‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 95 sur 236 · I. Im Fie de Pierre Mignard^ p. 5o-5a · texte numérisé non relu

I. Im Fie de Pierre Mignard^ p. 5o-5a

SUR MOLIÀRE. 19)

Geneyiève Bëjart^. Madeleine, dans son testament, ordonna que les deniers comptants qui se trouveraient lui appartenir au jour de son décès fussent remis à Biignard, qu'elle chargea de les employer en acquisition d'héritages*. Des témoignages si particuliers d'affectueuses relations sembleraient indiquer qu'elles se seraient étendues des Béjart à Molière, plutôt que de Molière aux Béjart. On croit voir comment elles s'étaient formées. Nous avons nommé un frère de Pierre Mignard, Nicolas, peintre distingué lui-même, et connu soUs le nom de Mignard d'Avignon. Ce frère était depuis longtemps établi et marié dans cette ville, quand liignard le Romain vint l'y rejoindre. Esprit de Modène, qui y passait rUver, n'avait pu manquer d'y connaître Nicolas, quand il n'y aurait pas eu pour eux une occasion de se lier dans cette circonstance que Modène avait passé, avec le duc de Guise, l'année 1647 à ^ome, où ils avaient trouvé Pierre, qui fit alors le portrait du duc. Nous avons vu dans Avignon les Béjart et leur troupe en i655. Il est assez probable qu'ils y rencontrèrent dès lors le comte de Modène, et de même dans cette fin de l'année 1657, V^^ réunit les frères Mignard. Que ce soit donc Modène qui ait recommandé aux deux peintres Madeleine Béjart et en même temps Molière, la conjecture n'a rien de forcé. Si le refroidbsement, déjà de vieille date, entre le comte et la Béjart, semblait une objection, nous y avions d'avance répondu, lorsque nous avons montré le volage et sa comédienne restés de tout temps dans les termes d'une bonne amitié, grftce à la tranquille philosophie de la Béjart, à sa morale facile, qui avait tout naturellement des trésors d'indulgence et ne lui conseillait pas de rompre entièrement, pour un accident très ordinaire, avec un passé dont la qualité de son ancien amant la rendait encore fière. Quoi que Ton pense de cette explication, les services qu'elle continua de rendre à Modène ne permettent pas de s'étonner si elle reçut de lui un bon accueil dans Avignon et se laissa introduire par ses bons offices dans l'amitié des Mignard.

1. iUckerches sur Moliin, DoGIOBIT XXXIlTy p. Sia-si4. 1. Ibîdmm. DocmDDrr XL, p. s44«

MouàsB, X il

Puisque nous rencontrons de nouveau sur notre chemin ce seigneur de Modène, disons brièvement ce qu'il était devenu depuis, que .ipouai l'uivons perdu de vue.

Sa vie avait été fort agitée. On vient de dire qu'il avait passé' 4\a]inée 1647 'à Rome; où «vl* accompagwah le duc de GoiseviH était parti aveo'luiiéaiïslev'dermertteois de 1646, 9>'étanD>e)igagé à le suivre dans sa vie de i*Mianesques aventures* A la fin de 1647;* ils s'embarquèrent 'pblttr l'héroïque IbHe dp^^Naples'.'La bronillene'tatt^ pa^-^éùtre les deux paljidiBS. Bientôt Guise se crut trahi pài"Modèfne; il le fit arrêter l&iS, iirner 1648 et jeter en prison. H fut loi-même, peu après,' 'prtsoimîéf à son tour,' lorsque Na](>lès tomba au pouvoif^i4M'£8pagaolaf CSeux.-oi retinrent dans' le Ghâteau- Keuf BM U/^tenaati' qui ne' recouvra sa liberté :^u'en 16S0. tlpdàâe J*eymt alocaf^aoïs le Gomtat.' Il paraft ne l'avoir plus quîtié; avant, la mort .dciGuis^, en 'i664V^t de- fut Ik que Mskdeleinè Béja]t.put le revoir pendant lès ^^éi^nts séjours de. la, .troupe; dans Avignon, neumment pènd&ntbelui de la fin de 1657, Ai des pi^^iaiei** moisde î65S| efi ce- temps où, malgré, la Uaîson connue du gentilhomme^ cointadin et de la femitiei de. Jean-Baptiste de i'Hermite, il n'est 'pas invraifemtttaJbtle que raoôommodante^personne lui ait dû l'amitié de JMîgnardU ^qu'elle fit pai^ager à Molière. '

^X)n a GO^ecturé un séjour de notre poète â Ljon, au oommencemei^tde i65d. ^ous comprendrions mal qu'il eût aijtdt quitté Avignon, où quelques jours lui auraient difficilement fiuffi.pour devenir un des meilleurs amis de Mignard, bien que cette, amitié ait pu être préparée par de bonnes reHtiona.avec le frère^ d^ peintre dana des séjours précédejlts^ Sur qnoi s'est-on appuyé? Sur une déli)>ération de l'Atunône générale de Lyon, qui, fe 6 janviM^ 1668, accorda di^Thuit cenf s livres tournois à une vepvé « récommandée par la demoiselle Béjaire, comédienne'* ». Que Béjarre soit B^'art; on n'y peut voir de difficulté? Mais Mad^eine s'était déplais letlgtemps assez (jEiit connaître & Lyon pour écrire d'Avignon une lettre de recommandation à l'Àûmône gêné-

I. U* Points çkmrê de Im PÎe de Mopîre^ Pièces^ justi/Uathes^ p. 38i.

nie, habituée à mettre largement à contrilration la bourse des comédiens. 11 nous semble peu douteux que d'Avignon Molière alla directement à Grenoble, où, par un témoignage certain, nous apprenons qu'il s'arrêta : En i658, « il avoit, dit la Préfa$û de i682,> passé le carnaval à Grenoble, A'«ji. il partît après Pâques, et vint s'établir à Rouen' ». Cest.pett^-étre salroftpe^quîest désignée daas une délibération do conseil 4e viUe ^e Grenoble,- portant que les comédiens ont mérité le reproche d'iacivilité pour avoir affiché. sans^ 'permission,- >eti que Imirs affiches useront levées juqok cei qu'ils- se sdient akî»- en règle «veeles consuls et le conseil î. Geisévère^avértisseraemt est du- a février i658. Si c'est^ à' MoHènb qh'if^filt signifié, il aaarque le moment de SOU' arrivée à 'Grenoble. .• • • .......

Be cèctet vilfé on veutrencore qu'il ait été à Lyon, où, parti de Grenoble après '>P^u^8^ qui, cettç anni^, était le %\ avrils il ne serait arrivé que* bien peu- de' jours avant le baptême d'«n enfant des dâ<Past!, baptême inscrit à la date du t « mai tnr le re^stre 4le < l'égUse - de Sainte-Croix ». H est. difficile de croire les comédiens alors à'Ljen^ le baptistaire' n'étant* digdé d'aucun d'eux. Hs Savaient hâte de se rendre à Rouenvque Molière regardait comme une dernière étape sur le chemin de Paris, où dès lors il avait l'espérance, et l'anibition de se fixer, prochainement» .« Ses amb, dit là Préfaee de i$8^, lul< conseUlèrent de /l'approcher de Paris, en faisant venir sa troupe diins 'une vilïe voisine. Cétoit le moyen de profiter du crédit que son mérite lui avoit acquis auprès ^ plv^ev^rjsi, pemonues de considération qui, s'intéressant à sa gloire, lui avoient promis de l'introduire à la courV*-. ^ "■ i' ^ «i-r«i

Une partie de la troupe était certainement arrivée à Rouen avant le 19 mai i65.8, date d'iule lettre écrite de cette ville i l'abbé de Pa,re par Thomas Corneille. La lettre, après avoir ionné la nouvelle d'im, second mariage de la comédienne

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