plus d'esprit que de bravoure, savait tenir la plume, comme liépée, et aurait pu dire ainsi que ScudSry : « Ne pensant être que soldat, je me suis encore trouvé poète'.'» Il a eu un jour de
I. Nous avons fait usage des renseignements donnés sur lui par M. Henri Chardon dans son livre plein de curieuses recherches qae nous avons déjà cité : M. de Modène^ ses deux femmes et Madeleine Béjart. — Il a non seulement ccwikplété, mais rectifié sur des pomu essentiels ce qu'avaient écrit sur la vie d'Esprit de Rëmond le marquis de Fortia et Hippolyte de la Porte dans leurs UUi^s sur la femme de Molière ^ Paris, i8i5.