Histoire de V Académie^ p. 3o et Si
3. Il y en avait réellement trois, le scrutin par billets, les deuxscrutins par ballottes. D'Olivet ne compte que ceux-ci.
cxxvi NOTICE BIOGRAPHIQUE
son agrément pour l'élection faite par la Compagnie, il répondit : « Je sais qu'il y a eu du bruit et de la cabale dans l'Académie. » Doujat assura que tout s'était passé dans les formes; mais le Roi coupa court, en disant : « Je ne suis pas encore déterminé; je ferai savoir mes intentions à l'Académie*. » Tout demeura donc en suspens.
Le pauvre la Fontaine était bien embarrassé de ses Contes. Il avait, au témoignage de Charles Perrault*, écrit avant l'élection, à un prélat académicien, qu'il les regrettait et n'y reviendrait plus. Quand il connut le déplaisir persistant du Roi, il tenta de se le rendre plus favorable. Il fit une ballade' où il vanta en beaux vers les grandes actions de son règne et dont le refrain était :
L'événement n'en peut être qu'heureux.
Voici quel en fut V Envoi ^ que Mme de Thianges se chargea de commenter en le lisant au Roi :
Cedoux penser, depuis un mois ou deux, Console un peu mes Muses inquiètes.
Quelques esprits ont blâmé certains jeux, Certains récits qui ne sont que sornettes. Si je défère aux leçons qu'ils m'ont faites, Que veut-on plus? Soyez moins rigoureux, Plus indulgent, plus favorable qu'eux ; Prince, en un mot, soyez ce que vous êtes. L'événement n'en peut être qu'heureux.
Pour qu'il le devînt, pour que J^ouis XIV fût désarmé, il fallut l'élection de Boileau. L'académicien Bezons étant mort le 12 mars i68/i, il y eut un nouveau fauteuil à donner. Au premier scrutin, qui eut lieu le i5 avril, pour l'élection de Boileau, celui-ci obtint l'unanimité des suffrages, unanimité vraiment royale. Le 20, on rendit compte du vote à Louis XIV, qui déclara que « ce choix lui étoit très-agréable et seroit généralement approuvé. Vous pouvez, ajouta-t-il, recevoir inces-