Le MeUde imaginaire^ acte I, scène vii
3. Comparez la scène qui rient d'être citée de Nieomède^ avec la scène yi de l'acte III de Tartuffe^ particulièrement les vers 1 1 5o et I so3 de la tragédie :
AESUIOS.
Grâce, grâce. Seigneur!
PBUSIAS.
. . . Ingrat! que peux-tu dire?
avec les vers 11 15 et 11 16 de la comédie :
OACOV.
Ingrat!
TAXTUm.
Laissex-le en paix. S'il faut a deux genoux, Vous demander sa grâce....
i4 NOTICE BIOGRAPHIQUE
silence qu'elle a gardé sur lui» il y aurait témérité à conclure qu'elle n'avait rien de bon î en dire. Il est plutôt à ci*oîre que les amis de Molière l'avaient fort peu entendu parler de son enfance et de ses parents, peut-être parce qu'il trouvait peu séant de satisfaire leur curiosité sur un temps et sur une famille dont sa profession l'avait tant éloigné. Perrault et plus tard Grimarest ont moins laissé dans l'ombre Jean Poquelin et les années où il eut son fils près de lui. Il n'est pas clair qu'ils aient été très bien informés. Les actes, si utilement recueillis par Soulié, fournissent au contraire sur les relations du père et du fils, soit avant, soit après leur séparation, des renseignements positifs, plus certains toutefois que toujours faciles à interpréter. Nous en ferons usage dans notre récit, à mesure que l'occasion s'en présentera ; mais nous n'avons nulle envie de torturer des documents d'une clarté Insuffisante, afin d'en tirer des jugements téméraires.
Molière n'avait que neuf ans, et sa mère vivait encore, lorsque son père devint tapissier ordinaire de la maison du roi. Nicolas Poquelin, un des frères cadets de Jean Poquelin, s'était démis de cet office au profit de son atné le a avril i63i^. Une transaction entre les deux frères régla définitivement, le 29 mars 1637*, les droits du cessionnaire, et dès lors celui-ci se trouva libre de demander pour son fils atné la survivance de sa charge. Le fils prêta serment le 18 décembre de la même année'. La charge qui lui était ainsi assurée comme survivancier, et à laquelle était attaché par les lettres de provision le titre de valet de chambre (c'est la première fois que nous en rencontrons la mention) n'était pas seulement jugée très honorable, mais procurait des avantages solides. Elle donnait annuellement au titulaire trois cents livres de gages, sans compter trente-sept livres dix sols de récompense, pour un service de trois mois. M. Bazin a fait remarquer* que rien n'indique si Jean Po-