‹ Notice biographique sur J.-B. MolièreChapitre 96 sur 236 · Pr^^kc^'.'dir^rtSa, p'.'/rrr · texte numérisé non relu

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ig6 NOTICE BIOGRAPHIQUE

Baron, lasse de son veuvage*, continuait ainsi : « Noos attendons ici les deux beautés que vous croyez devoir disputer cet hiver d'éclat avec la sienne. Au moins ai-je remarqué en BOle Béjart* grande envie de jouer à Paris, et je ne doate point qu'au sortir d'ici, cette troupe n'y aille passer le reste de l'année. »*I1 est clair que les deux comédiennes attendues encore à Rouen, et dont à Paris on commençait à parler comme de rivales en beauté de cette Baron si admirée par la reine Anne d'Autriche, étaient la de Brie et la du Parc, ceUe*ci restée certainement à Lyon. Lorsque Thomas Corneille écrivait, il avait déjà vu les camarades qui les avaient précédées, puisque c'était dans des entretiens avec la Béjart elle-même qu'il avait eu connaissance du dessein de la troupe de s'établir à Paris. Pour en préparer le succès, on eut besoin de quelques mois^ car, au témoignagne de la Préface de 1681, nos comédiens passèrent tout l'été à Rouen. On y vit enfin arriver les deux belles retardataires. Nous voudrions en vain nous peu soucier de regarder de ce côté-là. Dans une ville qui, avant Paris, avait vu en 1643 les premiers débats de l'Illustre théâtre, et maintenant retrouvait la troupe, son chef surtout, singulièrement grandis par la renommée, ce qui paraît avoir fait le plus d'impression, ce furent les charmes

I. Ce second mariage avait été prédit par Loret, dant sa lettre en ven du 9 octobre i655, où il annonçait la mort de Baron, père de l'élève et ami de Moli^ :

Sa moitié, qu^il laisse en ce monde.

Femme de cherelure blonde, Lorsque son deuil sera tari.

Pourra prendre un autre mari.

a. Au lieu de Mlle Béjart, et, plus haut, de Mlle Le Baron, on a imprimé « Mlle Rejac et Mlle Le Ravon » dans les OEupret complites de P, Corneille^ suivies des Œuvres choisies de Th. CcmeilU^ édition de Charles Lahure (1857), qui donne aux pages $70 et suivantes du tome V quatre lettres de Thomas Corneille à Tabbé de Pure. Pour rectifier les noms des deua comédiennes, on aurait pu s*épaigner la peine dWe conjecture. Dans Tautographe qui est à la Bibliothèque nationale (wiatmseriu /Wnfcû, n* I9763i Lettres oripndes)^ on lit parfaitement Mie Le Bmron et MiU Bner,

d'une des actrices, de Hlle du Parc. Ils touchèrent le cœur non senlement de Thomas Corneille, mais de son illustre aSné, malg;ré ses cinquante-deux ans. Il n'a pas laisse à de suspects commérages d'anecdotiers le soin de nous Tap* prendre. Dins les vers qu'il a écrits en cette année i658 pour la cbnDante Mturquise^ ce fier génie, dont la figure est restée si imposante pour la postérité, a immortalisé sa faibiesse, mais en mettant dans l'aveu qu'il en fait le noble acceot qni loi était naturel ; car la tendresse elle-même prenait chez lui on air de grandeur. Qui ne connaît ses poétiques adîenz à la comédienne?

Ailes, belle Marquiie, allez en d'autres lieux Semer les doux périls qui naissent de tos yeux*.

Il la trouTa insensible, comme l'avait trouvée Molière. Elle ne Im fît même pas l'honneur de s'offenser de ses hommages. Il s'en plaint avec plus d'aimable soumission que d'amertume, reconnaissant combien il est juste que ses cheveux gris et les rides de son front

Hflent nn triste charme aux plus dignes encens. J'ai trop longtemps aimé pour être encore aimable.

 ht un de son épttre il ajouta quelques vers, lorsque la raison lent guéri :

Ainsi paria Cléandre, et ses maux se passèrent.

Il vëcat sans la dame, et vécut sans ennui, Comme la dame ailleurs se divertit sans lui.

Mieux encore que dans cette spirituelle déclaration de sage indifférence, il est lui-même, et se distingue singulièrement des madrigab'ers, des doucereux, dans les stances qu'à la même époque il adressa à la belle dédaigneuse :

Marquise, si mon visage

A quelques traitt un peu vieux...*.

I. CKuvres eomplites de P, Corneille^ tome X, p. 141-149. a. iHdem, p. 16S et 166.

Elles sont asses.coaaaes pour que nous laissions la méBKm de nos leateurs^ en aaheviNr. la,.-9katioQ.«.GofneiHe..y bil échapper mu ^ridicule son amoun JioPf -4e saisoBv^n^l^ sant fièrement à riOS^eil^dJoiB^ «beaulé^.d^un jour l'orgueil d'une gloire .bien autrement -du^abla. ^^ ' . ^ > ^> -' .<<...

Le plua jeone.des, GorHeiUe, nôqaF^Tona^dîtv^.ne fiit pas épargné par. le trait qui.avait' blessé r>alné. Deloî ansaineos avons le témoignage; etn-eûuii p^, <lans une .élégie,\ où il resta bien ao^essoii^skde l'épttre etd^s-stanoesdcf son frère, confessé unq passion qui fut «ans triomphe, eUe nous 'aurait été révélée par l'allusion que ce fnère ya: faite, parlaur «le rivaux que généreusement il aurait voulu savoir plus heureux que lui*:*"^ w*i^t> ■ ».» ^.««a ..ij.,/.,i. k . nf ..im:.

Ttn fd, TOUS 1(Ç sarezy.que ^e ne pw hajr '•

Cet épisode du i^jour de nôii comédiens à fiouen nous laisse à cdté de Molière, qu{ n'y est intéresse que très indirectement; mais', àysmt la bounb fortutté' de,'féiit»)ûtrer']e grand Corneille, il était impossible qu'il ne nous arrèt&t pas un moment; q>f^.a^sçj^ qu'il,en |^iquf^it^.de.l^,,vq^, tout barbon qu'il était alors, aussi peu sage que Molière, et pris, sans être comédien comme kiî, au même piège de9>daligereai attraits d'une femme de théâtre.

Un tel hoinhiè',' '4«l'ltet''fcHéz nbiiÎ8,'*îJoiflm^e Tè* ri^ seulement de la tragédie, mais de la bonne climedie; fit-il donc plus d'attention ^la belI^.dil^P^ro. qii'«M peièfte dont les premiers essais pouvaient annoncer, d^à que le Menteur serait de loin surpassé B On voudrait. trouTsr la preuve qu'il n'a pas eu cette oeoasîoii' 'de- lé'eônnattre,'S«ns ^beaucoup le remarquer, sans avoir quelque pressentiment d'une prochaine renommée, qui, dans une autre' routé, devait voler aussi haut que la sienne. Rien n'indiqué cependant que, àès cette rencontre à Rouen, où l'on ne peut ^ère cnpire que Corneille n'ait pas connu VÉlourdi et le Dépit amoureux^ il ait fait amitié avec leur auteur; et nous le verrons quelques

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