‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 6 sur 236 · I. Recherches sur Molière^ p. i3 et x4> 1. Ibidem^ P · texte numérisé non relu

I. Recherches sur Molière^ p. i3 et x4> 1. Ibidem^ P

SUR MOLIÈRE. n

si solide et si riche? Nous craindrions que ce ne fût légèrement forcé.

Une remarque beaucoup moins contestable a été faite ^ ; elle mérite attention. La plupart des pères chez Molière sont veufs; quand ils sont remariés, leur seconde femme, une Elmire, une Béline, n'est pas la mère de leurs enfants. Les vraies mères, où sont-elles dans son théâtre ? Citerat-on la femme de Sganarelle, dans le Médecin malgré lui ? Nous apprenons seulement qu'elle a quatre pauvres petits enfants sur les bras. Mme de* Sotenville ? Si elle ne met que trop de zèle à défendre sa fille, c'est par le seul souci de l'honneur de la maison de la Prudoterie. Mme Jourdain, qui se révolte contre le mariage de Lucile avec le fils du Grand Turc ? Simple épisode de la lutte de son bon sens contre la foh'e de son mari. La comtesse d'Escarbagnas ? Elle s'occupe bien moins de l'élève de M. Robinet que de ses ridicules amants. Philaminte, celle-ci très vive et très altière dans la revendication de ses droits maternels ? Mais, plus pédante que mère, elle ne songe qu'aux intérêts du cuistre dont l'alliance lui tient au cœur. Nous chercherions en vain dans tout cela un caractère de mère. C'est pourquoi Saint-Marc Girardîn, dans son Cours de littérature dramatique, a un chapitre sur les pères des comédies de Molière, aucun sur les mères. Il y a là une singularité que l'on nous paratt avoir bien expliquée. Quoique le génie sache tout deviner, Molière n'aimait à peindre que ce qu'il avait observé de près. Or, ce n'était point dans quelques années de son enfance qu'avait pu s'imprimer dans son esprit l'image assez durable d'une mère, avec sa tendresse dévouée, sa douce sagesse, ou ses aimables faiblesses.

Lorsque Molière perdit sa mère au mois de mai i63a*.

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