Voyez oi-detsas, p. iio et m
SUR MOLIÈRE. • i33
époqae est celle où l'on a placé la naissance de VÉiourdi • Nous penchons à la reculer de deux ans ; nous admettons cependant comme très probable que l'idée de cette comédie fut conçue, peut-être même Texécution ébauchée, dès i653, dans la ville où plus qu'ailleurs Molière rencontra le goût du théâtre italien, dont il s'est inspiré dans ses deux brillants coups d'essai, t Étourdi et le Dépit amoureifjr,
A Lyon, yiUe si française, il est certain que ce théâtre ne régnait pâs exclusivement, que le nôtre y était apprécié et aimé. On y voyait toutefois avec faveur les comédiens et les comédies d'au delà les monts, et cela dès longtemps, avant même les représentations qu'y donnèrent les Geiosi au commencement du dix-septième siècle. Un des acteurs de cette trpupe des Geiosi, Nicolas Barbieri , dit Beltrame, auteur de Ylnaççertito, dont Molière a tiré t Étourdi ^ joua sa comédie à Paris devant Louis XIII, mais ausjsi, l'on ne peut en douter, sur le théâtre de Lyon. Là, Molière eut l'occasion de connaître semblablement les comédies de Luigi Grotto et de Nicol^Seçchi, qui furent aussi imitées par lui.
La Yoie où s'est engagé Molière dans ses premiers ouvrages ne lui était assurément pas inconnue avant qu'il eût été à Lyon; mais, dans cette ville, elle lui est devenue plus familière et plus attirante. Il est donc plus que vraisemblable que h première idée de son Étourdi, puisée à une source italienne, lui est venue à Lyon, et même que la composition de sa pièce y a été commencée. Que V Étourdi y ait été représenté pour la première fois, c'est un fait sur lequel s'accordent tous les témoignages.
Grimarest n'hésite pas à le dater de 1 65 3. « Molière avec s^ troupei dît-il, eut bien de l'applaudissement en passant à Lyon en i653, où il donna au public V Étourdi^, « 11 a cru évidemment ne faire que répéter le témoignage de la Pré'face de i68ai. L'avait-il bien interprété? La critique sévère d'Eugène Despois y a regardé de près dans la Notice sur r Étourdi*. Au premier abord, le passage de la Préface paratt net : «H (Molière) vint à Lyon en 1 65 3, et ce fut là qu'il exposa