XIV
Au Musée de Rouen est conservée la tessère d'un des 6,000 juges, ou plutôt jurés, annuellement élus dans TÂltique et répartis entre les dix cours judiciaires ou tribunaux. C'est une mince lablette quadrangulaire en bronze» d'environ 124 mill. de longueur sur 25 mill. de largeur, qui a été trouvée dans un tombeau près d'Albènes, et sur laquelle est gravée l'inscription dont je reproduis le dispositif :
BANTIXAPMOi:
— [tou Stxatmipiou] B. 'Avri'xapjjwç Aa[X7c(Tp£uç) . Je traduis ainsi : (f Tribunal B. Anticharmos, natif de Lamptra ». — Lamptra était un dème, ou bourgade située non loin d'Athènes.
Cette tessère a élé publiée dans le Corpus (n** 209) d'après la description donnée par Fauvel dans le Magasin Encyclopédique de l'an Xll (1807), tome III, p. 137. Je n'aurais donc pas à m'en occuper; mais Boeckh a sans doute ignoré ce qu'était devenu ce petit monument, car il a omis de dire où il était passé-, et d'autre part le Catalogue du Musée d'Anti^ quilés de Rouen (édition 1868, p. 69) mentionne l'inscription sans en reproduire le texte, ni renvoyer aux auteurs qui l'ont publié (1). Il me parait donc utile de raccorder cette mention
(i) J'aurai fait Téloge de ce catalogue en rappelant que M. Tabbé Cochet en est l'auteur. Le savant archéologue normand, infornié que Je vais livrer à l'impression ma notice sur la tessère d'Anticharmos, me communique, avec
sommaire avec Tarticle da Corpus^ afin d'empêcher ane méprise possible sur ridenlité de l'objet décrit de part et d'autre. J'ai d'ailleurs un autre motif. L'interprétation donnée par Boeckb pour la lettre isolée B, « curiae secundae », ne me parait pas compatible avec le teste du scboliaste d'Aristophane, au vers 277 du Plutus (1). En effet, ce commentateur nous apprend que chacun des dix tribunaux était désigné par l'une des lettres A, B, F, A, E, Z, H, 6, I, K, considérées comme dénominations alphabétiques, et non comme marques numérales, puisque Yépisèmon Fau représentant le nombre 6 est exclu de cette liste. D'ailleurs, les termes dont il se sert sont très-formellement explicites :
xai ÊJcacTov Si toutwv (se, SocaffTyjpiwv) et)^ev ?v Tt twv orot^^eiuiv ItStxov 8vo{xa' oTov ^v Ti TÎov StxaoTy)p{oiv Xr/OfAevov aX«pa, 6{aoi(i>ç q&Xo ^^Ta, dc^o
sa bienveillance habitaelle, une intéressante brochare de H. A. Tongard, Note sur quelques monuments grecs du Musée départemental d* Antiquités de Rouent dans laquelle Fauteur décrit et commente la destination de cette tessère. Le teite esl illustré d'une gravure sur bois, en sorte que Je suis dispensé d'en publier un fae-simile. Le lecteur fera également bien de se reporter à un article de M. A. Dumont, inséré dans la Revue Archéologique ^ t. XVII, 1S68, sous le titre de : Lettre à Jf. Egger sur quelques tablettes du tribunal des Héliastes, Voir enfin dans le Bull, de la Soc. des Ant. de France, séance du 10 déc. 1873, p. 17.7, une note du même auteur sur une nouvelle tesscre des Héliastes, où l'on trouvera d'utiles indications bibliographiques sur le même sujet : Bull, de VÈcole éT Athènes^ août 1868, p. 27 ; Vidal -Labfache, ibid., p. 51 ; Viscber, Archaeologische Beitrage; Janssen, Musée de Leyde; Ross, sur les Démes et les Symboles. Après avoir pris connaissance de ces mémoires, Je crois pouvoir laisser encore subsister mon travail tel que Je l'avais rédigé.
(1) Par une plaisante allusion à l'usage athénien de tirer au sort les Juges parmi les citoyens des dix tribus, Aristophane fait dire à l'un de ses personnages : « La lettre que tu as tirée au sort te désigne pour aller Juger dans le cercueil; et tu ne pars pas? Garon va te donner ton insigne (c'est-à-dire, ton sceptre judiciaire), n
La lettre dont il s'agit ici est sans doute le 6, initiale du mot ôavoctixrrsov que le Juge écrivait sur sa tablette de vote quand il prononçait la peine capitale.
Ya|i.{xa, xai 11%^, to S xal to e xai &/ro>ç, sW 'tou x. Bsxol Y^p ^v Sixaon^pta xi iravTa sv 'Aôijvaiç, xal irpb ôupwv Sa IxaTcou SixaffTTjpCou ^erfv^çoL'KXO ?cuppa) Pa[jL[jLaTt TO OTor^Eiov toTivt TO SixaoTî^ptov J>vo[jt.a^£TO. fooi Se SixaoTal ^cotv Iv 'Adî^vaiç StotoToç xaô'sxacTTOv StxaomQpiov eTj^e SiXTov (tout' Ion mvaxtovy £v S £YYeY?*[*[*^^®^ ^^ "^^ ovo[i.a àuTou xal tou SixaoTYipiou), CtC.
Il résulte de Ik que les tribunaux n'étaient pas numérolés, comme le ferait supposer l'interprétation donnée par Boeckh h la tessère d'Anticharmos, mais que chacun d'eux portait le nom d'une des dix premières lettres de l'alphabet. C'est ainsi que les grammairiens grecs intitulaient les livres de Ylliàde et de YOJyssée^ ^ d[).<pa fa];wS{a, ^ pîîTa faj/coSta, etc, ce qui veut dire chant A^ chant /?, etc., et non chant premier^ chant deuxième.
Cette particularité intéressante, se rattachant sans doute k l'organisation judiciaire elle-même, peut renfermer un élément chronologique utile pour l'histoire de cette institution, puisque celle-ci ne saurait être antérieure a l'introduction des lettres Z, H et dans l'alphabet attique. Or, ces lettres, ainsi que le S, étaient en usage dès le temps des guerres persiques.
On remarquera enfin que l'inscription de notre tessère répond de point en point k la description du deltos ou tablette judiciaire, telle que nous la tenons du scholiaste. Le sens éty* mologique ne peut faire aucune difficulté^ car le mot SeXtoç ou SeXtiov, après avoir signifié en principe tablette triangulaire, a fini par être appliqué k une tablette de forme quelconque, quadrangulaire, par exemple, comme celle d'Anticharmos, ou
tout autre œu'jl^oXov Stxa^Tixov.
§XV. (Fiff. H.)
Sous une vitrine du Musée du Louvre on voit un fragment de poterie en terre rouge, dite samienne, dépourvu d'étiquette
-so -
ou de numéro de catalogue. Ce morceau est orné de feaiUages en relief au milieu desquels est tracé le gralliio
noïa€taipCû
Une fracture a emporté le commencement et la fîn de Finscription, dont la restitution ne laisse pas que de présenter quelques difficultés, car rien n'indique si le mot (piXeTatpa> est un nom propre ou un substantif commun ; il résulte de cette incertitude que le nombre des solutions plus ou moins admissibles reste indéterminé.
Dans rhypothèse d'un nom propre, la lettre N qui le précè,de peut être considérée comme la finale de la préposition n*N, ou de quelque participe passif neutre nCOAOTM€NON, AlAOMeNON, nenoiHMeNON, etc., en sorte que Ton aurait, soit le lambeau d'une phrase dont il faut se résigner à ignorer toute la teneur, ... oljv 0(XeTa(pa>, « avec Philétaire », soit une proposition complète, telle que (TcuXouixevojv, ou (^iSo(jl£vo]v, ou bien (?ceicotYi[jivo]v ^tXeTa(p(«), a veudu à, donné ^, fait pour Philétaire ».
Ce nom d'homme figure sur la liste des Athéniens de la tribu Ercchthéide tués dans la campagne de l'an 457 avant rèrc chrétienne (i). C'est aussi celui du fondateur du royaume de Pergame (an 283 av. J.-C.)- H est prouvé, par les monuments numismatiques, que les successeurs de ce prince adoptèrent son nom comme titre générique, à l'instar des rois d'Egypte, qui prenaient celui du premier Ptolémée. Ce fait intéressant a été mis en lumière par l'abbé Belley, dans une note communiquée au comte de Caylus (2). C'est donc à tort que la nouvelle édition du Thésaurus Linguae Graecae en attribue le mérite à Eckhel.
(1) Voyez le marbre de Nointel conservé au Musée du Louvre, et publié dans le Corpus sous le n^ 165.
(â) Recueil cTÀntiquUéSf tome II, page 233.
Si, au contraire, on se place dans Thypothèse d'un substantif commun, la lettre N appartient d'une manière presque certaine a Tarlicle TG)N, en sorte que Tinscriplion doit être
rétablie ainsi : ( tCi))N <WAeTAlP(0(N). Dans ce cas, elle
devait commencer par un ou plusieurs mots aujourd'hui absents, mais que Ton peut facilement imaginer, TOT KOINOT, ou A9A0N, ou encore ACJpon. La restitution complète serait alors (tou xotvou Tw)v «ptXsTaipwCv), « [propriété] de l'association des philétaires » \ ou bien (àôXov T03)y <ptXeTa(p(i)[v], « prix offert par les philétaires » -, ou enfin (Swpov twjv cp*X6Taipw(v), « offrande votive des philétaires ».
Je prévois dès k présent une objection que Ton serait tenté de me faire au sujet d'une association de philétaires, en arguant contre moi de l'impropriété de ce terme démontrée par Boeckb. On me pardonnera d'entrer ici dans quelques développements, mais ils sont nécessaires pour l'intelligence de la discussion. Un marbre épigrsiphiqtie de Cyzique, envoyé à la Bibliothèque du Roi et publié par Caylus avec la traduction et le commentaire de l'abbé Belley {opère cilalo), fait mention, à la ligne 15, des Philélairies^ ou fêtes célébrées en l'honneur du roi Philétaire. Malgré sa longueur, je crois devoir reproduire cette inscription in extenso^ avec les restitutions de Boeckb {Corpus, n^ 3660) :
rYMNASIAPXOYNTOS (tou Seîvoç) TOY API2T0A0X0Y EOHBAPX (ou) EBI An0AA04>AN0Y TOY AP (Kjrclvopou) OIAE EKaAEKPATHSAN E (v xoTç...) 5 ETAIPIÛN KOPPArOY TIMO0EO2 nOTAMÛNOS KAAAinniAHS APISTOrENCouç)
An0AA0AÛP02 API2T0( )
An0AA0AÛP02 ANAPON((xou) 10 HPAKAEOAÛPOi: HPAKA(e...)
APISTANAPOi; AnOAA(o<pavou) AIÛN IIPOMHeiaNOS A2KAHniAiiH2 MEIAIOT MHTP0AÛP02 AI0NY2I0T 15 KAI EN T0I2 OIAETAIPE0I2 AP12T0rE.\H2 API2T0KA(6...) APTEMÛN BAKXIOV AI0KAH2 MHNOAÛPOY
— « Élant gymnasiarque, trn tel, [fils] d'Aristolochos, éphébarque, sous Apollophancs, [fils] d*Aris(andros, les kolé-
krales (1) furent, pendant les : Élairion, [fils] de Kor-
ragos-, ïimolhéos, [fils] de Polamon-, Kallippidès, [fils] d'Arislogénès; Apollodoros, [fils] d'Aristo...-, Apollodoros, [fils] d*Andronikos; Hérakiéodoros, [fils] d'Hérakl...^ Aristandros, [fils] d'Apollophanès^ Dion, [fils] de Promélhion-, Askiépiadès, [fils] de Meidias-, Métrodoros, [fils] de Dionysios; et pendant les Philélairies : Aristogénès, [fils] d'Arislokl...-, Artcmon, [fils] de Bakchios-, Diokiès, [fils] de Ménodoros. » —
Pour a\oir confondu le mol cptXsTaCpot avec la forme dérivée «ptXeTaipeia, qui signifie nécessairement ici, fêles célébrées en Vhonneur de Philélaire, l'abbé Belley avait traduit la ligne lo, xal ev ToT; (piXeraipsoiç, par « et du nombre des philélaires, » et avait cru voir dans ce passage Tindicalion d'un collège de philélaires. L'éditeur du Corpus observe que si un collège avait été institué en l'honneur de Philélaire, on l'aurait appelé,
non pas to xotvov tSv cptXeTaipwv, maiS TO xoivàv T(ov ^^iXsTaiptffTwv,
par analogie avec la dénomination du collège cité dans diverses inscriptions, to xoivov twv 'ArraXiffTwv. Cette observation est parfaitement juste, en tant qu'elle s'applique seulement aux offi-
(1) Les kolékratcs étaient des magistrats chargés de radministration des deniers publics; ce titulus montre qu'à Cyzique il y avait des kolékrates spécialement désignés pour régler les dépenses de chaque fête. i
ciants du culte dont le divin Eamèoe Philétaîre était l'objet (1). Mais rien ne s'oppose à ce qu'une association distincte et indépendante de cette institution se soit formée plus tard sous le nom de to xoivèv tSv (ptXcTaCpoov, et dans un but qu'il ne nous est point donné de connaître. C'est avec ces réserves que je propose la restitution du graOito dans le sens indiqué, en remarquant d'ailleurs que cet échantillon épigraphique est postérieur de plusieurs siècles au marbre de Gyzique, et qu'il date, par conséquent, d'une époque où attalistes et philétairistes étaient depuis longtemps ensevelis dans le même oubli que les nobles personnages, objets de leur culte.
Quoi qu'il en soit de ces explications, je ne me flatte nullement d'avoir dit le dernier mot sur le graffito du Louvre-, mais l'éveil étant donné, on peut espérer qu'il se produira une solution déflnitive et satisfaisante de ce petit problème.
§ XVL {Fig. 12.)
J'ai encore remarqué au Louvre, dans le voisinage du précédent objet, une statuette en ivoire, étiquetée ED 285, et représentant un personnage coiffé .d'un casque à grille. Elle porte une inscription gravée en deux lignes :
OOYNAI ANQY
C'est le nom du propriétaire, ou plus vraisemblablement celui de l'artiste, Fundianus^ forme ethnique dérivée de
(1) L'existence de ce calte est prouvée notamment par une inscription de Téos en Lydie (CorpuSt n° 3068), dans laquelle un personnage du nom de Nikolélès est qualifié aYcovoôsTy); xal Upebç ^aaùltù^ 'Eu[A£vou 'ev t^
Ftindi, nom d'une ville du Lalium. Je dois ce|)endant faire observer qu'en lalin la forme régulière est Fundanius^ nom d'une gens bien connue k laquelle appartenait le consul OouvSavioç, mentionné par Diodore de Sicile (lib. XXIV, i3, 14). Mais je pense que la mélathèse fautive de la lettre î est due à une fausse analogie avec les noms latins terminés eu ianus^ tels que Appianus, Xl^udianus, Domitianus, etc., ou
avec les noms gréco-la lins 'Aajxwviavo;, 'ATr6XXt«v<{ç, "AicoXXwvtovoç,
BaatXtavoç, ' EmxouptavcSç, ctc. Il est d'ailleurs possible que le i final de Fundi n'ait pas été sans influence sur la formation du mot dérivé, ou, pour parler plus exactement, qu'il s'y soit maintenu. On trouvera aux paragraphes suivants d'autres exemples de noms latins transcrits en grec.
§ XVII. {Fig. 13.)
Une lampe en terre cuite rougeàtre provenant de Pompéi et appartenant au Musée de Tours (1), porte une estampille imprimée sur le fond, ii l'intérieur d'un petit médaillon :
OKTABIO Y
— 'OxTdtptou, nom du potier Octavius. —
On connaît un grand nombre de lampes portant l'estampille latine OCTAVI, et trouvées en diverses localités (2), Augsbourg, Arles, Ratisbonne, etc.
(t) Léon Palustre, Catalogue du Mus. de la Soc. Arehéol. de Touraine, n<> 158. Ccst sans doute par un excès de modestie que le savant et aimable Conservateur de cet établissement n*a point mis son nom sur le titre de son excellent livret ; Je n'éprouve aucun scrupule à le faire sortir de Tanonymat.
(2) Schuermans, Sigles FiguUns, n» 3973.
On sait, du reste, que les potiers signaient souvent leurs ouvrages, simplement en y apposant leur nom gentiliee patronal-, telles sont les estampilles (I), ANNIVS, APRONIVS, ATILIVS, AYÏiEUVS, IVNIVS, IVUVS. YALERIVS, etc.
SXVIILCFtff. 14.)
Une autre lampe en terre rougeâtre, provenant des environs de Naples, et conservée également k Tours {Calai., n^ 158), porte l'estampille
K€xcei — K(k<sti^ nom du potier Celsus. — Comparez les estampilles de poteries gallo-romaines CELSI, OFCELSI, CELSIOF, LCCELSIO, CCELSIOFIC, données par le recueil de Schuermans [vT 1227-1232). On s'attendrait plutôt au génitif KéXfTou. Il est cependant facile de rendre compte de la forme insolite KAdei; c'est simplement la transcription grecque du génitif latin archaïque Celsei, dont on trouve de nombreux exemples analogues dans le tome I du Corpus Tnscriptionum Latinarum : Alexandrei (n^ 1034), Drulei (n* 1408), Marcel (n* 1013), Papei (n« 1344), Romanei (n^ 200).
Les historiens et les monuments épigraphiques de TKalie méridionale conservent souvent dans la transcription grecque des noms propres romains l'ancienne diphtongue ei, devenue plus tard t long; c'est ainsi que les formes Detdî, Feîeici^ qui se lisent sur des deniers frappés de 100 à 130 ans environ avant Tère chrétienne, et auxquelles j'ajoute (2) Preimus,
(t) Schuermans, Sigles FigulinSt n» 3973.
(S) Corp. inscr. latin., t. I, n»* 904 et 1075.
PHnarius^ reparaissent dans Aetôtoc (1), Umi^to<i (2), itetvapta (3),
npEtfJLoç (4), IIpEtfjLtTetpe (5), Ilfetcwcetvoç (6), OyjXeixiTa (7), ^Y)Xe(xXa (8), 4hf)Xetxi(r(ï([Jia (9).
Mais dans le mot K£k(Tzt il y a plus qu'une simple transcription phonique -, on serait tenté d'y voir le phénomène très-rare du transport d'une désinence grammaticale dans une langue étrangère. J'aime mieux attribuer cette anomalie a une bizarre fantaisie d'un ouvrier romain qui, pour faire montre d'un certain degré d'instruction, se sera amusé à écrire son nom en caractères grecs, lettre pour lettre. Il ne faut pas oublier, du reste, que la population de l'Italie méridionale, composée d'éléments grecs et latins depuis longtemps en contact journalier et permanent, faisait indifféremment usage de l'un et de l'autre idiome, à tous les degrés de l'échelle sociale.
Une particularité intéressante h noter, c'est que notre terracolla signée Kika&i a eu les honneurs de l'insertion dans le Corpus Inscriptionum Graecarum^ où elle figure sous le n^ 5623, avec cette mention : a Messanae; in lucerna; edidit Avolio délie anlicche (allure di argilla^ Palerm, 1829. lab. Ily n" 11 (conf. p. 112). — RgAliei — Portasse KéX(r[ou) ».
Cette lecture présente une légère variante avec celle de notre lampe, en ce que le sigma affecte la forme carrée I, au
(1) Platarq., Sert., 3; Caes.^ 56. — Appian., Bell, ctu., I, 40.
(2) Polyaen., 8, 21.
(3) Corp. Insc. Graee., n» 2040.
(4) Corp. Insc. Graec, n®* 3259 et 8i9l.
(5) Ibid., D» 5722.
(6) Ibid., no 2966.
(7) Ibid., n» 5634.
(8) Ibid., n» 9834.
(9) Ibid., no 3272
lieu de la forme lunaire G, mais je suppose qu'il y a là simplement une faute de copie.
Si la lampe du Musée de Tours, provenant, dit-on, des environs de Naples, n'est pas un double sorti du même moule que celle de Messine, je la rapatrie à son lieu d'origine oublié, comme je l'ai fait, au § I de celte Notice, pour la bandelette d'or venue d'Ithaque à Rennes.
Robert MOWAT.