‹ Notice biographique sur Joachim Du BellayChapitre 7 sur 27 · SUR JOACHIM DU BELLAY. XV · texte numérisé non relu

SUR JOACHIM DU BELLAY. XV

nombre à cent quinze dans l'édition de i65o; mais il ne tarda guère à sentir le vide d'une pareille poésie , d'une semblable passion, et changeant complètement de style, dans une jolie pièce du recueil de i553, adressée à vnc dame qu'il aimait moins purement certes, mais peut-être un peu plus vivement que son Olive, il se vante en vers malins et naturels d'avoir « oublié l'art de pétrarquifer » , et, se rappelant Horace, il s'écrie avec un accent retrouvé et rajeuni plus tard par Déranger :

Et qu'ainfifoit, quand les hyueys nui/ans, Auront feiché la Jleur de voi beaux ans

Qui penfe^ vouSj qui vous aille chercher, Qui vous adore, ou qui daigne toucher Ce corps diuin, que vous tene^ tant cher?...

N^attende:( donq' que la grand'faux du Temps Moijfonne ainfi la fleur de vo{ primtemps \

Déjà la seconde édition de VOliue , publiée en i55o, est suivie de quelques pièces excellentes qui ont passé inaperçues, et parmi lesquelles nous citerons surtout les vers à Salmon Macrin fur la mort de fa Gelonis, dont certaines strophes sont d'une grâce et d'une mélancolie exquises. Toutefois , à cette époque , à part de rares moments d'inspiration vraie. Du Bellay n'est guère remarquable que par cette merveilleuse facilité que ses contemporains admiraient , dont il se vantait volontiers et que plus tard on lui a reprochée bien injustement *.

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