XL NOTICE BIOGRAPHIQUE
hommes. La Fontaine, dans une lettre écrite de Château- Thierry à son oncle Jannart', pour le prier, comme substitut du procureur général, d'interpréter les lois en faveur d'une dame de Pont-de-Bourg, lui disait : « Vous en aurez des remerciements de l'académie, » c'est-à-dire, si nous ne nous trompons, de Mlle de la Fontaine, peut-être aussi de la solliciteuse. N'est-il pas probable qu'elles en étaient toutes deux? Ces dames n'y lisaient-elles pas quelques petites nouvelles, ou même, qui sait? quelques vers, fruits de leurs loisirs?
Nous ne trouvons, en vérité, entre la Fontaine et sa femme, aucune incompatibilité apparente de caractère ni de goûts, trop de ressemblance, au contraire, sur bien des points. Quoi qu'il en soit, ils s'ennuyèrent vite l'un de l'autre, et le lien fut fragile, n'ayant jamais été resserré par des sentiments assez sérieux ; mais une vraie discorde, nous ne la voyons guère. Les lettres de i663, tout à l'heure citées, la démentiraient ; celle de 1662, écrite par Racine, ne la suppose pas davantage. Leurs dates méritent attention, parce qu'elles sont postérieures à celle de la lettre adressée le i'""' février ifiSg à Jannart, où la Fontaine lui parle de la séparation qui venait d'avoir lieu. Ce n'était pas, selon lui, un événement qu'il fût besoin déjuger très-grave: « Notre séparation peut avoir fait quelque bruit à la Ferté, mais elle n'en a pas fait beaucoup à Château-Thierry, et personne n'a cru que cela fût nécessaire. » Il ne faudrait pas se faire une idée fausse de cette séparation, ni songer à celle que l'on appelait alors ^habitation. Celle-ci n'eût été possible que s'ils avaient voulu entrer, chacun de son côté, dans un monastère, ce dont ils n'avaient pas envie, ou si le juge l'avait prononcée contre eux comme une peine : ils n'étaient pas dans ce cas. Il n'y eut donc qu'une séparation de biens*. On l'avait sans doute conseillée à Marie Héricart, son mari étant en train de manger « le fonds avec le revenu : y> c'est lui-même qui s'impute le tort de cette déplorable administration dans la fameuse épitaphe qu'il composa en ce temps-là même, très-