Voyez ci-dessus, p. lxviii et lxix
La Fontaine, i h
cxiY NOTICE BIOGRAPHIQUE
de corrompre les bonnes mœurs et d'inspirer le libertinage *. » Voit-on cependant que la Fontaine y ait cessé d'être V admirable enveloppeur qu'il paraissait à Bussy ' ? Il n'est pas trèsclair pour nous que ces contes de la quatrième partie aient rien de plus licencieux que les préce'dents, publiés avec privilège du Roi. La censure des livres, aujourd'hui taupe, demain lynx, a souvent eu de ces caprices, de ces intermittences de vue perçante et de cécité. Pour faire ouvrir les yeux qu'on avait longtemps fermés, les réclamations de quelques personnes scandalisées avaient sans doute suffi. La sentence de la Reynie n'empêcha pas une nouvelle impression des mêmes contes l'année suivante (1676); cette fois, elle était supposée venir d'Amsterdam.
Moins rigoristes que la Reynie, les amis du plaisir dont la Fontaine était entouré chez M. de la Sablièi'e et chez la duchesse de Bouillon durent lui demander souvent de continuer ses contes. Ce n'était pas chez la Champmeslé qu'on devait le moins l'y encourager. La galante comédienne, si l'on en croyait Furetière, l'aurait même aidé à les répandre : « Il n'en a pu, dit-il ', infecter le pubUc que par l'entremise d'une comédienne, qui a été la digne commissionnaire pour faire le débit de celte marchandise de contrebande. » Notre poète était trèsassidu dans la maison de la Champmeslé, comme le témoigne une lettre qu'il lui écrivait de Château-Thierry, en 1676 *. Cette année est celle de la vente de sa maison natale ^ Ses affaires l'ennuyaient. « C'est chose de dégoût, disait-il dans son billet, que compte, vente, arrérages; parler votre langage est mieux mon fait. » Et même, « bois, champs, ruisseaux et Nymphes des prés » ne le touchaient plus guère. Il était en
I. Cette sentence a été imprimée à la page 543 du tome I" du Nouveau recueil des factums de Furetière (1694) et aux pages 124ia6 du tome II.
a. Lettre de Bussy à F abbé de Furetière^ 4 ^aal 1686, tome VII des Lettres de Mme de Se'vigné, p. 5o5.