‹ Notice biographique sur RabelaisChapitre 51 sur 59 · Vertron, La Xouvelle Pandore, t. I""", p · texte numérisé non relu

Vertron, La Xouvelle Pandore, t. I""", p

2. Le Gouz, Supplément manuscrit au Menagiana^ cité par l'abbé Jolly, Remarques sur le Dictionnaire de Bayle, t. II, p. 605.

nous avons pu en recueillir, soit dans celle qui ne nous est connue que par des fragments ou des indications, nous la montre en rapport avec ce que la France et l'étranger renfermaient de plus distingué. On a vu^ dit son panégyriste^, avec une pointe d'exagération que le genre comporte, a des souverains ne recommander autre chose aux princes, leurs enfants, qui venoient en Fjance, que de ne point retourner auprès d'eux sans avoir vu M"" de Scudéry » \

Elle disait à l'abbé Boisot : « Je ne rejette que les louanges de mon esprit, et j'accepte hardiment celles qui s'adressent à mon cœur et à mon amitié, w Elle lui écrivait aussi, au sujet d'un service rendu à un ami : « Je renferme tout cela dans mon cœur ou rien ne se perd jamais. « Il était d'elle encore ce mot qui avait frappé sa digne amie. M"'" de Sévigné : « La vraie mesure du mérite doit se prendre sur la capacité que l'on a d'aimer*. » Aussi Ménage, lui dédiant l'édition des œuvres d'un ami commun, écrivait : « Si j'ai de l'estimcet de l'admiration pour les qualités de votre esprit, j'ai du respect et de la vénération pour celles de votre âme, pour votre bonté, pour votre douceur, pour votre tendresse, pour votre générosité, pour votre candeur, et surtout pour cette incomparable modestie

l.Bosquillon, Éloge de Af"« de Scudéry. Journal des Savants, juillet 1701.

2. Lettre de M™« de Sévigné, du 12 octobre 1678, édition Haciielte, t. V, p. 490.

SUR MADEMOISELLE DE SCUDÉaY. 123

qui au lieu de cacher votre mérite, le fait éclater davantage \ »

S'il est vrai, comme l'a dit une de nos muses contemporaines,

Que louer la vertu, c'est lui désobéir,

il semble qu'ici Ménage désobéissait beaucoup à M"* de Scudéry.

Un auteur que nous avons déjà cité, de Vaumorière, consignait également, dans la dédicace d'une INouvelle historique, l'éloge chaleureux de la modestie et du mérite de M"" de Scudéry. Rappelant le fait cité plus haut de la traduction en arabe d\m de ses romans, il ajoutait : « Pardonnez moi, s'il vous plaît, Mademoiselle, cette particularité qui n'est pas de votre goût, et permettez moi d'en dire une autre dont je suis incomparablement plus touché. C'est que vous êtes la plus généreuse, la plus ardente et la plus fidèle Amie qui fut jamais, et que votre cœur est peut-être audessus de ce grand esprit que toute la terre admire \ » 3Ia bonne amie, ainsi l'appelaient naïvement quelques-uns de ses intimes, hommes et femmes', et elle fut en effet par excellence « une bonne amie », comme elle n'hésitait pas à le dire d'elle-même. Agréée par les plus austères, cette

1 . Ménage, Épître à iW"« de Scudéry, en tête des Œuvres de Sarasin, 1654, in-4°.

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