Voyez ci-dessus, p. it-t et note 3 de la page it
SUR LA FONTAINE. cxv
proie à I;i mélancolie loin de Paris, ou plutôt, prétendait-il, loin d'elle. Cette gaie compagnie, (|n'il regrettait tant, Mme de Sévigné eu a parlé*, mais dans lui temps plus ancien de quelques années, lorsque, chez la dhampmcsh', il y avait et les Racine et les Despréaux. Plus de Despréaux, vraisemblablement, en 1676 : des passages de son Art poétique j publié en 167/1, nous le montrent devenu moraliste austère. Mais l'amoureux Racine ne s'était pas encore éloigné; la Fare, si cher à Mme de la Sablière, venait se consoler, près de la comédienne, des disgrâces de la bassette; et c'étaient toujours sans doute les mêmes « souj)ers délicieux, c'est-à-dire des diableries '. » Après la réforme de Racine, tout alla du même train, si ce n'est que M. de Tonnerre avait succédé à l'auteur à' Jndromaque. Demeuré le dernier des trois poètes amis, la Fontaine était toujours là, ne se fjîchant pas des niches et des brocards du nouvel amant favorisé. C'est ce qu'il nous apprend lui-même dans une autre lettre écrite, en 1678, à la Champmeslé, et pleine également de douceurs. La Fare y est nommé comme un des habitués de la joyeuse maison, qui lui était devenue nécessaire pour charmer ses ennuis. La Fontaine dédia, mais un peu plus tard, à la Champmeslé, son conte de Belphégor^ dans des vers qui ne sont pas entre les moins charmants qu'il ait écrits. Elle n'eut jamais de Racine pareil hommage poétique, destiné à faire franchir à son los la nuit des temps. Il aurait eu cependant pour célébrer ses attraits quelques raisons que n'avait pas tout à fait la Fontaine. C'est celui-ci même qui loyalement fait taire ainsi les indiscrètes C(mjectures :
De mes Phills vous seriez la première, Vous auriez eu mon âme toute entière, Si de mes vœux j'eusse plus présumé :
Mais en aimant, qui ne veut être aimé ?
Je me suis dit seulement votre ami, De ceux qui sont amants plus qu'à demi. Et plût au sort que j'eusse pu mieux faire ^ !
I. Lettre à Mme de Qrignan, du i" avril 1671, tome II, p. iSj,