Mémoire* de Cotmae^ tome I, p. a46 et a
i8o NOTICE BIOGRAPHIQUE
blance de son itinéraire a seule fait nommer, restent des suppositions sans preuves, et il faut se résigner ici encore k une lacune dans nos informations.
Si Chapelle, dans son voyage en compagnie de Bachaumont, avait, comme l'ont pensé c[uelques-uns, rencontré Molière, ce ne pourrait avoir été que dans ce temps où les renseignements nous manquent sur les mouvements de la troupe; mais Chapelle est muet sur cette rencontre. On a voidu trouver dans son égolsme une explication de son silence : elle est vraiment trop difficile à accepter. Nous admettrions moins encore une supposition qui a été faite : la troupe de Molière ne serait pas si complètement oubliée dans le Voyage; ce serait d'elle que parleraient les Yoya* geurs, lorsqu'ils racontent avoir été menés par M. de Penautier dans sa maison de campagne, à une lieue de Carcassonne. Là, ils trouvèrent la comédie jouée par une troupe qui « n'étoit pas mauvaise^ ». Ce médiocre et dédaigneux satisfecit serait une trahison de l'amitié, bien pire encore que l'omission d'un souvenir si intéressant pour Chapelle. U est donc évident que les passables comédiens ne sont pas les nôtres. Ceux-ci, Tépoque du Voyage a seule donné l'idée de les y chercher. Souvent mal daté, il est certainement de 1 656, ainsi que le prouvent les derniers vers écrits à Lyon, où les deux voyageurs prennent connaissance de l'édit somptuaire du a6 octobre de cette année *, et le passage où ils témoignent leur reconnaissance de l'accueil fort civil de M. le comte d'Aubijoux, qui les avait reçus à Grouille, peu de