‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 63 sur 236 · I. De Pétri Boetsatîi cita, p · texte numérisé non relu

I. De Pétri Boetsatîi cita, p

1. Voyez aux pages x8-3i, de la Fie ^e Nicolas Heituiui, en t^te dei Adversaria de Heinsius, i vol. in-4*f Harling, 174>«

laG NOTICE BIOGRAPHIQUE

ce fut entre le mois de Ibai et la mi-juillel qu'elle donna des représentations à Vienne. Ceux qui ont cru pouToîr substituer Tannée i654 à celle qu'il était nécessaire de corriger dans la Fie de Bmstat^ ont trouvé dans leur date toute conjecturale une preuve que VÉiourdi lut joué dès i653. Car Boissat Tacadémicien, Boissat l'esprit, comme on rappelait, n'avait pu, ont-ils dit, être si empressé de voir et de faire voir à des femmes Astinguées une pièce « faite par Molière », si cette pièce était qudqn'une de ses. pie* mières farces. Quelque spécieuse que soit cette obsenralioo, on ne peut la reconnaître bien fondée, dès qu'il faut re« noncer à i654 pour i65i. U est fort possible que les plus anciens badinages de Molière, connus d'ailleurs aujourd'hui d'une manière incomplète, et dont il n'est pas improbable qu'en les jouant il développât très agréablement le canevas, n'aient pas, en ce temps-là, médiocrement plu, même à des esprits délicats. Ceux qui, plus que nous, feraient difficulté de le croire, ont la ressource de penser avec Despois que peut-être Molière c n*a attendu ni la date de i655, ni même celle de .1 65 3, pour se révéler à lui-même et.au public », mais qu'il avait, avant VÉtourdi, ébaucbé plusieurs des pièces qui plus tard parurent à Paris sur son théâtre » et les avait même < représentées pendant ses courses en pro* vince' ». Nous ne disons pas que ce soit impossible ; mais on se passerait ici de cette conjecture» Nous verrons Molière jouer une de ses farces de province devant Ijouis XIV, spectateur un peu plus noble que les dames de qualité de Vienne, et qui ne dédaigna pas d'y prendre plaisir.

Quel que soit le moment de Tannée i65i (nous n'avons pu proposer qu'une date approximative) où Molière quitta le Dauphiné pour le Languedoc, un témoignage, que nous avons tout à l'heure fait prévoir, ne permet guère de mettre en doute qu'il ait été à Carcassonne pendant la session des états ouverte le dernier jour d^ juillet de cette année. Ce témoignage est celui de Dassoucy.

Avant qu'on se fût avisé de le signaler dans un petit coin des œuvres de l'empereur du burlesque, on ne plaçait pas si

I. Tome I de notre édition, dans la Notice sur VÉiourdi^ p. 86.

tût sa première rencontre dans le Midi avec Molière et les Béjart; on la croyait du temps où il fit le voyage de Turin, ponr y présenter ses services à Leurs Altesses Royales de Savoie, nous dirons plus loin en quelle année. Il n'attendit pas jusque-là pour retrouver en province l'agréable société de Molière, que certainement il avait déjà connu à Paris, quoique dans une camaraderie moins familière qu'on ne Ta dit, si l'on en juge par le ton de la lettre que nous allons citer. L'heureuse chance qu'il eut de le rencontrer avant le vojrage qu'il a longuement raconté dans ses Aventures^ nous i apprenons par une de ses lettres, dont l'adresse est « à Monsieur de Molières ». Cette lettre se lit dans un petit volume intitulé Poésies et Lettres de M. Dassoucf^ contenant diperses pièces héroïques^ seuiriques et burlesques^ et dont le frontispice gravé porte : Œuvres meslées de M. Dassouejr^. Ce volume est de i65S. Le privilège est du 3 avril de la même année. Voici les passages les pins intéressants pour nous, de la lettre à Molière :

« Monsieur,

< Je TOUS demande pardon de n'avoir pas pris congé de vous. Monsieur Fresart, le plus froid en l'art d'obliger qu'homme qui soit au monde, me fit partir avec trop de précipitation pour m'acquitter de ce devoir. J'eus bien de la peine seulement à me sauver des roues .^entrant dans son carrosse, et c'est bien merveille qu'il m'ait pu souffrir, avec toutes mes bonnes qualités, pour la mauvaise qualité de mon manteau qui lui sembloit trop lourd; cela vient du grand amour qu'il a pour ses chevaux, qui doit surpasser infiniment celui qu'il a pour Dieu, puisqu'il a vu périr deux de ses plus gentilles créatures ', sans daigner les soulager d'une lieue.... Je ne m'étonne pas si la cour Ta député aux états pour le bien du peuple, le connaissant si ennemi des charges. Je lui suis pourtant fort obligé de m'avoir souffert

t. A Paris, chez Jean-Baptiate Loyson, i653 (în-ia). a. Les trop fameux pages.

laS NOTICE BIOGRAPHIQUE

avec mon bonnet de nuit, n'ayant promis que pour ma personne. Je remercie Dieu de cette Rencontre, et suis, Monsieur,

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