Tome II, p
Du Bellay.— \\. b
XXV) NOTICF.
Notre poëte a en réalité accompli avec beaucoup d'exactitude tout ce qu'il conseille ironiquement à ses confrères. Il a eu un cardinal pour protecteur, il a fait son voyage d'Italie, il a écrit en mainte occasion des vers de circonstance, il a même pris soin dans un Difcours au Roy fur la poefie * d'exposer en détail quelle est l'utilité du poëte pour la renommée d'un prince, et il a résumé en ces termes son opinion à ce sujet :
... Pour vue gloire entière Bajîir à vojlre noniy dire Voferay bien, Que le poëte il fault ioindre à Vhijlorien.
Mais, quoique doué d'une grande partie des qualités du poëte de cour, il manquait cependant de certaines de celles qui sont indispensables à cet emploi.
le veux qu^aux grands feigneur s tu donnes des dcuifes, le veux que tes chanfons en mufique foyent mi/es, Et à fin que les grands parlent fouuent de toy^ le veux que Ion les chante en la chambre du Roy^,
dit-il dans son Poète courlifan. Il suivait pour son compte, mais assez mollement, ces utiles préceptes; il n'était point du caractère de M. Jourdain: il ne suffisait pas, pour le rendre parfaitement heureux, qu'on eût parlé de lui dans la chambre du Roi; et s'il songeait à son avancement, il se préoccupait encore plus de ses succès littéraires et poétiques. Il savait très-bien que ce qui attendait les poètes de son caractère, c'était
.... la pauuretéj des Mu/es Vheritage, Laquelle efi à ceux-là referuee en partage,