l^on dans son lustre^ p
4. Cette Altesse Royale était-elle Gaston, l'ancien protecteur de llUustre thëâlre? On penserait plutôt à la troupe du duc de Saroie, dite aussi c troupe de Son Altesse Royale » ; cependant elle n'arait permission, suiTant Chappuzeau {le Théâtre français ^ lÎTTe niy chapitre xlti), de passer les Alpes que pendant Tété.
i3a NOTICE BIOGRAPHIQUE
chef Ajbraham Mitallat, dit La Source, qui Tavait établie en 1644 à Lyon, où il la maintint plusieurs années avec succès. Un des premiers camarades de Molière, Georges Pinel delà Ck)usture, avait passé dans ses rangs. Ce furent seulement, dit-on, nos comédiens qui firent perdre la faveur du public à la troupe de Mitallat^ On a cru savoir que la troupe de Molière la désorganisa, et, parmi ses transfuges, passés dans le camp rival, de Brie et sa femme, et Marquise de Gorle, ont été nommés. Le libelle de la Fameuse comédienne^ dont on ne sait pas jusqu'à quel point les informations peuvent être sûres, même quand la passion ne le rend point plus que suspect, dit que Molière et les Béjart, « quand ils furent arrivés à Lyon, y trouvèrent une autre troupe établie dans laquelle étoient la du Parc et la de Brie* ». Il se peut qu'il ait voulu parler de la troupe de Mitallat, bien qu'il ne la nomme pas. L'opinion que Marquise de Gorle vint, en i653, de cette troupe et non de celle de l'opérateur son père, est bien hasardée, si elle ne s'appuie pas sur quelque autre témoignage que sur celui du pamphlet. Quant à Mlle de Brie, nous l'avons vue, sous le nom de Catherine du Rosé, marraine avec Molière, et nous avons dit qu'elle appartenait peutêtre alors à une autre troupe que la sienne'. Cette troupe serait-elle celle de Mitallat, qui, en ce temps-là, aurait été à Narbonne, et dont la comédienne serait sortfe k Lyon avec Edme Villequinde Brie, devenu son mari? Si tout cela reste incertain, il importe assez peu.
Il n'est pas d'un intérêt beaucoup plus grand de savoir à quelle date précise Bille du Parc fut reçue dans la troupe de Molière ; nous ne l'y trouvons avec certitude qu'en septembre ou octobre de cette année i653, lorsque sa présence y est constatée par Daniel de Cosnac, dans son récit des aventures des comédiens au château de la Grange-des-Prés.
Ce n'est pas, en tout cas, l'enrôlement de deux jolies actrices, destinées à de grands succès, qui pouvait rendre mémorable le séjour de Molière à Lyon en i653. Mais cette
I. Les Ortgiius du théâtre de Ljronj p. 74- 1. La Fameuse Comédienne^ p.^ 7 et 8.