‹ Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 18 sur 125 · S9 à 1.61. — PiETA , les évangélistes saint · texte numérisé non relu

S9 à 1.61. — PiETA , les évangélistes saint

bien que d'après le même modèle, semblent avoir été exécutés d'une manière différente. Hauteur, 0,210; largeur, 0,170; largeur des volets, 0,070. On voit dans la même collection un autre triptyque du même maître. Jésus-Christ apparaît à Marie-Madeleine , qui porte le costume et le turban qu'on retrouve dans toutes les peintures et sculptures des vingt dernières années du XV* siècle. LTn défaut de perspective bizarre se remarque dans l'arbre qui , planté à distance , passe entre les bras de la sainte. Sur chaque volet, une sainte debout, placée dans une niche gothique ; au-dessus de la première, on a écrit en lettres d'or : MATER MEMENTO MET, et au-dessus delà seconde : AVE MARIA GRACIA PL. Mêmes dimensions que le précédent. Le cadre est bien conservé avec sa moulure et ses nœuds»

NARDON PÉMCAUD. 135

Pierre et saint Paul. — Triptyque en émaux de couleurs rehaussés d'or, avec imitation de pierreries sur reliefs et paillons, et détails dorés. — La plaque du milieu, hauteur, 0,203; largeur, 0,167. Chacjue volet, hauteur, 0,203; largeur, 0,067.

159. La vierge Marieconloniple avec douleur le corps sanglant de son fils élendu sur ses genoux; Marie, mère de Jacques, assise près de la Vierge, soulève dune main la tôle du Christ , et de l'autre détache dé son front la couronne d'épines ; du côté opposé, Marie-Madeleine porte à ses lèvres une des mains de Jésus et tient en la main droite une boite de parfums. La scène est encadrée dans les détails architectoniques d'une chapelle à trois nefs , dont les voûtes , les arceaux et les colonnetles se dessinent en arrière sur fond d'azur ; la partie avancée, qui forme un couronnement aux figures, est composée de trois arcs réunis par des clefs pendantes en une seule arcade, dont les retombées reposent de chaque côté sur des colonnes. Un riche lapis est tendu en arrière des figures, remarquable par la profusion de pierreries en reliefs d'émail sur paillons dont il est semé ; il les sépare de l'abside et cache à demi des anges ailés posés dans l'altitude de l'adoration. Le pavé est forme d'une mosaïque mi-parlie violette et verte, dont les dessins se détachent en noir et en or. La robe de la vierge Marie est de couleur violette, et son ample manteau, recouvrant la lèle, est bleu d'azur rehaussé d'or. L'auréole qui ceint la lèle des iroisMarie est de couleur violette et bordée dégouttes d'émail en relief.— 160. La plaque du volet de gauche représente lapôtre saint Pierre ; il est debout ; il porte de la main droite une clef, et sous le bras gauche un livre. Ses pieds sont nus, sa robe est violette, son manteau bleu d'azur.— 161. La plaque du volet droit représente l'apôtre saint Paul, debout, portant un livre ouvert en la main droite et une épée de la gauche que cache le manteau. La robe est bleue et le manteau violet. Le nom PAULE est tracé en or, comme une broderie, sur le collet de la robe. Les pieds sont nus {\). — (Achat du règne de Louis-Philippe, no 296 bis.)

16!9. — Le couronnement de la Vierge. —

Plaque en émaux de couleurs rehaussés d'or, avec détails dorés et imitations de pierreries sur paillons et reliefs. — Hauteur, 0,194; largeur, 0,174.

Dieu le père et Dieu le fils sont assis sur des sièges que réunit une même estrade formant, en avant, un demi-cercle sur lequel la vierge Marie est agenouillée, vue de face et les mains jointes. Dieu la bénit de la main droite, et soutient de la gauche des tablettes sur lesquelles sont tracés des caractères dorés. Jésus, tenant une croix de la main gauche, contemple sa mère; le manteau qui couvre ses épaules et cache le bas du corps, laisse voir sa poitrine sanglante; sa tête, ceinte de la couronne d'épines, se détache sur un nimbe orné de pierreries, et un nimbe semblable entoure la tète de la Vierge. Dieu le père est coiffé d'une tiare à

(1) Collocllon ncaiicousin. Deux volets provenant d'un triptyque, l'adoration de l'enfant et la circoncision, sont évidemment de Nardon Péoicaud. —Hauteur, 0,257; largeur, 0,096.

136 NOTICE DES ÉMAUX, BtJOUX , ETC.

Iriple rang de couronnes se détachant sur un nimbe doré. Dans le haut de fa composition est un ange tenanldesdeux mains une couronne destinée à la Vierge; deux anges placés à la même hauteur occupent chaque côté, deux autres sont posés plus bas, deux près de Dieu le père et de Jésus, et deux aux côtés de la Vierge. On aperçoit au-dessus de la tête de la Vierge la colombe symbolisant l'Esprit saint. Le fond bleu d'azur est semé d'étoiles d'or. La composition est encadrée par des ornements formant bordures; dans la plus importante on remarque des fleurettes blanches qui alternent avec des imitations de pierreries. Deux colonnetles sont placées à droite et à gauche, et un médaillon circulaire, entouré d'une ceinture de pierreries, est placédans le haut de la plaque, formant «omme une clef à l'arc du cadre. Saint Michel y est représenté ailé, vêtu d'une armure et tenant un sabre dont il est prêt à frapper le démon que l'on Voit sous ses pieds. Deux scènes de la passion du Christ sont figurées aux côtés de ce médaillon; les personnages, de même que saint Michel, sont de petite proportion. Du côté gauche, /e C/irtsf sitr la crotjc, la vierge Marie et saint Jean debout , les monuments de Jérusalem dans le fond. Du côté droit, la lamentation sur le Christ. Le corps de Jésus est étendu sur les genoux de sa mère, assise au pied de la croix ; saint Jean soutient la tête du Christ et Marie-Madeleine est agenouillée près des pieds. Le contre-émail, d'un ton gris violacé, est opaque et marbré.

163* — Le couronnement de la Vierge. — Plaque circulaire en émaux de couleurs rehaussés d'or, détails dorés et imitations de pierreries sur paillons et reliefs. — Diamètre , 0,230.

La Vierge, occupant la gauche, est assise dans une attitude d'adoration qu'expriment son regard abaissé et ses mains jointes. Jésus-Christ, assis du côté opposé, pose une couronne sur la tète de sa mère; il soutient de la main gauche un globe que surmonte une croix. Sa tête est coiffée d'une tiare papale à triple rang de couronnes, dont la couleur brune et le semé de pierreries se confondent avec la couleur et les pierreries du nimbe. Il en est de même de la couronne et du nimbe de la Vierge. Jésus-Christ est vêtu d'rnie longue tunique bleue et d'une chape violette doublée de vert, qui est attachée sur la poitrine par une agrafe à quatre lobes et ornée, sur le devant, d'un large galon enrichi de pierreries. On remarque sur la partie inférieure de la chape le monogramme du Christ plusieurs fois répété, et sur le galon étroit qui la borde par le bas on lit l'inscription qui suit : Jesus-Christus rex regum et Deus domimis, ave Maria, ave Maria. La Vierge est représentée les cheveux flottants sur les épaules; la robe, qui laisse voir la poitrine, est de couleur violette; les parements des manches sont verts; le manteau bleu lapis est bordé d'un galon de pierreries et semé de lettres dont la réunion forme le monogramme de Marie. Les deux figures se détachent sur un fond bleu d'azur étoile d'or; les deux sièges, qui sont semblables, sont de couleur brune et ornés de pierreries de même que les chaussures. Près des pieds, on remarque une grande étoUe, indiquée par un paillon et des rayons dorés, sur le sol émaillé en vert; c'est l'étoile de Marie, Stella matutina. Autour de la plaque règne une bande d'émail blanc sur laquelle est tracée, en lettres noires, une inscription que nous rétablissons ici en rectifiant les abréviations : Gloria et honore, exaltacione singulisque graciis dominu* Jésus qui est Pater et Filius atque Spiritus sanctus non divysus set (sic) solus Christus Deus, coronavit suant dilectissimam matriam (c'est-à-dire matrem Mariam) , reginam atque imperalricem sui infinili regni celorum, et sedet ad dexteram suam que (sic) cum eo vivit et régnât. Le

conire-émail csl de couleur glauque et opaque. — 'Ancienne coUeclion . no 53.)

Ces premiers essaisjiie donnaient pas assez de précision, ils ne donnaient pas assez de corps aux émaux ; le bariolage s*y laissait trop sentir; excusable lorsqu'il faisait valoir la découverte de nouvelles nuances d'émaux, il était révoltant quand ce mérite avait disparu; Nardon Pénicaud le comprit, car il chercha, en modérant l'emploi des émaux translucides et en modifiant la composition de quelques nuances, à atteindre un résultat plus satisfaisant : il y parvint. Les vêlements ont des tons plus solides, les bleus sont magnifiques, et l'efTei général est harmonieux, bien qu'il abuse encore du violet et n'évite pas dans les carnations les tons faux qui distinguent et compromettent ses émaux.

Musée de Cluny : la Vierge, en buste. — Les carnations sont encore violacées, les vêtements d'un bleu admirable, avec une bordure d'inscriptions en or, le nimbe en émail brun translucide ; le caractère de la tête est simple et primitif, les mains sont d'un dessin parfait (1).

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