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a, Meslange amusant de saillies d'esprit..,. 1 volume in-ia, Paris, M.DCC.XLiii, p. iSg et 160. — La Harpe, Cours de littérature.^ seconde partie, livre I, chapitre xi, tome IX, p, 164, raconte, d'après le Sage sans doute, la même anecdote ; il l'applique à l'opéra de Daphné, qui ne fut jamais représenté.
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froidement accueillies ; et la Fontaine eut l'ennui d'être chan-
sonne' :
On ne peut trop plaindre la peine De l'infortuné Céladon, Qui, sortant des eaux du Lignon, Vint se noyer en la Fontaine*.
Linières, avant la représentation, avait fait aussi quelques couplets, celui-ci entre autres : .
Ah ! que j'aime la Fontaine D'avoir fait un opéra.
On verra finir ma peine Aussitôt qu'on le jouera.
Par l'avis d'un fin critique, Je vais me mettre en boutique Pour y vendre des sifflets :
Je serai riche à jamais*.
L'histoire des comédies attribuées, pour ime part assez mal définie, à la Fontaine, n'est pas aussi certaine que celle de ses opéras. Il n'y a d'incontestable que le fait de quelque collaboration avec le comédien Champmeslé. Sous le nom de Pièces de théâtre de Monsieur de la Fontaine^ trois comédies furent publiées en 1702, à la Haye* : Ragotin^ le Florentin^ qu'il ne faut pas confondre avec la petite satire de 1674, et qui n'a rien de commun avec LuUi, et Je vous prends sans vert. L'éditeur mérite d'ailleurs peu de confiance, puisqu'il avait joint à ces comédies la tragédie de Pénélope^ qui est incontestablement de l'abbé Genest. Dans les OEuvres diverses de la Fontaine^ dont l'abbé d'Olivet donna l'édition en 1729*, on trouve le Florentin et Je vous prends sans vert. Le faux titre de chacune de ces deux comédies porte : Pièce attribuée à M. de la Fontaine. Les frères Parfaict ont donné à la Fon-
I. Walckenaer, tome II, p. 247- Au tome I, p. a68, il cite un rondeau de Stardin où il y a le même jeu sur le nom du poëte.
a. La Fie de Philippe Quinault^ p. 44- — On y dit qu'il s'agissait de Daphné^ mais les autres couplets désignent VAstrée. Voyez les OEuvres inédites de J. de la Fontaine^ p, 3a3 et 3a4.
3. Chez Adrien Moëtjens, i vol. in-12. — 4' Troisvolumes in-8°.
SUR LA FONTAINE. cxliii
taitic seul le Florentin^ Je vous prends sans vert^ la Coupe enchantée et le l'eau perdu. Ils se sont ensuite corrigés quelque peu, ayant appris de « personnes dignes de foi » que Chanipmcslc avait eu beaucoup de part à ces pièces, « quoiqu'elles passent, disent-ils, pour être entièrement de M. de la Fontaine'. » Le témoignage qui, par sa date, semble le plus irrécusable, est celui de Fureticre. 11 porte, ce qui est à remarquer, sur la plus mauvaise de ces comédies, sur Ragotin^ car il n'a pu parler d'une autre dans ce passage de son Second facium (p. 9,91) daté du i" janvier i685 : « Jean de la Fontaine n'a pas été plus heureux que Boyer et que le Clerc. Quand il a voulu mettre quelque pièce sur le théâtre, les comédiens n'en ont pas osé faire une seconde représentation, de peur d'être lapidés. » C'est bien de Ragotin qu'il j)arle, la seule des comédies attribuées à la Fontaine qui ait été jouée avant i685. Furetière ne doutait pas qu'il n'y eût mis la main, et paraissait ne pas craindre, sur ce point, un démenti de notre poète. Ce témoignage contemporain a de la valeur.
Quant aux preuves intrinsèques, on a peine à les trouver. Il faudrait dire que la Fontaine s'est beaucoup plus trompé en s'essayant dans la comédie que dans l'opéra, et qu'il n'y pouvait faire, suivant l'expression de Mme de Sévigné, que de la mauvaise musique, si l'on ne devait tenir compte de l'extrême faiblesse de son collaborateur, et s'il n'était pas difiGcile de distinguer le peu qu'il est possible de croire de lui de ce qui est (et c'est à peu près tout sans doute) de Champmeslé.
Ragotin, tiré du Roman comique^ est vraiment misérable. Scarron y perd tout l'agrément de sa plaisante narration. L'intrigue de la comédie est sans nul intérêt, Walckenaer est d'avis que, dans les récits qui ne tiennent pas à l'action, on peut reconnaître la Fontaine ^ : « Jamais, dit-il, Champmeslé n'eût pu traduire en langage poétique la prose de Scarron avec la précision et l'élégance qu'on remarque dans quelques passages de cette pièce. » Admettons que ce soit souvent mieux que Champmeslé ne pouvait faii'e ; mais il serait trop
1. Histoire du théâtre françois, tome XIV, p. $27, à la note,
2. OEuvres de la Fontaine (1827), tome IV, p. 847, Avertissement de réditeur.
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fort de goûter un style qui est parfois d'un plat et grossier burlesque. Oîi est la touche fine et -délicate de l'auteur des Contes ? On relèverait bien des sottises qui n'ont pu venir que sous la plume de Champmeslé. Ragotin fut représenté pour la première fois le i«' avril 1684, puis quatre fois encore jusqu'au 5 mai, et deux fois le 14 et le 16 juillet, Furetière, dans son Troisième factum du 24 décembre 1686, avoue* qu'il a été inexact dans ce qu'il avait dit d'abord de la chute de la comédie dès le premier jour ; mais sa rectification était encore insuffisante : « Tout ce que M. de la Fontaine peut souhaiter que je réforme en l'article qui le regarde, c'est d'avoir dit que sa pièce de théâtre n'a été jouée qu'une seule fois; car j'ai appris depuis qu'il y en avait eu deux représentations. » Deux, nous l'avons vu, ce n'était pas assez dire.
Il faut parler autrement du Florentin^ représenté le 28 juillet i685. La Harpe loue un peu trop cette comédie, qui était restée au répertoire. C'est « un des plus jolis actes, dit-il, qui égaient le théâtre de Thalie. » Thalie en a de moindres, mais aussi beaucoup de meilleurs. Il paraît y avoir quelques souvenirs du Sicilien de Molière, surtout de son École des femmes. La plus agréable scène (on l'a toujours vantée) est celle'' où Harpajème, déguisé et s'imaginant n'être pas reconnu, cherche à tirer d'Hortense la confidence de ses vrais sentiments. Là certainement Champmeslé disparaît, et laisse voir mal caché derrière lui quelqu'im qui parle une autre langue, non pas un Molière, mais un homme de beaucoup d'esprit, quoique égaré loin de sa véritable voie. On n'aurait peut-être pas deviné la Fontaine; mais, une fois averti, l'on ne s'étonne pas trop cette fois de sa collaboration. Le Florentin eut, dans ses commencements, treize représentations, dont la dernière eut lieu le ao août i685; il fut repris en janvier 1686.
La Coupe enchantée fut jouée le 16 juillet 1688. Si la Fontaine en fut le collaborateur, ce fut peut-être seulement en ce sens qu'elle est tirée de deux de ses contes, de celui qui porte le même titre que la pièce, et de celui des Oies de