I. Voyez ci-dessus, p. 1x
s. Lettre à Mme de Grignan du 5 août 167 1, tome II des Lettréi de Mme de Sévigné^ p. 3 10. ^- Lettre à la > même du 6 no- Tembre 1689, ton^e DC, p. 299 et 3oo.
3. Recherches tur Molière, Dogumbst XXXVII, cote quatre, p. «7.
ia4 NOTICE BIOGRAPHIQUE
avec le sieur Dassoocy à Carcasaoïme au mois de décembre de la même année.
Le dauphinois Nicolas Chorier nous apprend «{u'il-^eut l'occasion de se lier avec Molière à Lyon et à Vienne^. Il ne fixe là aucune date, et Molière a plus, d'une fois séjourné dans ces villes. Mais la mention d-un de ces séjours faite par le même Chorier dans sa Vie de Pierre de Baissât^ y est accompagnée du souvenir de circonstances* qui, sans préjudice de l'intérêt qu'elles ont par elles-mêmes, dési«< gnent, si nous ne nous trompons, comme l'année où elles doivent être placées, i6Si, et non pas, comme on l'a dit, i653 ou 1654. Le champ avait paru ouvert aux conjectures, Chorier ayant dans son récit nommé l'amiée 1641, ou tout au moins un temps très voisin, date évidemment impossible. Mettons sous les yeux du lecteur la traduction du passage de ]jt Fie de Baissai, Chorier venait de dire : « C'était l'an mil six cent quarante et 4in >. » Quelques lignes- plus bas il arrive à Molière : « Jean-Baptiste Molière, très excellent acteur et auteur de comédies, était venu verr ce ten^ à Vienne. Boissat le traitait avec honneur. Il ne l'anathéinatisait pas, à l'exemple de quelques-uns qui affectaient une sotte et insolente sévérité. Quelques pièces qu'il jouât, Boissat en était le spectateur assidu. U faisait «lême asseoir à sa table cet homme éminent dans son art. Il lui donnait de somptueux repas. Il ne le mettait pas, comme un excommunié, au nombre des impies et des scélérats, ûnsi que le font d'ordinaire certains animaux farouches.... U avait loué des places au théâtre pour lui-même et pour des dtfknes et demoiselles de qualité, qu'il se proposait de mener voir une comédie que Molière avait faite. » Suit l'histoire d'une querelle de Boissat avec Vachier de Robillas, qui, ayant le pre-
I. Voyez à la page i36 de ses Adversaria^ publiés par M. H. Gauriel dans les Mémoires de la Société de statistique de Grenoble (1847).
3. De Pétri Boessatii.,, vita amieisque litteraiis, Grenoble, 1680 (un volume in- 12), p. 71.
3. a Annus quadragesimus primus post millesimum et sezcentesimum agebatur. » [ihibem, p. 70.)
SUR MOLIERE. laS
mier loué les [^aces, se trouva offensé de les voir prises par lui, voulut l'appeler en duel, maiâ se laissa apaiser par quelques amis communs.
On a remarqué sans doute qu'après avoir parlé de Tannée 1641, Chorier, passant au «récit de la rencontre de Boissat et de Molière, dit un peu vaguement : « Vers ce temps-lA (sub id tempus) » ; mais nous admettons sans peine qu'il n'y aurait là qu'un prétexte à chicane, et que l'intention a vraiment été d'appliquer à la querelle de Boissat la dite qui venait d'êtpe donnée. L'erreur manifeste de cette date nous paratt trahir bien moins un étrange manque de mémoire qu'un lapsus de la plume du biographe, ou une faute de l'imprimeur. Or, rien de moins étonnant que le changement de quinquagesimus primuê en'quadttigesimutpri» mus, ou de M.D.G.LI en M.D.C.XLI, si, dans le manuscrit, la «date était en chiffres. Mais voici qui est incontestable. À la suite de l'anecdote qui montre Molière si honorablement fêté à Vienne, Chorier raconte' qu'en ces jours-là (his didiu) « Heinsius et Lagermann étaient venus à Vienne pour y voiret saluer Boissat. Heinsiusallait à Rome pour remplir la mission qu'il avait reçue deChristine, reine de Suède. » L'époque est certaine. Nicolas Heinsius, parti de Leyde dans les premiers jours d'août i65i, pour se rendre en Italie ou Christine l'envoyait, passa le mois de septembre i Paris, arriva le 4 octobre à Lyon, d'où il alla' à Vienne; li il vit Boissat, qui lui donna de magnifiques festins, tels que ceux qu'il avait donnés à Molière, « et l'y réunit aux hommes les plus savants de la ville* ». Chorier, qui parle de ces repas auxquels la riche hospitalité de Boissat invitait Hemsius et son compagnon de voyage, les place clairement la même année que ceux dont Molière avait été le convive. Toutefois Heinsius ne put venir à Vienne qu'un peu après le départ de Molière, qui avait dû se rendre à Carcassonne, oà l'ouverture de la seséion des états se fit le 3i juillet i65i. Si notre troupe fut appelée dès cette ouverture,