‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 72 sur 236 · M. deModèno... et Madeleine Béjart^ p. sgS, note i · texte numérisé non relu

M. deModèno... et Madeleine Béjart^ p. sgS, note i

4. Grimarest, parlaol des temps de rillustre théâtre, dit (p. 19) que le prince de Gonti fit Tenir plusieurs fois Molière dans son Hâtel^ où il rencouragea. Gonti arait alors tout au plus quinze ans. On a cependant soutenu que Molière, dans ces années-là, arait bien pu jouer en visite à Thôtel de Gondé; et dès lors pourquoi ne serait-ce pas à la demande de son condisciple de Glermont? Grimarest reut, au même endroit (p. 19 et 90), qu'alors le prince lui ait ordonné de venir plus Urd le trourer en Lan-

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infidèle à U théologie et à sa yocation pour le cardinalat, avait passé par de grandes aventures où la Fronde l'avait 3eté : commandant en chef des Parisiens révoltés, puis retenu pendant un an dans une prison, d'où il n'était pas sorti plus sage. Après avoir été rendu à la liberté en février i65i, il n'avait pas laissé Tannée entière s'écouler aans de nouveau s'engager dans la guerre civile, dont le prince de Coudé, son frère, lui abandonna, en i652, la direction en Guyenne, lorsque lui-même quitta cette pro- Ttoce. Dès le commencement de i653, Conti, dégoûté d'être à Bordeaux l'esclave de la faction de Yorméè, songeait à faire sa paix avec la cour ; et il ne tarda pas à se prêter à une négociation. Il' accord qui lui permettait de « se retirer dans telle de ses maisons qu'il lui plairait » ayant été signé le a4 juillet, il sortit de Bordeaux an commencement d'août, simplement amnistié, mais non encore réconcilié; et après avoir séjourné quelques jours à Cadillac avec sa petite cour, il s'en alla dans sa belle maison de la Grange. Il avait fait partir avant lui, pour l'attendre à Pézenas, Mme de Calvimont, sa maîtresse. Il se décida bientôt à l'appeler près de lui, ne souhaitant pas moins qu'elle de ne plus avoir à prendre la peine de l'aller voir à la ville. Peu après Molière et sa troupe arrivèrent. Quelle peine ils eurent à faire agréer leur service an prince, Cosnac l'a raconté. Nulle part ailleurs que dans cette page de ses Mémoires on ne trouve un renseignement aussi complet sur un épisode des pérégrinations de Molière. Aussi, quoique souvent citée, nous croyons nécessaire qu'elle le soit ici. Nous ne faisons d'ailleurs que tenir la promesse faite par Despois dans sa Notice sur l'Étourdi^.

gnedoc pour y donner des représentations. Comment Cond pouvait-0 deviner, dès cette époque, qu'il virrait un jour retire dans cette prorince? Lorsqu'il y retrouva Molière, on va roir qu'il ne lui fit pas tout d'abord l'accueil auquel aurait dû s'attendre celui à qui il avait donné rendez^vous. Ces objections gardent leur va-* leur lorsque, pour trouver un fond de vérité dans le passage de Grimarest, on recule, comme l'a fait M. Mangold, les représentations à l'hûtel de Condé jusqu'en i65z, année où l'on consUte im séjour de Molière à Paris.

I. Voyes notre tome I, p. 80, note a. Il y est dit : « On trou-

i5a NOTICE [BIOGRAPHIQUE

« AassitAt que... [Mme de CalvimontJ fut logée dans U Grange, elle proposa d'envoyer chercher des comédiens. Comme j'avois l'argent des menus plaisirs de ce prince, il me donna ce soin. J'appris que la troupe de Molière et de la Béjart étoit en Languedoc ; je leur mandai qu'ils vinssent à la Grange. Pendant que cette troupe se disposoit à venir sur mes ordres, il en arriva une autre à Pézenas, qui étoit celle de Cormier. L'impatience naturelle de M. ïe prince de Conti et les présents que fit cette dernière troupe à Idme de Calvimont engagèrent à les retenir. Lorsque je voulus représenter à M. le prince de Conti que je m'étois engagé a Molière sur ses ordres, il me répondit qu'il s'étoit, depuis, lui-même engagé à la troupe de Cormier, et qu'il étoit plus juste que je manquasse à ma parole que lui à la sienne. Cependant Molière arriva et ayant demandé qu'on lui pajât au moins les frais qu'on lui avoit fait faire pour venir, je ne pus jamais l'obtenir, quoiqu'il y eût beaucoup de justice; mais M. le prince de Conti avoit trouvé bon de s'opiniâtrer à cette bagatelle. Ce mauvais procédé me touchant de dépit, je résolus de les faire monter sur le théâtre è Pézenas et de leur donner mille écus de mon argent, plutôt que de leur manquer de parole. Comme ils étoient prêts de jouer à la ville, M. le prince de Conti, un peu piqué d'honneur par ma manière d'agir et pressé par Sarrasin^, que j'avois intéressé à me servir, accorda qu'ils vîendroient jouer une fois sur le théâtre de la Grange. Cette troupe ne réussit pas dans sa première représentation au gré de Mme de Calvimont, ni par conséquent au gré de M. le prince de Conti, quoique, au jugement de tout le reste des auditeurs, elle surpassât infiniment la troupe de Cormier, soit par la bonté des acteurs, soit par la magnificence des habits. Peu de jours après, ils représentèrent encore, et Sarrasin, à force de prôner leurs louanges, fit avouer à M. le prince de Conti qu'il falloit retenir la troupe de Molière à l'exclusion de celle de Cormier. Il les avoit servis et soutenus dans le commencement à cause

vera tout au long ce passage [des Mémoires de Cotnac] dans notre Notic9 biographique,

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