‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 76 sur 236 · I. Mémoirtty tome I, p. i · texte numérisé non relu

I. Mémoirtty tome I, p. i

enfant qm eut poar marraine Mlle du Parc^ H est possible cependant que pour ses couches cette comédienne se fût, en compagnie de son mari, séparée de ses camarades. En ce cas même, il est probable qu'elle ne fit que les précéder on peu à Lyon, et qu'ils ne tardèrent pas beaucoup à l'y rejoindre. Le concours de Gros-René, surtout de sa femme, n'ëuit pas de ceux dont pût facilement se priver la troupe, qni d'ailleurs revenait volontiers dans la ville préférée par elle à toute autre pour s'y fixer quelque temps. Il étt di/ficile de ne pas croire l'y trouver tout entière en novembre i654, lorsqu'au date du 3 de ce mois les registres de l'église Sainte-Croix donnent l'acte d'un baptême dans lequel non seulement Mlle du Parc fat marraine, mais un de ses camarades, Pierre Réveillon, fut parrain*. Il y a donc quelques raisons de penser que Molière passa une bonne psrtie de Tannée i654 ^ Lyon. Le mois de novembre anrait été la fin de ce long séjour. Ce fut en effet très probablement dès le mois suivant que la troupe revint à Montpellier pour la nouvelle «ession des états. Elle devait s'y retrouver près de son protecteur.

Â.près avoir épousé à Paris la nièce de Mazarin, Conti avait été chargé du commandement de l'armée de Catalogne, qu'il avait pris au mois de mai, et dans lequel il s'était fait honneur. Laissons-le prendre des villes ; il n'appartient de nouveau à notre sujet que du jour où, son heureuse campagne finie, il revient de l'armée en novembre et reçoit la commission d'ouvrir à Montpellier la session des états dont nous venons de parler, et qui fut tenue du 7 décembre 1654 au 14 mars i655. Pour le rejoindre, la princesse de Canti partît de Paris le 16 novembre « assez gayment », dit Loret*. La présence de sa jeune épouse devait être à Montpellier la plus belle des occasions de fêtes, et par conséquent de comédies, si nécessaires d'ailleurs aux états. Or aucune troupe n'avait plus de titres à être mandée que

1. Voyez les deux actes de baptême, dans les Origines du tkéétrt de Ljon. DocUKiirTi II et III, p. 4S et 47. 9. Ibidem, Dogumbht IV, p. 47* 3. Za Muse ku torique, Lettre du 11 noTembre i654.

i58 NOTICE BIOGRAPHIQUE

celle da prince. Plus de danger qu'on lui ftt céder U pUce à^quelque Cormier. Galibert accuse d'erreur les biogr<ip\ies de Molière qui croient à des représentations données par lui* pendant la session de I655^ La Notice de Despoissnr V Étourdi reconnaît qu'elles sont fort possibles, mais demande sur quelle preuve repose la certitude*. Il ne nous semble pas qu'il y ait lieu de douter. Dans le Ballet des Incompatihûi^, avec plusieurs acteurs et actrices de la troupe de La Pierre^ troupe composée surtout de musiciens et de danseurs, ont figuré Molière et Joseph Béjart. Le livre de ce ballet, imprimé en i655 à Montpellier, nous apprend, dans son dtre, qu'il a été dansé dans cette ville « en présence de Mgr le prince et de Mme la princesse de Conti ».-La plupart des seigneurs qui y figuraient à côté des acteurs de profession siégeaient aux états, remarque à peine nécessaire pour nous donner l'assurance que ce divertissement est du temps de la session. Ce fut sans doute un des plaisirs du carnaval. Dans une des Entrées*, Molière eut à représenter un poète; Béjart, un peintre; dans une autre*, Béjart, un ivrogne; puis, dans une «utre encore^, Molière, une harengëre, choisie pour faire contraste avec l'Éloquence, que figurait le baron de Ferrais. On supposait, là que notre poète parlait ainsi :

Je fais d'aussi beaux vers que ceux que je récite.

Et souYeni leur style m'excite A donner à ma Muse un glorieux emploi. Mon esprit de mes pas ne luit pas la cadence; Loin d'être incompatible arec cette Éloquence, Tout ce qui n'en a pas l'est toujours, arec moi..

I. BUtoire des pérégrinations dé Molière dans U Languedoc^ p. Sft, à la note, s. Voyes notre tome I, p. 83.

3. Il a ëtë donne dans notre tome I (à Vjppendics)^ p. 5s5-53S.

4. Elle appartenait au maréchal de Schoinberg. — Voyes Jfo* lière inconnu d'Auguste Baluffe, p. 74, iio et m; et M. da Mo-dène,,, et Madeleine Béjare, p. 3oo et 3 13.

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