‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 134 sur 153 · Histoire de V Académie^ ^. Sag · texte numérisé non relu

Histoire de V Académie^ ^. Sag

2. Mémoires de Louis Racine, dans les OEuvres de Jean Racine^ tome I, p. 326.

cxcii NOTICE BIOGRAPHIQUE

Ajoutons toutefois que si, dans ses lettres à Conti et à Vendôme, il sent parfois le fagot, et n'a pas, ce semble, trop de peine à se mettre au ton de ses correspondants, il n'y a là rien de semblable à telle tirade se'rieusement impie de son ami Chaulieu, à celle-ci par exemple, que nous ne citons que pour y opposer le langage de notre poète :

La mort est simplement le terme de la vie. De peines ni de biens elle n'est point suivie....

Ce n'est qu'un pénible sommeil,

Que, par une conduite sage,

La loi de l'Univers engage

A n'avoir jamais de réveil*.

Voilà quelle était la philosophie du Temple. Dans un esprit bien différent, la Fontaine écrivait à Saint-Evremond, correspondant avec qui l'on pouvait parler très-librement : « Je ne suis pas moins ennemi que vous du faux air d'esprit que prend un libertin. Quiconque l'affectera, je lui donnerai la palme du ridicule.

Rien ne m'engage à faire un livre ;

Mais la raison m'oblige à vivre En sage citoyen de ce vaste univers :

•Citoyen qui, voyant un monde si divers,

Rend à son auteur les hommages

Que méritent de tels ouvrages *. »

C'était le développement de deux vers de Saint-Evremond à la lettre duquel il répondait :

De ce faux air d'esprit que prend un libertin, Connoître avec le temps, comme nous la folie;

mais la Fontaine en dit un peu plus que lui dans son hommage au créateur. Nous avons mieux encore dans son Discours à Mme de la Sablière^ où il parle en vers si touchants des pensées qui conviendraient au déclin de sa vie et de sa crainte

1. Epitre à Mme la duchesse de Bouillon^ dans les OEuvres de Vahbé de Chaulîeu^ Paris, 1767, tome II, p. Sig.

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