‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 27 sur 153 · XXXII NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XXXII NOTICE BIOGRAPHIQUE

lo novembre 1647 '• '^ ^^ ressort que les deux époux, si l'on a égard à la valeur de l'argent à cette époque, allaient être, comme on disait alors, très-accommodés . Guillaume Héricart, aïeul de Marie, lui donnait, en avancement d'hoirie, vingt mille livres, moitié en argent comptant, moitié en héritages* ou en rentes. Elle recevait de sa mère, Agnès Petit % dix mille livres en héritages. De ces trente mille livres, dix mille entraient dans la communauté ; le reste devait demeurer en propre à la future épouse et aux siens. La Fontaine apportait les biens qui lui venaient de sa mère, qu'il avait alors perdue. Son père lui donnait une somme de dix mille livres, dont cinq mille entraient dans la communauté; en outre, il lui transmettait l'office de maître des eaux et forêts. On a cru voir dans quelques-unes des clauses de ce contrat des indices de la médiocre confiance que la Fontaine aurait inspirée dès lors en son aptitude à administrer sa fortune avec prévoyance et économie. Contre les erreurs poétiques de sa gestion des précautions semblaient être prises. Elles n'étaient pas inutiles et ne suffirent même point pour lui épargner des embarras, qui ne pesèrent pas trop, il est vrai, à son insouciance.

Notre poète, il l'a dit lui-même, était « chose légère*. » Ce que devint son ménage, oij il n'y eut rien qui ait ressemblé à une véritable union, on le sait, ou, du moins, à peu près; car il n'est point aisé de bien connaître l'étendue et les

1. Le notaire de la Ferté-Milon qui a dresse ce contrat était Thierry François. M, Médéric Lecomte a trouvé, en i858, ce contrat, déjà signalé par Walckenaer, et en a communiqué un fac-similé à la Société archéologique de Soissons : voyez le Bulletin de cette société, tome XIII (année iSSg), p. 41 ^^ ^^- C'est de là que nous avons tiré les détails que nous allons donner. — Il semble que le mariage a dû être célébré à la Ferté-Milon; mais on a en vain cherché l'acte sur les registres des églises de cette ville. On ne l'a pas trouvé non plus sur ceux de Château-Thierry; ils n'ont qu'un très-petit nombre d'actes de mariage au dix-septième siècle; ceux de 1647 et de 1648 manquent.

2. C'est-à-dire en immeubles réels, soit terres, soit maisons.

3. Agnès Petit, devenue veuve peu après le mariage de sa fille, vint habiter avec elle Château-Thierry.

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