‹ Notice biographique sur La FontaineChapitre 29 sur 153 · XXXIV NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

XXXIV NOTICE BIOGRAPHIQUE

méchante diablesse du conte. Elle était, tout au contraire, «du caractère le plus doux, le plus complaisant et le plus liant. » Quoique ses descendants, qui ont ainsi parlé d'elle', soient des panégyristes suspects, on verra tout à l'heure combien il est probable qu'ils ont été plus près de la vérité que d'Olivet.

Qu'elle n'ait pas été à l'abri des conjectures de la malignité et des entreprises des galants, quoi d'étonnant, lorsqu'elle y était si exposée par les écarts, fort peu dissimulés, de son mari, et par l'abandon imprudent où, de bonne heure, il laissa une jeune femme? On a un exemple de ces mauvais bruits et de ces périls (car pourquoi penser que ce ne furent pas seulement des périls?) dans une anecdote recueillie par d'Olivet*, et que le grave Louis Racine certifie « très-véritable, n la tenant vraisemblablement de Boileau. Elle peint s parfaitement la Fontaine qu'il faut, bien que très-connue, la citer d'après les Mémoires sur la vie de Jean Racine^ : « M. Poignan, ancien capitaine de dragons, étoit de la Ferté-

Milon, et ami de mon père dès l'enfance* Voici comme

j'ai entendu raconter l'affaire singulière qu'eut avec lui la Fontaine. Quelqu'un s'avise de lui demander pourquoi il souffre que M. Poignan aille chez lui tous les jours : « Eh! pource quoi, dit la Fontaine, n'y viendroit-il pas ? C'est mon meil- « leur ami. — Ce n'est pas, répond-on, ce que dit le public : « on prétend qu'il ne va chez toi que pour Mme de la Fonce taine. — Le public a tort, reprend-il ; mais que faut-il ce que je fasse à cela ? » On lui fait entendre qu'il faut deman-

1. Voyez la lettre insérée dans les Mémoires de Trévoux^ juillet 1755, p. 1718.

a. Histoire de V Académie^ p. 3 19 et 3 20.

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