La Gazette de Tendre, p. Ik
2. Le château de Fresnes, dans la Brie, à deux lieues de Pomponne. II appartint ensuite au duc de Nevers, puis au chancelier d'Aguesseau.
3. Dans la lettre du 21 juin 1P80, M™"^ de Sévigné parle d'une fausse lettre que lui avaient envoyée ses femmes de chambre, et qui avait si parfaitement réussi « qu'elles en ont été effrayées, comme nous le fûmes une fois à Fi'esnes, pour une fausseté que cette bonne Scudéry avoit prise trop àprement. »
k. Voy. le Journal de Paris, 1787, p. 1169.
5. Lebeuf, Histoire dudiocése de Paris, t. XII, p. 120, 121. — Dulaure, Environs de Paris, 1790, p. 14. — Delort, Mes voyages aux environs de Paris, t. II, p. lk\.
Suivant ]\I. Cousin, La Société française au dix-septième siècle, t. II, p. SCé, les deux habitations n'en faisaient qu'une, ou plutôt n'étaient l'une et l'autre qu'un démembrement de l'ancien fief des d'Oysonville, des Viole et des Thibault de la Brousse.
maison où le duc de Roquelaure avait passé les dernières années de sa vie, et qui appartenait en 1787 à la duchesse de Cliâtillon^ on voyait encore, à cette dernière époque, un monument élevé à la chienne favorite de ce seigneur, avec l'inscription suivante attribuée à M"*' de Scudéry :
Gi-git la célèbre Badine Qui n'eut ni beauté ni bonté, Mais dont l'esprit a démonté Le système de la machine*.
Cependant l'âge n'avait pas arrêté la plume de M"* de Scudéry ; il avait seulement donné une forme plus sévère à ses compositions. A l'ère des romans avait succédé celle des Conversations morales qui parurent de 1680 à 1602'. Sans croire, ainsi que l'assure le rigide Arnauld, qu'elle avait « un vrai repentir de ce qu'elle avoit fait autrefois » , et que, comme Gomberville, « elle eût voulu effacer ses romans de ses larmes » ' , on peut dire que, tout en conservant à la plupart de ces nouvelles compositions le cadre antique, les noms grecs, romains, africains et la forme des entretiens
1. « La plus petite guenon, a dit ailleurs M""= de Scudéry, détruit par son industrie et son intelligence toutes les doctrines de Descartes. »
2. Conversations sur divers sujets. Paris, 1680,2 vol. in-12. — Coiicersations nouvelles, eic. Paris. 168i, et Amsterdam, 1685, 2 vol. in-12.— Conversations tnorale<, Paris, 16S6, 2vol. in-12.
— Nouvelles conversations de morale, Paris, 1688, 2 vol. in-12.
— Entreliens de momie, 1692, 2 vol. in-12.
3. Lettre à Perrault, du 5 mai 16% au sujet de la di.xième satire de Boiieau.
insérés dans ses romans \ elle entend cependant les dégager des aventures purement romanesques, leur donner une allure plus décidément morale, en faire, comme pn l'a dit, le bréviaire des honnêtes gens appelés à vivre dans le grand monde, caractère que n'hésitaient pas à leur reconnaître des femmes telles que M™"* de Sévigné et de IMaintenon, des prélats tels que Mascaron et Flécliier*, et que M. Cousin a résumé de nos jours en disant « qu'on pouvait offrir à une jeune femme ces dix volumes de Conversaliom, comme une suite de sermons laïques en quelque sorte, une véri-
1. C'est ainsi que, dans le volume de 1680, chapitre De la raillerie, voulant raconter un petit voj^age qu'elle fait avec quelques amis et amies pour voir la mer, elle déclare « que la relation en sera moins ennuyeuse sous des noms supposés que sous les véritables ».
2. M™e de Sévigné les recommandait à son fils, en disant : « Il est impossible que cela ne soit bon, quand cela n'est point noyé dans son grand roman. » Lettres des 25 septembre 1680 et 11 septembre 1684. Elle y revient encore dans une lettre de 1688. Édition Hachette, t. VIII, p. 371.
« Il n'y a point de si belle morale que celle que vous y prêchez, et étant détachée, comme elle est, des aventures amoureuses qui pourroient éveiller les passions, elle doit être entre les mains de tous les jeunes gens. La Cour ne seroiL remplie que d'honnêtes gens si on la prenoit pour règle, et je vous assure. Mademoiselle, que ce devroit être le bréviaire de ceux qui doivent vivre dans le grand monde. » Mascaron à M'^e de Scudéry, Agen, 6 janvier 1681.
« Tout est si raisonnable, si poli, si moral et si instructif dans les deux volumes que vous m'avez fait la grâce de m'envoyer, qu'il me prend quelquefois envie d'en distribuer dans mon diocèse pour édifier les gens de bien et pour donner un bon modèle de morale à ceux qui la prêchent, « Fléchier, à la même, 26 décembre 1685.
table école de morale séculière, tirée de l'expérience de la meilleure compagnie'. )^
Les Conversations étaient devenues un genre de littérature à la mode, depuis que l'hôtel de Rambouillet et les Précieuses, grâce aux progrès du confort et au rapprochement régulier des deux sexes, avaient créé ce nouvel élément de la vie sociale, inconnu au siècle précédent. De même que les Portraits chez Mademoiselle, les Caractères à l'hôtel de Gondé, les Maximes chez M"'' de Sablé% les Conversations éi'àïenl en faveur dans les salons modestes de M"' de Scudéry et de M'^^Scarron. Saint-Évremond et le chevalier de Méré en avaient fait le sujet de compositions littéraires. Il appartenait à la reine des Samedis de donner en même temps le précepte et l'exemple'. C'est ce qu'elle fit dans son chapitre De la conversation ^ p. 16 du volume de 1680. Elle pose en principe qu'il y faut le concours des deux sexes, suivant sur ce point l'opinion du chevalier de Méré, qui avait été à son heure, dit Sainte-Beuve, un maître
1. La Société française au dix-septième siècle^ t. I^"", p. \k.