‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 78 sur 236 · ibidem^ p. loa · texte numérisé non relu

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4. C*ett asiurément ainsi qu'il faut lire. Dans les Mémoires on lit : c pour un garfon 9.

SUR MaLIERE. i6i

Bible .que seulement après l'arma de Guilleragues, invité avenir de Bordeaux' à Montpellier*. Gonti, n'ayant trouvé en lui qu'un secrétaire honoraire, eût pensé à Molière et, sur son tefos, à M. de Simoni. Le silence ici de Cosnae sur Molière, qu'il estimait beaucoup, resterait étonnant. Une autre supposition serait qu'il se fût agi ii'une place dans la domesticité du prince» différente de, celle qu'avait eue Sarrasin, d'une espèce de secrétariat inférieur à celui des oommandements.. A l'entendre ainsi, on ne saurait plus i ^oelie époque l'offre lut faite. Quoi qu'il en soit, Molière arajt trop de constance dans sa vocation» trop pleine contscience d'an grand- avenir, pour accepter un marché de dupe, qui en eût été la ruine. Et puis comment se mettre en esclavage chez un prince tellement fantasque et capricieux qu'il n'y aurait même pas eu à compter sur la durée de sa fareiir?

Après la clôture des états, sinon avant, Molière et ses camarades, libres de quitter Montpellier, allèrent de nouveau à Lyon. Leur présence y est attestée à la date du ag avril par l'acte de. mariage de Foulle Martin et d'Anne Aeynis, tous deux de la troupe du prince de jConti, et dont les témoins fufent Pierre Réveillon, Charles du Fresne, René Bertlielot, J.-R. ;Poquelin « de la même troupe », et aussi Joseph Béjart^

Quelques mois plus tard nous verrons que Molière était encore à Lyon, il put donc avoir tout le temps d'y préparer et d'y donner la célèbre représentation que nous croyons de cette année-là. Nous ne reviendrons pas sur plusieurs fw>ns, déjà soumises à l'appréciation du lecteur, de la placer en i655 plutôt qu'en 1653.

Si ce fut bien en i655 que Lyon vit naître V Étourdi^ on oe saurait songer aux premiers temps de l'arrivée de la ^upe. li eût fallu pour cela que la pièce fût non seulement achevée, mais prête à jouer, avant que l'on quittât Mont-

I. Nous savons qu'il y était lorsque fut donné le ballet des In^ compatibles.

s. Le fac-iimilé de cet acte a été donné dans les Origints du ihédtre ie Lyon^ DocvilSRT Y, p. 48.

MoLdsB, X II

i6a NOTICE BIOGRAPHIQUE

pellier ; et tlon c'itait li, devant le protecteur , qae le devoir aurait été de la représenter.

Comme, la première fois que nous l'avons nommée, nous penchions à en reculer la date jusqu'à ce moment-ci» nous avons attendu d'y être arrivé pour dire en quelques mots quel événement littéraire ce ftit, même à supposer qu'il n'ait pas été alors estimé à tout son prix, ce que i'on nous a laissé ignorer.

On peut le dire, sans craindre d'exagérer, VÉtoto'tii^ ptr quelques-unes de ses beautés, promettait à la France le poète comique excellent que lui ont donné les pièces suivantes de Molière. Il est vrai qtfe la peinture des mceurs et des caractères, cette grande gloire de son génie, n'était pas encore ce qu'il s'était proposé dans son premier ouvrage. D'après les modèles italiens, il avait fait une comédie d'intrigue, où, comme eux, il cherchait surtout un prétexte à des situations plaisantes, et montrait des masques de théâtre plutôt que des hommes. Mais son originalité éclate d^à dans le mouvement animé des scènes, dans l'inépuisable verve de gaieté, surtout dans un style dont la couleur et le relief sont admirables. On ne comprend pas que Voltaire ait reproché à ce style la faiblesse, et y ait vu « beaucoup de fautes^ de français ». Tout contraire était le sentiment de Victor Hugo, si bon juge de la langue des vers ; on regrette seulement qu'il soit allé trop loin, le jour où on l'a entendo déclarer cette première comédie la mieux écrite de toutes celles de son auteur*. Il faut bien du moins, pour l'avoir à ce point charmé, que l'œuvre soit éblouissante.

La Harpe, contre sa coutume, n'a pas juré cette fois sur la parole de Voltaire. Quelque froides que soient sts louanges, il reconnaît pourtant que, dans V Étourdi^ Molière a sur ses contemporains un grand avantage par «e un dialogue pins naturel et plus raisonnable et un style de meilleur goût » ; et il constate que « ce mérite et la gaieté du rôle de Mascarilleont soutenu cette pièce au théâtre* ». Elle s'y soutient pour le moins autant de nos jours, et le rôle de Mnsca-

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