‹ Notice biographique sur Joachim Du BellayChapitre 19 sur 27 · SUR JOACHIM DU BELLAY. XXVI · texte numérisé non relu

SUR JOACHIM DU BELLAY. XXVI

Qui dédaignant la court, fâcheux & malplaifans, Pour allonger leur gloire, accourcijjent leurs ans*.

Et s'il supportait impatiemment cette douloureuse situation, il n'en était du moins surpris en aucune manière.

Du reste, le hasard, qui joue un si grand rôle à la cour, ne lui fut point favorable. Il se vit enlever successivement ses plus puissants protecteurs : de bonne heure il perdit la reine de Navarre; Henri II mourut dans le brillant tournoi dont Du Bellay avait écrit les Infcriptions ; enfin Marguerite de France, qui plus que personne s'était intéressée à lui et à qui il avait voué une reconnaissance profonde, partit bientôt après en Savoie avec le duc Emmanuel-Philibert qu'elle venait d'épouser, et notre poète, retenu depuis un mois à la chambre par une importune surdité, n'eut pas même la consolation de pouvoir lui faire ses adieux*.

Cette infirmité datait de loin; dans la Complainte du defefperé, publiée pour la première fois en i552, Du BeJlay en parle avec le plus profond chagrin^; plus tard elle diminua sensiblement, et le poëte écrivit alors en son honneur une pièce remplie d'enjouement, adressée à Ronsard, atteint de la même incommodité*; enfin, après quelques alternatives d'amélioration et d'empirement'*, il se trouva, dans les derniers temps de sa vie, presque entièrement séparé du monde par cette cruelle affection.

Eustache Du Bellay, archevêque de Paris, qui était loin, il est vrai, de se montrer favorable à son malheureux parent, le représente même dans une lettre qu'il

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