‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 135 sur 153 · Lettre à Saint-Evremond^ du 18 décembre · texte numérisé non relu

Lettre à Saint-Evremond^ du 18 décembre

SUR LA FONTAINE. cxciii

d'attendre peut-être trop tard pour suivre les leçons de sa bienfaitrice et pour

S'acquitter des honneurs dus à l'Être suprême.

En pareille matière, où plus qu'en toute autre le mensonge serait bas, écartons le soupçon d'une amitié complaisante, ou d'une ambition académique, qui pouvait bien aller jusqu'à essayer de renoncer aux Contes, non jusqu'à une hypocrisie dont jamais homme ne fut plus incapable. Sans se faire, dans ce discours, meilleur qu'il n'était, il y montre que Mme de la Sablière l'a tout au moins amené à beaucoup réfléchir, et que peut-être un jour ses conseils et ses exemples porteront leurs fruits. Point de doute que cette amie ne se soit de plus en plus efforcée de l'acheminer où il avait peine à venir. De leur côté, Racine et Boileau ne purent manquer de tout faire pour l'attirer du même côté ; et lorsque Louis Racine dit : « Leurs sages instructions avoient beaucoup contribué à faire peu à peu naître en lui les grands sentiments de pénitence dont il fut pénétré les deux dernières années de sa vie', » c'est ce qu'on admet trop naturellement pour croire qu'il parlait seulement par conjecture. Ce n'est pas qu'il soit très-sûr de s'en rapporter à lui sur quelques points de détail. Il raconte que son père et Boileau allèrent voir la Fontaine au temps d'une grande maladie, qui paraît être celle de 1692, et que la femme qui le gardait leur dit de ne pas entrer, parce qu'd dormait. « Nous venions, lui répondirent-ils, pour l'exhorter à songer à sa conscience; il a de grandes fautes à se reprocher.... — Lui, Messieurs! il est simple comme un enfant. S'il a fait des fautes, c'est donc par bêtise plutôt que par malice-.» D'Olivet, qui rapporte le même mot de la garde-malade sous une forme plus piquante : « Hé ! ne le tourmentez pas tant, il est plus bête que méchant, » veut qu'il ait été adressé à l'abbé Pouget, et c'est le plus vraisemblable, celui-ci même l'aj^ant ainsi conté'. Louis Racine a écrit dix-huit ans après d'Oli-

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