‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 136 sur 153 · Histoire de P Académie^ p. 33o · texte numérisé non relu

Histoire de P Académie^ p. 33o

La Fontaine, i m

cxciv NOTICE BIOGRAPHIQUE

vet * ; et dans ce qu'il a dit de la Fontaine, il n'a fait parfois que le re'péter*. En même temps cependant, il a ses anecdotes puisées ailleurs. En voici une, qui est jolie, trop jolie même pour qu'on ne s'en défie pas comme d'une légende : « Il fit.... venir un confesseur, qui l'exhortant à des prières et à des aumônes : « Pour des aumônes, dit la Fontaine, je n'en puis « faire, je n'ai rien; mais on fait une nouvelle édition de mes « Contes, et le libraire m'en doit donner cent exemplaires. « Je vous les donne, vous les ferez vendre pour les pauvres. » Dom Jérôme', le célèbre prédicateur, qui m'a raconté ce fait, m'a assuré que le confesseur, presque aussi simple que son pénitent, étoit venu le consulter pour savoir s'il pouvoit recevoir cette aumône *. » Voilà un confesseur qui ressemble bien peu au jeune vicaire de Saint-Roch. Aussi, pour se mettre en règle avec la vraisemblance, Walckenaer suppose' qu'il s'agit d'un bon religieux amené par les deux poètes avant la visite de l'abbé Pouget ; mais il faudrait tenir pour inexact le récit de celui-ci, s'il n'avait pas le premier obtenu le consentement de la Fontaine à une confession.

Mme de la Sablière ne fut pas du nombre des amis qui se trouvèrent près de la Fontaine lorsqu'il reçut le sacrement administré aux mourants. Avant ce jour, dont les consolations religieuses avaient été souhaitées par elle et préparées par ses conseils, elle était morte, le 6 janvier 1698, non pas, comme on l'a dit, aux Incurables de la rue de Sèvres, mais dans une maison de la rue aux Vaches, qui était au quartier du Luxembourg^. La perte d'une si chère protectrice était

1. \j Histoire de P Académie est de 1729; les Réflexions sur la poésie et les Mémoires, de 1747-

2. Par exemple dans cette phrase presque semblable à celle que nous avons citée plus haut : « Il étoit bien éloigné de l'esprit d'impiété ; mais.... il étoit tombé pour la religion dans la même indolence que pour tout le reste. » (Note des Réflexions sur la poésie^ citée ci-dessus, p. cxciii.)

3. Claude Jofrain, de l'ordre de Saint-François, né en lôSg, mort en 172t.

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