‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 55 sur 236 · I. Histoire du théâtre" fran^oit^ tome X, p. 74, à la note · texte numérisé non relu

I. Histoire du théâtre" fran^oit^ tome X, p. 74, à la note

9. Depuis quelque temps on était sur la Toie ; mais arant M. Chardon, ërudit aussi heureux que persëyërant et sagace dans %t% recherches, personne n^arait autant que lui fourni des éléments à la solution du petit problème. Vojez son livre déjà cité, M. de Modène.,, et Madeleine Béjart, p. 186-19$.

3. Josaphat^ tragicomédie de Jf. Magnon. A Paris, chez Antoine de Sommaville.... M.DC.XLVIL

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tunée d'un précipice où son mérite l'ayoît jetée, et toiu avez rends sur le théâtre un des beaux personnages qu'il ait jamais portés. Elle n y est remontée. Monseigneur, qu'avec cette belle espérance de jouer un jour dignement son rôle dans cette illustre pièce, où, sous des noms empruntés, on va représenter une partie de votre vie. » On a, sans ^rand danger de se tromper, reconnu dans cette comédienne singnlièrement distinguée que le duc d'Eperaon avair tirée de i'abtme, celle qui était, puisqu'il ne s'agit pas de l'autre sexe, la plus brillante épave du naufrage de TU'* lustre théâtre, et que Ton ne pouvait secourir plus ellficaeement qu'en la faisant remonter sur la scène. La phrase : « Si j'ose entrer dans vos sentiments, je veux croire que cette générosité ne vous déplatt pas », pourrait suggérer quelques conjectures; on les trouverait d'accord avec ce que nous savons de la fiéjart, dont la coquetterie n'aimait pâs à déroger, et était surtout encourageante pour le» gens de qualité. U nous semble moins facile d'expliquer le « précipice où son mérite Tavoit jetée. » Il y a là une allusion, qui, n'étant pas très claire pour nous, est seule un peu gênante. Malgré tout, on peut tenir pour évident qu'il s'agit bien de la Béjart, et que la voici engagée dans la troupe du duc d'^pemon, avec l'espérance d'un rôle dans une pièce toute pleine d'allusions aux aventures du gouverneur de la Guyane. Dans Josaphai^ en effet, Bernard de Nogaret est îzcïLie i reconnattre, lorsqu'il n'était encore que duc de la Valette, et que. Louis XIÔ, après le siège de Fontarabie, le frappa si durement. La pièce bit imprimée à Paris en 1647. L'achevé d'imprimer est du la octobre 1646, le privilège est donné à Paris le dernier août précédent. Ces dates méritent attention. Lorsque Magnon écrivit l'^pltre où il parle de la comédienne rendue au théâtre par le duc d'Épemon, non seulement la pièce n'était pas encore représentée, mais on n'avait même pas arrêté la distribution des rôles, puisque la nouTelle recrue n'en était encore qu'à l'espérance d'en obtenir un ; or, comme l'impression d'une pièce n'en suivait pas immédiatement la première représentation, l'achevé d'imprimer, daté du mois d'octobre, ne paraît pas permettre de faire reculer plus tard que vers Pâques 1646 l'admission

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dans la troape, entretenue par le duc, de l'actrice, sa pr<H tëgëe.

La dédicace d'une autre tragédie, le Dicuueur romain^y a été signalée par M. Chardon comme faisant faire un nouveau pas, un pas décisif, à la question. L'épttre, signée A. Mareschal, est, comme celle de Josaphat^ adressée au duc d'Épemon; on y trouve également un remarquable passage sur sa troupe. Avec respect et crainte, l'auteur lui dédie sa tragédie, « pour la faire passer, heureusement, lui dit-il, de vos mains libérales en la bouche de ces comédiens destinés seulement aux plaisirs de Y. G., et dont la troupe, que vous avez enrichie par des présents magnifiques autant que par d'illustres acteurs, se va rendre, sous vos faveurs et sous l'appui de votre nom, si pompeuse et célèbre qu'on ne la pourra juger indigne d'être à vous. » Ces auxiliaires emphatiquement vantés, dont le concours a enrichi la troupe, Mareschal ne les a sans doute pas nommés au hasard dUllustres acteurs. U est vrai que l'épithète d'illustre^ nous le savons déjà, était alors prodiguée. On a pu remarquer tout à l'heure qu'elle est donnée par Magnon à sa tragi-comédie de Josaphât, en vue de celui qu'elle célébrait. Mais lorsque Mareschal l'applique aux acteurs récemment recrutés, a-t-il voulu marquer seulement qu'ils n'étaient pas les premiers venus? n'a-t-il pas plutôt désigné clairement les comédiens de l'Illustre théâtre? L'intention est d'autant plus vraisemblable que Mareschal était, au moins autant que Magnon, un ancien ami de ce théâtre, dont il avait signé l'acte de naissance. En effet, dans le contrat de société du 3o juin 1643, il est nommé le premier : « Faict et passé à Paris, en la présence de noble homme André' Mareschal, advocat en Parlement, etc. * C'est la Béjart seule que l'on trouve dans l'épttre de Magnon ; dans celle de l'auteur du Dictateur romain, ce sont, avec elle, ses camarades. Si en examinant

I. Le Dictateur romain. Tragédie dédiée à Monseigneur le due d^ES" pemon. A Paris, chez Toussainct Quinet, 1647.

9. Il a signe de même qu'à la fin de Tëpitre du Dictateur ro» main, A. Mariscbai.; son prënom n'était pas Antoine, comme on l'a dit, en accusant d'erreur l'acte de 1648, mais bien jindré.

à part, pour les interpréter, chacune des deux dédicaces, on pouvait hésiter sur le sens à leur donner, on prend confiance iorsqu'oa les rapproche et les met en regard. Il serait étrange qu'elles fussent si bien d'accord pour nous faire la même illusion sur la réunion, dès 1646, de la troupe -de riUustre thçâtre à celle de d'Épernon. Les allusions de MagDoniont donc éclaircies, s'il en est besoin, par celles de Mareschal, et réciproquement. Dès que Ton pense ainsi » lëpftre dédicatoire du Dictateur romain est celle qui, par sa dàte^ fournit le renseignement le plus curieux. L'impression de cette tragédie a précédé celle du Josapfuu. L'achevé d'imprimer est du a8 avril 1646; mais le privilège avait été donné à Paris le 19 février. La pièce avait donc « passé dans la bouche d'illustres acteurs * avant le mois de février ; ce qui suppose que ceux-ci avaient contracté leur engagement tout au moins dès ie commencement de l'année; la fin même de 1645, une des années nommées par Trallage, devient assez probable; et il ne faudrait plus parler, comme nous l'avons fait tout à l'heure, de PAques 1646.

On ne sait pas au juste à quelle date Scarron a écrit cette phrase qu'il met dans la bouche d'un des comédiens de son Roman comique z « Notre troupe est aussi complète que celle du prince d'Orange et de Son Altesse d'Épernon. » Etait-ce avant que Molière et les Béjart fissent partie de cette dernière troupe, ou depuis qu'ils se furent associés à Charles du Fresne? Nous ignorons aussi quand ce du Fresne, qui avait dounë des représentations à Lyon en 1643 avec Desfon« taines, devenu, l'année suivante, un des comédiens de l'Ulustre théâtre, commença d'être le chef, ou, si l'on veut, le principal acteur de la troupe entretenue par Bernard de Nogaret : de bonne heure, à ce qu'il semble; car il faut faire remonter assez haut la protection dont il fut honoré par les ducs d'Épernon, dont l'un (nous croyons qu*il s'agit de l'ancien, Jean Louis, père de Bernard) le recommanda en i63a aux échevins de Bordeaux^ Deux documents de 1647, datés,

I. Detchererry, Histoire des thédtrts de Bordeaux^ i vol. in-8* (Bordeaux, 1860), p. 16, note i.

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l'un du 9, l'autre du 24 octobre*, nous apprennent qua ces dates la troupe du duc d'Epemon était à Albî, venant de Toulouse, et que cinq cents livres lui ayant été payées, la quittance fut signée par Charles du Fresne, René Berthelot (du Parc) et Pierre Revelhon (Beoeillon), trois comédiens dont l'association avec Molière, à différentes époques, est constatée. Si nous n'avons pas mal interprété les allusions de Mareschal et de Magnon, Madeleine Béjart et les autres « illustres acteurs » que la mauvaise fortune n'avait pas entraînés à la désertion, faisaient, eux aussi, partie de la troupe. Il est regrettable que la quittance ne porte pas leurs signatures; mais le 18 mai de l'année suivante (1648), k Nantes, parmi les témoins du baptême d'une fille de Pierre Réveillon, on trouve les mêmes comédiens que tout à l'heure à Âlbi, du Fresne et du Parc, en outre Marie Hervé et Madeleine Béjart*. Molière n'est pas nommé; cependant, pour faire supposer sa présence dans la troupe qui jouait alors à Nantes, celle des Béjart n'aurait-t-elle pas suffi? Mais nous la verrons incontestablement attestée dans la même ville le mois précédent.

A partir de ce moment on s'accorde généralement à ne plus disputer à Molière sa place dans la troupe de du Fresne; et dès qu'on n'hésite pas i l'y voir en 1648 à Nantes, il est très invraisemblable que l'association ne se soit faite que là, et n'existât pas déjà en 1647 ^ '^^^>« ou« po^r mieux dire, avant le séjour des comédiens dans cette ville. Lorsque du Fresne, Berthelot et Réveillon étaient arrivés à Albi, nous avons dit qu'ils venaient de Toulouse. Comme il est à croire que Molière était déjà un des leurs, il n'aurait pas fallu traiter de légende peu digne de foi l'ancienne tradition, persistante parmi les Toulousains, qu'il avait fait amitié chez eux avec le vieux troubadour Godelin (Goudouli). Si

I. Publies par M. Jules Rolland dans V Histoire littéraire de la ville d^Albi. i vol. in-8% Toulouse, 1879.

a. L'acte de baptême, extrait des registres de la paroisse Saint- Léonard de Nantes, a été donné par M. Benjamin Fillon dans ses Recherches sur le séjour de Molière dans Vouest de la France en 1648 (Fontenay-le-Comte, 187 1), p. 4.

cette tradition n'est confirmée par aucun document positif, elle n'est pas pour cela sans valeur, dès que la date du passage de la troupe de du Fresne ne lui donne pas de démenti. U n'en serait pas de même de l'année 1649, lorsque Molière rermt à Toulouse : alors Goudouli n'était plus à Toulouse et approchait de son dernier jour. Pellet des Barreaux, auteur d'une comédie en vers intitulée Molière à Tou" loitse, qu'il fit représenter dans cette ville en 1787, dit dans soD Avertissement que Molière y « fit ses premières armes en 1646 ». il y a là un peu d'exagération méridionale, s'il hnt entendre que Toulouse aurait la première vu jouer Molière depuis qu'il courut la province. Par suite de cette prétention sans doute, des Barreaux, au lieu de la date de 1647, donne celle de 1646, qui n'est pas, comme on l'a cru^ une faute de l'imprimeur ayant renversé le 6 (1646 pour 1649), ^^^ s'explique par le souvenir perpétué de la véritable époque des débuts des comédiens de l'Illustre théâtre dans la troupe de du Fresne.

C'est uniquement afin de ne rien omettre de ce qui donne plus de probabilité aux dates de 1646 ou de 1645 pour ces débuts, que nous venons de faire voyager Molière un peu trop vite, n va falloir retourner en arrière, sans le chercher d'abord k Bordeaux, où l'on n'a pas trouvé trace de représentations données en 1646 par les comédiens du duc d'Epemon. Ce doit être, ainsi que la remarque en a été faite', qu'ils ne jouèrent pas dans cette ville, mais vraisemblablement dans quelque autre du même gouvernement ou dans un château du gouverneur.

Avec la réunion, opérée beaucoup plus tôt qu'on ne l'avait longtemps supposé, de la troupe de nos acteurs à celle de du Fresne, nous sommes entré dans une période de la vie de Molière qui ne va être que la continuation de ses années d'apprentissage au jeu de paume des Mestayers et au port Saint-Paul, mais dans des conditions toutes nouvelles. Elles lui donnèrent beaucoup à lutter encore, mais avec moins

I. Bistoire des pérégrinations de Molière dam U Languedoc^ p. 3i. 3. Vojres les Œuvres de Molière^ s* édition de M. Louis Molandt tome I, p. 67t et Jf. de Modine,., et Madeleine Béjart^ p. 19g.

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de difficultés, et lai permirent de s'avancer chaque jour plus près du but où il devait atteindre.

Ses plus anciens biographes ont extrêmement abrégé l'histoire de son odyssée de douze années. Nous avons déjà parlé de la rapidité avec laquelle Perrault a brûlé presque foutes les étapes de ces longs voyages. Les auteurs de la Préface de i68a, après avoir dit sommairement que son dessein de s'établir à Paris « ayant manqué de succès, il fut obligé de courir par les provinces du royaume, où il commença de s'acquérir une fort grande réputation », se contentent de marquer son passage à Lyon en i653, son Étourdi joué dans cette ville, l'accueil qui lui fut fait en Languedoc par le Prince de Conti; la représentation aux états de Béziers de sa seconde comédie, le Dépit amoureux; enfin, en i658, après le carnaval passé à Grenoble, un séjour à Rouen, d'où il revint se fixer à Paris. Grimarest lui-même, qui, dans sa biographie, n'a pas imité la brièveté de ses devanciers, n'a ici rien ajouté, si ce n'est quelques détails sur le moment de faveur auprès de l'altesse et la mention des Précieuses ridicules, qu'il met au nombre des comédies représentées en Languedoc. C'est qu'il suffisait bien, dira-t-on, de noter les points les plus saillants.

Nous croyons cependant légitime la curiosité d'anjoard'huî qui ne se contente pas de si peu. Elle nous invite à suivre moins rapidement Molière dans ses pérégrinations, dans les progrès qu'elles ont fait faire à son expérience du théâtre, surtout à son étude des mœurs et des caractères, favorisée alors par tant d'occasions d'observations variées. Souvent un intérêt d'une autre nature s'est attaché à une connaissance plus exacte de son itinéraire. Toute ville qu'il a visitée est fière de relever dans ses murs quelque trace de son passage. De là ces enquêtes faites à l'envi de tous cAtés. Nous ne saurions avoir ce genre de préoccupation; il le faut laissera l'amour-propre local, qui a souvent rendu le service de mettre sur la bonne voie, mais souvent aussi a soulevé, sans les résoudre clairement, de petits problèmes, que nous ne voudrions pas être trop entraîné à discuter. On approuvera que dans notre voyage à la poursuite de Molière nous nous bornions à l'essentiel. 11 ne faut pas d'ailleurs se

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flatter de i|e jamais perdre le poète de vue, quelque soin qu'on ùt mis de nos jours à s'informer de toutes ses allées et venues. Noos profiterons beaucoup sans doute d'un grand nombre de patientes investigations, en reconnaissant à qui le mérite en appartient; mais nous nous défierons de ce qui n'est pas assez prouvé. Des indices, trop facilement acceptés, ont dû plus d'une fois tromper, par exemple lorsqu'on a oublié que la composition des troupes de comédiens am<bu/aots était changeante. Elles se faisaient mutuellement des empnmts de leurs acteurs. Quelquefois on s'associait un moment, puis on se quittait. Nous pouvons donc rencontrer quelque part tels ou tels comédiens, sans savoir sûrement à quelle troupe ils appartiennent. En outre la présence dans une ville d'un camarade non douteux de Molière n'y rend pas toujours incontestable celle de toute la troupe au même moment. De là bien des incertitudes, dont il n'y a pas d'ailleurs à se beaucoup chagriner. Quelques lacunes qui restent à combler, ce que nous savons aujourd'hui suffit pour que le tableau d'ensemble des voyages de Molière laisse peu à désirer et puisse au moins être présenté dans ses grands traits.

Nous l'avons déjà commencé en montrant la troupe de l'Illustre théâtre réunie à celle de du Fresne sous la protection du dac d'Épernon, qui la prend à son service dans la province de Guyenne. Avant qu'elle fût arrivée à Bordeaux, on a cm qu'elle s'était arrêtée au Mans. Cette supposition hasardée est une de celles que l'on passerait volontiers sous êUencCj si elle n'avait suggéré l'idée que l'on a dans le Roman comique de Scarron une peinture de notre troupe ; ce qui yraiment serait très curieux. Mais quand on ne se rendrait pas aux solides objections que M. Chardon, dans sa Troupe du Roman comique dévoilée, a faite à la rencontre de nos comédiens par Scarron, on chercherait en vain dans la burlesque épopée ce qu'on nous fait espérer d'y trouver. On a voulu qu'en dessinant les figures de Destin et de 3IIle de l'Estoile, l'auteur du Roman comique ait eu en vue Molière et la Béjart. Jamais peintre n'aurait mieux déguisé ses modèles. Où pouvons-nous reconnaître un seul trait de leurs caractères, de leurs physionomies ? Aucune aventure du

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roman ne ressemble à ce que nous savons de leur vie. Tout dans cette histoire de comédiens nomades parait bien être de pure fantaisie. Rappelons d'ailleurs que Scarron, comme nous l'avons dit un peu plus haut, distingue, en un passage, sa troupe ambulante de celle du duc d'Epernon^ Si Molière et les Béjart étaient dès lors de cette dernière troupe, cela suffit pour les écarter.

L'amusant tableau du spirituel conteur nous donnerat-il du moins quelques indications sur le genre de vie de nos comédiens de campagne, sur leur manière de voyager ? Tout en tenant compte des traits grossis par le burlesque, nous croyons bien que Scarron a peint ce qu'il avait à peu près vu, mais dans des troupes vulgaires. « Il s'en trouve de faibles, dit Chappuzeau*, et pour le nombre de personnes et i>our la capacité ; mais il s'en trouve aussi de raisonnables, et qui, étant goûtées dans les grandes villes, n'en sortent qu'avec beaucoup de profit >. Telle fut, par-dessus toutes, la nôtre, que protégèrent de très grands personnages. Il ne faut pas se la figurer jouant dans des granges, mais dans des jeux de paume, comme elle avait fait à Paris, ou bien encore dans les salles de ville, ou dans les châteaux, George Sand, dans sa comédie de Molière, fait dire à Pierrette Laforêt, dont le mattre est devenu « tous les jours plus riche, plu» caressé des jeunes messieurs, plus^mé du roi, plus fameux dans la cour et dans la ville : Ce n'était point comme ça du temps que vous n'étiez qu'un petit chef de troupe courant les campagnes et jouant dans les granges plus souvent que dans les châteaux. » La bonne Laforét entend bien l'antithèse, mais connaît mal les faits. Nous ne disons pas que jouer devant les d'Épemon, les Conti, les d'Aubijoux, ou devant le roi et sa cour, ce ne fût pas très diflërent; mais nous sommes loin de ce contraste d'un subit passage de l'obscurité des villages à la clarté de la faveur royale. Qu'il y ait eu des comédiens jouant dans des hangars rustiques, où leurs tirades, a-t-on dit, étaient coupées par le braiment d'un âne ou le mugissement d'un bœuf, il se

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