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SUR LA FONTAINE. xcr
ceux-ci d'une insolence qui no s'attaquait plus seulement au forestier. Conune tel, la Fontaine, avec quel([ue vivacité qu'il ertt rendu coup pour coup, n'avait pas dil se sentir prolondëment blessé, n'ayant pas la prétention, comme Sganarclle, d'être le premier homme du monde pour faire des fagots, ni pour les surveiller.
Ce n'est ni au Luxembourg, où sa charge à remplir et sa cour à faire ne l'obligeaient sans doute pas à beaucoup d'assiduité, ni à Château-ïhierry, dans l'exercice peu diligent de sa juridiction forestière, qu'il faut longtemps le chercher. On l'aurait, à l'époque dont il s'agit, plus souvent trouvé avec les grands poètes, ses amis. Nous sommes, en effet, au temps où l'on place d'ordinaire, sans qu'il y ait, ce semble, d'erreur à craindre, ces agréables réunions qu'il a si bien célébrées lui-même, au début de ses Amours de Psyché. De si brillants esprits auraient formé, comme il l'a dit, une petite Académie, « si leur nombre eût été plus grand, et qu'ils eussent autant regardé les Muses que le plaisir. » Mais ils avaient soin de bannir de leurs entretiens « tout ce qui sent sa conférence académique. >> Ce n'est pas qu'on ne voie dans le récit de la Fontaine qu'ils avaient bien quelques regards pour les Muses. Tout d'ailleurs dans les conversations que le conteur prête aux quatre amis ne doit pas avoir l'exactitude d'un procès-verbal. Le roman y a sa part, et il s'y mêle peut-être quelque imitation des dialogues de Platon. C'est dans le ton seulement des aimables propos et dans le caractère donné aux interlocuteurs qu'il doit y avoir un souvenir fidèle. Un passage du Parnasse frcmçois de Titon du Tillet peut servir de commentaire à la demi-fiction de la Fontaine. « Il étoit, dit-il \ intime ami, non-seulement de Molière, mais encore de Racine et de Despréaux.... Despréaux loua, pendant quelques années, un appartement particulier, à Paris, rue du Colombier, au faubourg Saint-Germain, où s'assembloient, deux ou trois fois la semaine, ces quatre excellents hommes, ce qui cessa par un froid qu'il y eut entre Molière et Racine. >> Si ces dernières paroles sont exactes, elles indiquent la date qu'il ne faut pas
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xcii NOTICE BIOGRAPHIQUE
dépasser, la brouille de Racine et de Molière étant du mois de décembre i665, quand \' Alexandre fut joué à l'Hôtel de Bourgogne. Ce serait donc un peu avant cette brouille qu'auraient eu lieu les réunions de la rue du Colombier. Pour celles des quatre amis que rassembla la lecture de Psyché, la Fontaine marque à peu près le même temps; car, lorsqu'ils sont ensemble à Versailles, pour entendre le récit, ils vont voir le salon et la galerie qui avaient servi aux Plaisirs de Vite enchantée; et la remarque' qu'ils étaient encore debout semble faire entendre que cette fête du 7 mai 1664 était alors récente. D'un autre côté cependant, Gélaste, dès le premier entretien, parle des représentations d! Andromaque^ qui sont de 1667. Mais la Fontaine (nous l'apprenons de lui au commencement du livre I" de Psyché) travailla longtemps à son roman, et il dut successivement y ajouter bien des traits, ce qui a introduit quelque trouble dans la chronologie.
Les noms de deux des amis qu'il met en scène avec luimême ne sont pas contestés : Acante est Racine, Ariste est Boileau, aussi certainement que la Fontaine est Polyphile. Que Gélaste soit Molière, comme aucuns l'ont dit*, on ne le veut pas ; on fait observer que, dans ses paradoxes, il y a des plaisanteries un peu triviales, et qu'il se fait justement accuser par Ariste d'être le })lus frivole avocat de la Comédie qu'on ait vu depuis longtemps. Est-ce bien là le rôle que la Fontaine aurait voulu donner à Molière? Gélaste serait donc plutôt Chapelle, dont la familiarité avec nos illustres poètes est bien connue, et qui fut certainement un cinquième ami au bon temps de la rue du Colombier et des joyeux repas dans les célèbres cabarets. Il est difficile de ne pas se rendre aux très-fortes raisons dont cette opinion a été ap|)uyée'. Mais que l'on a de peine à ne plus trouver Mohère dans la société