‹ Notice biographique sur Joachim Du BellayChapitre 16 sur 27 · XXIV NOTICE · texte numérisé non relu

XXIV NOTICE

trouvé un instant retenu était rompu, il soupirait après sa patrie ; son protecteur, qui avait à Paris d'importants intérêts à surveiller, l'en chargea et le renvoya en France. Ses Regrets nous indiquent son itinéraire. Il revient par Venise, à qui il a consacré un sonnet des plus mordants, où il nous peint les doges qui « vont efpoufer la mer »

Dont il i font les maris, & le Turc Vadultere *.

Il passe ensuite les Grisons, ce qui lui paraît un supplice digne d'être réservé aux plus grands criminels *, arrive parmi les Genevois

Qiie le bon Rabelais a fumomme^ Saulcîjfes ',

et dont Du Bellay fait à son tour un portrait peu flatté qui lui a valu une vive réclamation poétique, à laquelle il a répondu par quatre sonnets*; enfin, dit-il :

. ... le me tromiay, comme le fil^ d^Anchife, Entrant dans VElyfee, & for tant des enfers, Quand après tant de monts de neige tous couuers le vey ce beau Lyon , Lyon que tant ie prife ^.

A peine rentré dans cette France si regrettée , Du Bellay déplore son retour dans une assez longue pièce de vers latins adressée à Jean Dorât ^, et ramenée dans les Regrets aux proportions d'un simple sonnet. Revenu comme Ulysse d'un long et périlleux voyage, il

Page 1