‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 87 sur 236 · Ibidem^ p. io · texte numérisé non relu

Ibidem^ p. io

MoLiitBZ I a

lifië avec raison d'assignation svr le fonds des ëtapes^Poar permettre de se prononcer, il fiiudrait que Ton eût produit le texte de Taccord du 3 mai i656, ce que l'on n'a pas fait. Qttelques-ans assurent que bien des dépenses extraordinaires, portées par le bureau des états sur ce que l'on appelait le comptereav^ étaient, par abus, payées sur le fonds des étapes. Il y aurait eu là comme un chapitre très irrégulièrement complaisant de fonds secrets, qui aurait donné au prince de Conti la facilité de rejeter sa dette sur les états. S'Û était certain qu'il eût agi avec ce sans-géne, ce qae nous ne sommes en mesure ni de nier ni d'affirmer, on en conclurait que le bureau des comptes ne s'était pas alors prêté à one telle violation des règles, puisque Molière et la Béjart durent négocier le papier qu'acceptèrent les deux personnages tout à l'heure nommés, étapiers, dit-on, l'un et l'autre, qui payèrent douze cent cinquante livres en espèces, et s'engagèrent •d solder le reste dans un an. A l'échéance, ils refu^rent de faire honneur à leur signature. Madeleine Béjart n'était pas femme à lâcher prise et à s'abstenir de faire valoir ses droits. Elle obtint jugement à Toulouse contre Dufor et Cassaignes, qui se virent forcés de s'exécuter, et payèrent dans les premiers mois de i658, k Grenoble*. Nous comprenons mal leur condanmation, s'ils n'étaient jamais parvenus k recevoir la somme, soit de la bourse des états, soit de celle de Conti. Toute l'affaire est trop insuffisamment expliquée pour qu'on ne craigne pas d'être injuste cette fois en faisant peser sur le protecteur de ^a troupe le reproche d'une étrange façon d'être généreux.

La délibération du conseil de ville de Narbonne constate, on vient de le voir, qae les comédiens se proposaient d'aller de Narbonne à Bordeaux, où ils avaient ordre d'attendre le retour du prince de Conti. On a conjecturé que, obéissant au programme tracé, ils s'étaient en effet dirigés sur Bordeaux avant d'arriver k Béziers pour l'ouverture des éuts, après quelque séjour à Carcassonne, Castelnaiidary,

I. Voyes U MolUritte d*août i885, p. 149 et i5o. 9. Histoire des pérégrinations de Molière dans le hanpsêdoc^ p. ii3 et IS4.

Toulouse et Agèn^; et l'on 'a trouyé l'occasion bonne de placer en ce temps-là cette représentation d'une tragédie de la ThébaXde^ que Montesquieu, si l'on en croit Gailhaya*, disait avoir été composée par Molière et jouée par lui à Bordeaux avec un succès malheureux. Ce conte, attribué sans preuves è Montesquieu, a peut-être son origine dans on autre conte, le plan des Frères ennemis que Molière aurait donné beaucoup plus tard à Racine. Pour croire à no séjour de notre poète à Bordeaux en i656, on ne pourrait donc s'appuyer que sur l'indication fournie par les consuls de Narbonne du rendez-vous assigné par le prince de Conti à sa troupe. Ce rendez-vous n'est pas douteux; mais il n'y eut .pas lieu d'obéir à l'ordre du protecteur, qui ne donna pas suite" à ses intentions. 11 était arrivé en mars i656 à Paris '• 11 y fut retenu toute Fannée par l'état de sa santé. N'eût-il pas eu cet empêchement, il est probable qu'il aurait manqué de parole aux comédiens ; et ceux-ci peuvent bien avoir été avertis qu'il ne fallait plus compter sur sa faveur, car il n'est guère à croire que rien n'eût transpiré des scrupules qui lui avaient été inspirés pendant la session de i656, et qui, depuis la direction de M. de Giron, étaient de plus en pluA en possession de son âme^ Peut-être un contre-ordre reçu k Narbonne explique-t-il la prolongation du séjour c[u'y fit la troupe. Entre le moment où Molière quitta cette ville et celui où il vint à Béziers, des représentations données par lui à Bordeaux et dans les autres villes tpie la vraisem-

!• Histoire des pérégruuttions de Molière iam le Luiguedoe p. 107 et iio.

1. Études iwr Molière^ p. 8 et 9, et p. X07. — Une note manuscrite d« Trallage parle aussi de cette ThéboUe^ qui aurait été îoaée devant le due d'Épemon et fort goûtée par lui. Elle aurait donc éïé représentée beaucoup plus têt, à Bordeaux, lortqu'Épemon était encore gouverneur de la Guyenne. A quelque date que Ton place cette Thébaide de Molière, il j a les plus forcée raisons de n'y pas croire. La fausse tradition ne tiendraiteUe pa» d'une représentation, donnée par Molière, devant Épernon, de VAmigome de Rotrou, qui arait paru en i638?

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