VI NOTICE BIOGRAPHIQUE
ment à Charles de la Fontaine et à son fils ? Ce que nous savons, c'est qu'il causa à notre poète un chagrin, que, pour sa part, il était bien incapable de s'être volontairement attiré. Peu de temps après l'ordonnance du 8 février 1661 contre les faux nobles, les traitants découvrirent qu'il avait été qualifié d'écuyer dans deux contrats et le firent condamner, pour usurpation de titre, à une amende de deux mille livres. Cette malheureuse écurie (c'est son expression*) le ruinait. Dans une jolie épître en vers, il supplia le duc de Bouillon de solliciter la remise de la peine. Il avait signé, sans les lire, les deux maudits contrats :
La cour, Seigneur, eût pu considérer Que j'ai toujours été compris aux tailles, Qu'en nul partage, ou contrat d'épousailles, En jugements intitulés de moi,
Je n'ai voulu passer pour gentilhomme*.
Il n'était certes pas un escroqueur de titres,
Lui le moins fier, lui le moins vain des hommes,
Qui n'a jamais prétendu s'appuyer
Du vain honneur de ce mot d'écuyer,
Qui rit de ceux qui veulent le parêtre.
Qui ne l'est point, qui n'a point voulu l'être s.
C'est donc lui-même qui passe condamnation sur sa noblesse, ne regrettant que de payer l'amende. Nous prendrions avec la même facilité notre parti de l'en croire. Toutefois, au siècle suivant, sa famille protestait, disant qu'il était réellement gentilhomme d'extraction, et que sa paresse seule l'avait empêché de rassembler et de produire ses titres, au temps de la recherche des nobles par la généralité de Soissons *. Peut-être
1. Épître^ M. le duc de Bouillon^ vers aS. — Voyez le Dictionnaire de Littré, à l'article Ecurie. — Le mot est employé dans la scène que nous citons ci-après de la comédie de Claveret.