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On voit dans le Musée de Cluny un diptyque qui représente d'un côté le portement de croix , et de l'autre le Calvaire (2). Bien que ces émaux soient traités avec la même technique et exécutés avec les mêmes nuances que les émaux de Nardon Pénicaud, ils sont l'ouvrage de mainsdifférentes, et l'on rencontre plusieurs fois le même sujet copié d'après la même composition, mais traité par des artistes dont il est impossible de confondre la manière (3).
(1) Cet émail, ou plutôt ce fragment d'émail de Nardon Pénicaud, est d'un grand mérite, mais il est très altéré. N° 999. Hauteur, 0,115; largeur, 0,090.
(2) Hauteur, 0,280 ; largeur, 0,237. Le cadre n'a conservé que sa moulure; dans sa restauration il a perdu les nœuds de métak
(3) Un exemple suffira. Je le trouve dans un Calvaire copié deux fois d'après la même composition, collection sauvageot- Triptyque. Le Christ en croix entre les deux larrons ; volet de gauche, le portement de croix ; volet de droite, la descente de croix. Hauteur de la plaque centrale, 0,267; largeur, 0,2A0; largeur des volçts, O,105t La
Musée de Cluny. — Triptyque représentant la Nativité, l'Adoration des Mages et la Circoncision (1). Ces émaux me semblent être l'ouvrage de quelque élève du maître précédent; ils ont la même technique, mais le dessin en est plus grossier et les têtes sont difformes. Le cadre, avec sa moulure et ses petits nœuds , est conservé intact. C'est, en général, une singularité dans cet atelier, ou dans ces premiers émaux, que la forme des têtes. Chez les uns entièrement dénudée, chez celui-ci ronde comme une boule, chez celui-là écrasée ou carrée comme un dé (2). On ne peut s'expliquer cette particularité que par la difficulté de rendre les cheveux avec l'émail, et par l'obligation d'employer un émail brun sur lequel on revenait avec l'or, qui dessinait délicatement le mouvement des cheveux. Dans quelques-uns de ces émaux, ce travail en or a disparu; dans les autres, d'un débit courant, on s'en est affranchi.
Quelque imparfaits que fussent le dessin, la composition, le sentiment dans ces émaux, ils avaient un éclat et des dimensions qui en firent de bonne heure des objets d'art recherchés, aussi les voyons-nous tout d'abord entrer en lutte avec les émaux translucides des orfèvres, et se substituer à leurs applications aussitôt qu'il s'agissait de dépasser certaines grandeurs. Les triptyques qui servaient aux autels portatifs, et qu'on suspendait au chevet du lit, ou en ex-voto dans les chapelles, furent exécutés de cette manière, concurremment avec la peinture et la miniature, et les donateurs étaient représentés sur les volets de droite et de gauche accompagnés de leurs saints patrons. Quelques
composition et le dessin sont français. Sur le volet de droite, Nicodème a des inscriptions sur ses bottes et sur son justaucorps. On y lit : Ave Maria ; on y pourrait lire : Monvaerni. collection de M. Rattier. Grand triptyque : même sujet , même composition. Ici les figures ont des proportions moins longues ; les émaux sont distribués différemment : le cheval de droite, qui présente la croupe, est d'un bleu gris, au lieu d'être blanc. Hauteur, 0,260 ; largeur, 0,230 ; largeur des volets, 0,095. Le cadre a conservé sa moulure et ses nœuds.
(1) N° 995. Hauteur, 0,210 ; largeur de la plaque centrale, 0,165.
(2) collection Quedeville. La mort de la Vierge, composition encadrée dans deux colonnes bleu lapis, fleurdelisées en or. On voit, dans le coin supérieur de gauche, le Christ qui reçoit Pâme de la Vierge, et cette inscription : Mater Dei, mémento mei, Domine. Hauteur, 0,145 ; largeur, 0,190.