‹ Notice biographique sur Joachim Du BellayChapitre 8 sur 27 · XV) NOTICE · texte numérisé non relu

XV) NOTICE

Malgré un vif instinct d'indépendance et même de passagères velléités de révolte, il restait trop soumis au chef suprême de l'école à laquelle il appartenait , à Ronsard, dont le tempérament poétique s'éloignait considérablement du sien.

A son début , Du Bellay s'était montré franchement

'^ original dans sa Deffence de la langue fvancoyfe , el ,

tout en y résumant avec éclat les principales doctrines

de la Pléiade, il avait su y développer des principes

' plus généraux, et des vérités durables qui encore au-

/ jourd'hui ont leur utilité et trouvent leur application.

I Ses vers laissaient plus à désirer à beaucoup d'égards.

/Il exécutait, non sans éclat, des variations agréables sur le thème du maître ; mais il n'avait pas encore trouvé \ dans ce vaste domaine de la poésie française , où il ve- V. liait de faire invasion, l'humble coin de terre qui devait

lui demeurer, le fonds personnel du vrai poëte. C^ Un voyage en Italie, qu'il a déploré comme le plus ^/ grand malheur de sa vie, le mit en pleine possession de / son talent et fit définitivement ressortir son originalité (^ j)oétique.

Il semble que cet admirateur délicat mais un peu exclusif des anciens aurait dû se passionner outre mesure pour cette Rome pleine de souvenirs; et qui n'aurait rien lu des poésies écrites par Du Bellay durant ce voyage s'attendrait à voir les réminiscences classiques se presser dans ses vers plus nombreuses que jamais. Il n'en fut rien; Du Bellay, du reste, partit à Rome,

Qui trouuant de mes vers la rynie Ji facile^ En vain trauaillerayVie voulant imiter.

(Tome II, p. i68, sonnet ii.)

Voj'cz aussi t. II, p. 400. — Régnier, dans sa Satire L\, adressée à Rapin et dirigée contre Malherbe et son école, blâme ces rêveurs d'après lesquels

De^ Porter n'eft pas net. Ihi Bellay trop facile.

Page 1