PIERRE COURTOIS
Virgilius Sol'is. Aiguière en émaux de couleurs avec emploi de paillons et rehauts d'or. — Hauteur , 0, 253 ; diamètre, 0,100.
Ces deux siijols, disposés en frises lournantcs et superposées, ornent le corps de l'aiguiére ; ils sont séparés par un étroit bandeau d'émail Idanc décoré d'onienienls noirs. Dans celui de dessus, Neptune est représenté assis et porté sur les eaux par deux chevaux marins ; la déesse Diane, caractérisée par son croissant et le javelot qu'elle tient de la main yauehe, est assise auprès de lui. Deux tritons les précédent; l'un deux, ailé, portant élevé dans les airs un vase surmonté de (lanimes; un autre les suit tenant des lauriers; entre ceux-ci sont placées deux fif^ures de tritons, l'un vieux, l'autre jeune, tous deux ailés, tous deux sonnant de la conque, près desquels sont des monsires marins. Dans la composition inférieure on voit Gérés, coiffée d'épis et ayant une faucille dans la main gauche, assise sur un char que iraiiicnl deux cigognes blanches. Apollon jouant de la lyre assiste à son triumphe, comme Diane, sa sœur, à celui de Neptune,' et Veriumne, coiffé de feuillages, est représente marchant et tenant en l'air une corbeile de fruits ; en avant d'Apollon est le dieu Pluton, la tète couverte d'un casque et tenant de la main gauche une fourche à trois pointes; Mars est auprès df» lui, également casqué, mais sans armes et la main gauciie remplie d'é|)is ; deux femmes suivent le char de Cérès : l'une porte d'une main des épis et de l'autre un râteau; la seconde a sur l'épaule un fléau. Le goulot et le pied sont décorés de feuillages d'un ton bistre. L'anse est ornée d'une légère frise d'or sur émail bleu. — (^Collection Durand, no 6/24il.)
38Î' et 3SS. — 1° Les épreuves de Job ; 2^ L'innocence de Suzanne reconnue et le bon Samaritain.— Coupe avec couvercle, en grisaille sur fond noir y les chairs colorées , détails dorés. — Hauteur j 0,160; diamètre, 0,177.
io Intérieur de la coupe. Job est représenté nu, assis sur un fumier. Sataa le lient d'une main, et de l'autre le menace du fouet. A un phui plus éloigné sont figurés les malheurs qui le frappent en tout ce <iu'il possède ; à gauche, ses enfants renversés et écrasés sous les débris d'un bâtiment qui s'écroule ; à droite, sa maison en llammes et un valet en sortant épouvanté ; dans le foiîd, des bestiaux et un serviteur éteiîdus moris sous une pluie de pierres. Dieu, coiffé d'une tiare, est vu dans le haut, porté par des nuages et se détachant sur un fond d'or. Au-dessous delà fiuure de Job, on lit celte inscription en lettres noires: Paciansc. nn . foy . i . a . Job. H. et au-dessous de ses pieds le monogramme P. C. Une vigiietle dorée entoure la composition. Le revers est orné d'arabes- (jucs dorées et d'un cartouche en grisaille pénétré dans son centre par un pied de restauration moderne. — 2" Couvercle. Le Samaritain est rcpré.<enté descendu de ^on clieval et penché sur un homme étendu à terre, dont les plaies nombreuses sont saignanics ; il appuie une main sur le front (!u bless('' cl de l'autre verse sur lui le contenu d'ui.e bouteille. A quelque distance vers la droilc, on voit le sacriticatcur qui s'éloigne et derrière lui le lévite lisant dans un livre. On aperçoit à gauche entre le.s arbres deux hommes armés. On trouve sous la figure du sacrificateur le
monogramme P. C et au-dessus du Samaritain ces mots : S. lue. Du côté opposé, le jeune Daniel, debout sur une esirade, tient un scoplre de la main droite et de l'autre désigne Suzanne, dont il proclame l'innocence. Celle-ci, debout prés de lui et vers la gauche, a la tète couverte d'un voile, et les mains attachées par un lien que tient un homme d'armes placé derrière elle et portant une lance de la main gauche. Un des vieillards est devanlDaniel, retenu par deux guerriers; l'autre est vu en arriére vers la droite, entraîné par deux autres. Deux figures de spectateurs, vues en entier, et d'autres dont on ne voit que les casques, forment un groupe. Au-dessous de ces deux compositions est une couronne circulaire de fleurs, fruits et feuillages. L'intérieur du couvercle est décoré d'arabesques dorées remplissant les intervalles entre quatre médaillons de forme ovale, où sont peintes des tètes en ton de chair sur fond noir pointillé d'or, circonscrits par une banderole d'émail blanc, sur laquelle se détachent en noir les inscriptions suivantes, qui désignent les personnages : SEMIRAWIS BABYLOMA, PORTIA BRUTI VXOR , DO.MITIAN lUG GERM COS XI DIP. CAES, CLAUDIA METELLI. — (Collection Durand, no 36/2438.)
3^0 et 390. — Jupiter, Vénus et Mercure, d'après Raphaël. — Coupe avec couvercle, en grisaille sur fond noir, détails dorés. — Hauteur, 0,110; diamètre, 0,190.
Jupiter est représenté assis sur les nuages, tenant un sceptre ; à gauche, est Vénus qui implore lemaitre des Dieux; à droite. Mercure qui semble obéir à ses ordres ; lAmourest debout aux pieds de sa mère. La figure de Jupiter se détache sur un fond pointillé d'or, et les autres figures sur des nuages. Un aigle est placé au-dessous de la composition, et un cercle qui l'entoure réunit les douze signes du Zodiaque. On voit près du pied de Mercure le monogramme P. C. L'intérieur de la coupe est décoré d'une couronne de feuillages et de fruits, darabesques dorées et dun cartouche en grisaille, dont le centre est pénétré parle pied, sur lequel sont peints quelques ornements en grisaille et or. Le couvercle est orné extérieurement de quatre médaillons, de forme oblongue, sur fond bleu. Les figures qui y sont peintes sont : une femme, un guerrier casqué, une femme coiffée d'une guirlande de feuillages, un homme dont le vêlement est garni de fourrure, et la tète couverte d'un bonnet. Les quatre sont de profil. Entre les médaillons sont posés des masques coiffés de draperies surmontant des feuillages et des fruits, alternant avec des tètes d'animaux au-dessous desquelles sont des cartels ornés de quelques figures de petite proportion. Sur fun et l'autre on trouve le monogramme PC. Le décor intérieur est composé d'arabesques qui séparent quatre têtes de profil, en grisaille sur fond noir, remplissant les cavités qui correspondent aux médaillons de l'extérieur. Le contre-émail est noir.— (Collection Durand , n« 37/2439.)
391 . — Le REPOS DE Silène. — Coupe en grisaille sur fond noir, les chairs légèrement teintées. — Hauteur, 0,080; diamètre, 0,210.
Silène est représenté à demi couché, le coude appuyé sur une cuve de forme antique remplie de raisins; il est couronné de pampres, et une
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branche de vigne lui sert de ceiniure ; ses jambes sont cachées par une draperie ; sa main gauche lient une coupe dans laquelle un satyre , placé à droite, verse le vin d'une aiguière qu'il lient des deux mains." Deux enfants nus soulèvent au-dessus de la cuve une corbeille remplie de raisins; une femme en a une semblable sur sa lête , et des hommes portant de grands vases occupent le fond. Une couronne de fleurs, fruits et feuillages, entoure la composition. Le revers est décoré d'un cartouche orné de fruits, pénétré dans son centre par le pied, décoré de feuillages. Le contre-émail est noir. On y trouve le monogramme P. C. — (Collection Durand, n» 41/2463.)
Robert Courtois du Mans, peintre verrier de la Ferlé- Bernard en 1498, était le père de Jean Courtois, et il forma son fils à son art, de telle façon qu'en 1532 on le trouve occupé à peindre une verrière pour l'église, et en 1340 à restaurer les autres (1). Ce travail terminé, alla-t-il à Limoges pour travailler de son métier, ou plutôt ne fut-il pas poussé par le goût des nouveautés et le désir d'appliquer son talent à l'émaillerie? Nous l'ignorons, et nous ne savons pas davantage s'il était frère de Pierre Courtois. Peu importe, d'ailleurs; leurs ouvrages ne peuvent se confondre, car leur talent n'est pas égal (2). L'un avait quelque
(1) Ces documents sont conservés dans les archives de l'église de la Ferlé-Bernard ; ils ont été signalés pour la première fois par M. Léopold Charles, et publiés dans le Bulletin monumental de M. de Caumont, tome V, page 506. Je ne répéterai ici qu'un court passage; il s'agit de la chapelle du chevet de Téglise et de sa verrière faite aux frais d'un sieur HeuUant, contrôleur : Compte des dépenses de Tannée 1534 : A Pierre Cohin, serrurier, la soii^vw de 57 sols tournois pour le nombre de 76 vergectes de fer par lui faictes et qui ont été tnises et employées aux vitres données A la dicte fabrique par Mgrs les procureurs du Roy, contrerolleur de la Fertc et général d'Aurelcans, — A Jehan Gaudarl, mercier, la somme de 14 sols tournois de despence faicte par l'imaigcr de Ms" le contrerolleur de la dite Fertè et par son cheval pendant qu'il estoit en ceste ville où ilétoit venu et envoyé par mondit seigneur le contrerolleur pour véoir l autel et contretable de la chapelle neufve et en faire ung devis et pourtraict et pour le disner de Jehan Courtoys, peintre, qui csloil venu asseoir les vitres de Mgrs les procureurs du Roy et contrerolleur susdits.
(2) collection Andrew Fountaine. Deux séries d'assiettes décorées des douze mois de l'année d'après les gravures d'Etienne de Laune. L'une signée P. C. ; l'autre, L C. La distinction que j'ai cherché à établir entre leurs talents se manifeste clairement dans ce rapprochement de deux séries complètes d'après les mêmes modèles.
chose et comme une étincelle du feu sacré; l'autre n'a que de la main, de l'adresse et de la patience.
Sa manière est si particulière , et en même temps si uniforme, qu'il suflîra de quelques traits pour la caractériser. Da milieu de compositions compliquées, de paysages aux horizons étendus, d'intérieurs fournis d'ameublement, le tout coloré d'émaux aux teintes vigoureuses ou éclatantes sur paillon, se détachent des figures aux carnations d'un rouge saumonné et des parties blanches inattendues, qu'elles figurent un cheval, un chien, des sacs, la barbe d'un homme ou des vêtements. Des émaux brillants sur paillon, unis comme une glace, un travail très soigné de poinlillé et de hachures rehaussant en or toutes choses, des bordures d'or sur fond noir, des arabesques en couleur, des revers de plats, de coupes, d'assietles,en rinceaux blancs sur fond noir et bleu vermiculé d'or, tout cela, exécuté avec un soin et une grande perfection, compose les mérites de cet émailleur, qui n'a pu malheureusement en sauver la monotonie en y ajoutant, soit une lueur de génie, soit le talent d'un dessinateur haliile, soit le charme du coloriste, et j'entends parla non pas l'éclat des émaux, mais ce sentiment de l'effet qui lui manque autant au milieu de la profusion des couleurs que dans ses grisailles. Quoi ou'il en soit, à travers ses défauts et ses qualités, on croirait voir un miniaturiste de manuscrits, et l'on sent le peintre verrier se faisant émailleur, et conquérant la faveur par la finesse d'exécution de ses ouvrages. Ses compositions, prises dans les gravures des petits maîtres, leur ont emprunté avec bonheur les qualités les plus rares de leur touche spirituelle, de leur fini précieux. Ses grandes pièces méritent aussi l'altenlion, mais il semblerait qu'il fait des efforts pour suffire à la tâche, et qu'il sent lui-même que , passé certaines proportions, il trahit ses défauts et son impuissance(l). LesPénicaudavaiontemployé l'or pour ajouter
(1) Il se répétait souvent. Après avoir exécuté deux fois une grande composition en couleur (l'une aujourd'hui au Louvre, l'autre dans la collection Pourlalès), il la recommençait en grisaille et servilement, collection Achille i^ellièros. Grand plat. Le passage dé là" mer Rouge, grisaille, chairs teintées, même sujet, même composition, mêmes dimensions que l'émail en couleur, n° 392 dti Musée dis Louvre. Longueur, 0,530 ; largeur, 0,i^00. La composition ou le fond du plat : longueur, 0,410. Au revers, la signature I. C.
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encore à l'éclat des émaux colorés , Léonard Limosin les suivit dans celte voie, et Jean Courloys fit de cet expédient une ressource de sa peinture en émail. De lui, date l'abus des rehauts d'or, et il eut pour iniitateurs, je cite les plus notables, Susanne de Court (i), Martial Courtois, Jean, Joseph et Léonard Limosin (le (ils).
Il a signé ses ouvrages du chiirre I. C (2).
399. — Le PASSAGE DE LA MER RouGE. — Plaque ovale, en émaux de couleurs, avec emploi de paillons et rehauts d'or, — Hauteur, 0,310; longueur, 0,410.
Moïse el les Isracliies occupent la gauche et le rivage de la mer Rouj^f ;
Cest un des émaux les mieux réussis et les plus parfaits que Ton puisse voir, sous le rapport de la transparence, de la surface unie comme une glace, Je l'absence de défauts et de restaurations.
(1) On confond souvent les ouvrages de Susanne de Court avec les productions de Jean Courtois, quoique le ton des carnations les distingue bien positivement. Voyez une erreur de ce genre dans l'Album de M. duSnmmerard, série VII, plancbe 30, et dans la description de la collection Debruge-Dumesnil, page 602.
(2) Outre les pièces remarquables que possède le Louvre, on peut citer de lui : collection i.oui» roiild. Un grand plat. Betbsabée surprise par David. Il n'est pas signé, et il a quelques restaurations dans le bas. collection Saiivacjcot. Prédication de saint Jean, et Jésus- Christ dans sa gloire. Deux plaques signées IC. Hauteur, 0,200; largeur, 0,155. coiK^ction .%ndrew Fountaine. Moïse élèVe le serpent en vue des Israélites ; signé au revers, collection Visconii. Une aiguière. L'histoire de Loth et ses filles, signée I. C. sur la panse. Grisaille, les chairs teintées. Collection d'Arjuzon. Le Christ sur la croix, entre les deux larrons; au bas de la plaque, un cartel se détachant en blanc sur la verdure du terrain. Il y avait sur ce cartel une inscription dont il ne reste que deux ou trois lettres; c'est un des plus Gns ouvrages de Jean Courtois. Plaque ovale. La collection de M. d'Arjuzon a été adjugée en vente publique le 3 mars 1852, mais cet émail a été conservé par ses héritiers. Collection saint-i>ierre. Un plat rond. Au fond est représentée la Circoncision, et au bas delà composition, sur un cartel émaillé de blanc, on lit: CHRISTVS OCTWO DIE CIRCVMCIDITVR. L'éclat des émaux, le brillant des vêtements, bleu turquoise et l Iru lapis, la netteté et le précieux de tous les détails n'ont jamais été poussés plus loin. Sur le rebord, un écusson écartelé ou premier et au quatrième d'azur à trois lettres I d'or posées deux et trois, au second et troisième de gueules à une foy parée d'or ou d'argent (la dorure est effacée). Au revers la signature I. C. Diamètre, 0,230.
le groupe principal est composé de Moïse étendant sur la mer la verge qu'il lient en la main droite, d'Aaron placé près de lui, de deux femmes soutenant des vases posés sur leur tète, de trois vieillards et d'un homme à longue barbe ; ils forment le premier plan d'une longue colonne de peuple décrivant une courbe, dont les figures, d'abord distinctes, se confondent vers le fond sous une arcade, et ne montrent plus.que des rangées de têtes surmontées de piques dorées. Pharaon et les Egyptiens remplissent la droite et sont représentés submergés par les flots. Une longue muraille de vagues, soulevées et ondoyantes, les sépare du rivage où l'on voit le peuple de Dieu. Pharaon est assis dans un char élevé que traînent deux chevaux à la nage ; sa tète est ceinte d'une couronne, et il porte un sceptre de la main gauche. A un plan plus avancé que celui qu'il occupe , on voit deux cavaliers cherchant à se retenir l'un à l'autre. Plus en avant encore, une tète de vieillard et une tète de cheval sortent des eaux. En arrière de Pharaon, des épisodes divers de ce grand naufrage ; on remarque un guerrier sur un cheval blanc, soulevant des deux mains son étendard; une croupe de cheval sortant des flots, et deux groupes de guerriers dont les lances indiquent le nombre. Un arbre est à la gauche des Israélites, et les monuments de l'Egypte s'aperçoivent en arrière des flots. La robe de Moïse est rouge , son manteau bleu d'azur, ses manches de couleur bleu pâle ; des rayons dorés sortent de sa chevelure. Le manteau de Pharaon est rouge aventurine, son armure de couleur bleu turquoise, ses chaussures vertes. Toutes ces couleurs sont sur pnillons. Le contre-émail est incolore. — (Collection Durand, n» 61/2522.)
393 . — La continence de Joseph, d'après Lucas de Leyde. — Assiette en émaux de couleurs sur fond bleu, avec emploi de paillons et rehauts d'or, détails et inscriptions dorés. — Diamètre, 0,200.
Joseph est représenté fuyant et laissant son manteau entre les mains de 'la femme de son maître; celle-ci est assise sur un lit que recouvre un ciel à baldaquin, garni d'amples rideaux retombants. Deux chiens, dont un . rongeant un os , sont placés au premier plan , et à droite est une table couverte d'un tapis, sur laquelle est posée une aiguière. Des pilastres décorent l'intérieur. On lit vers le haut: G. XXXIX (Genèse). Le rebord est orné de figures d'enfants se terminant en arabesques, séparées par des vases qui alternent avec des masques grotesques. Le revers est décoré d'une rosace formée par des enlacements en grisaille bleuâtre, sur lesquels sont ajustés quatre termes et des masques grotesques. Sur une partie de grisaille on lit le monogramme l. C. De légers détails dorés sont répandus sur le fond, et une couronne de feuillages, dessinée en traits d'or, termine je décor. — (Ancienne collection, n» h.) ^
394. — Joseph conduit en prison. — Assiette en émaux de couleurs sur fond bleu, avec emploi de paillons et rehauts d'or, détails et inscriptions dorés. .— Diamètre, 0,200.
Joseph occupe le centre de la composition, debout, entouré de trois hommes armés de hallebardes, dont deux le poussent vers la prison; le troisième, marchant en avant et plus rapproché de la porte, tient en main un trousseau de clefs. A droite, et au deuxième plan, Putiphar, debout, est
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rsCfirlé d'une iroupe (riumimes armés de lances ; près de Putiphar esl sa femme lui montrant le manleau de Joseph, et en arrière de celle-ci une femme qui porte le pan de sa robe ; plus loin , un enfant monté sur des marches. Deux figures, dans léloignement. sont posées entre les coloinies d'un portique, et deux autres, dans le haut, sur une terrasse qui relie entre eux plusieurs monuments. On lit , vers le haut : G. XXXIX. Le rebord est orné de masques richement coiffés, alternant avec des agrafes de joyaux et reliés par des arabesques dorées, auxquelles sont méh-s des détails de pierreries. Le revers est décoré d'une rosace formée par des enlacements en grisaille bleuâtre, dans lesquels sont ajustés deux masques grotesques en tons de chair. On lit, sur une partie des enlacements, le monogramme 1. €. en lettres noires. De légers détails dorés sont répandus sur le fond. Une couronne de feuillages, dessinée en traits d'or, termine le décor.— (Ancienne collecîion, n» 3.'
395. — Le songe de Pharaon. — Assiette en émaux de couleurs sur fond hleu, avec emploi de paillons et rehauts d'or, détails et inscriptions dorés. — Diamètre, 0,200.
Le roi est représenté couché dans un lit de bois sculpté et doré, qui ne diffère des lils du XVI^ siècle que par son couronnement en toit, à palmeltes de couleur bleu turquoise. Un chien blanc est couché au pied du lit. et l'on remarque, pr-^s de lui, une paire de chaussures et un vase. Dans le fond, rempli par un paysage, sont représentées les vaches grasses l't les vaches maigres, et dans le haut on trouve l'indication du chapitre de la Genèse : G. XLL Une vignette dorée entoure la composition. Le rebord est orné de mascarons richement coiffés, alternant avec des agrafes de pierreries, dont ils soiit séparés par des figures de monstres ailés. Le revers est décoré d'une rosace en grisaille, avec ornements en tout semblables à ceux de l'assiette n» 394. On y lit également en lettres noires le monogramme I. C. — (.\nciennc collection, no 9.)
396. — Joseph explique le songe de Pharaon. Assiette en émaux de couleurs sur fond hleu, avec emploi défaillons et rehauts d'or, détails et inscriptions dorés. — Diamètre, 0,200.
. Le roi est représenté sur son trône que recouvre un dais doré, garni de rideaux Yt-ris; il parle en la main droite un sceptre tleurdelisé, et son turban est surmonté d'une couronne à pointes. Trois personnages sont placés en arrière du trône. Joseph, debout devant Pharaon , donne une oxplication qu'accompagnent ses gestes ; des ravons lumineux sortant du ciel viennent aboutir à son front ; derrière lui sont groupées sept
. figures debout. Un chien blanc est couché sur le devant, au premier plan. On entrevoit, en arrière, les vaches grasses et les vaches maigres, et Une ville dans le fond, et on lit dans le haut : G. XLL La vignette et le retord sont semblables à ceux de l'assiette n» 393. Le décor du revers est semblable à celui de l'assiette no o94. On y lit de même, en lettres noires, le
, monogramme 1. C. — (Ancienne collection, no 6.)
S9^ . — Joseph conduit en triomphe. — Assiette en émaux de couleurs sur fond hleu, avec emploi de paillons et rehauts d'or, détails et inscriptions dorés. — Diamètre, 0,200.
n est représenté, une couronne sur la tête et uji sceptre fleurdelisé en la main droite , assis sur un char élevé que traînent deux hommes précédés de deux autres sonnant de la trompette; plusieurs personnages entourent le char, portant en main des palmes d"or ; on remarque une femme à genoux vers la droite, et près d'elle un peiit enfant; à gauche et en arrière du cortège, deux femmes sont agenouillées ; on voit plus loin deux vieillards et une femme ; un temple circulaire remplit le fond de droite, et un temple surmonté d'un fronton, celui de gauche. On lit dans le haut : G. XLl. La vignette et le rebord sont semblables à ceux de l'assiette n" 394. Le revers est décoré d'une rosace en grisaille, dont les enlacements relient trois figures de termes alternant avec des corbeilles remplies de fruits. On y lit, en lettres noires, le monogramme I. C. — Ancienne collection, u" 8.)
39^. — Pharaon confie a Joseph l approvisionnement DE l'Egypte. — Assiette en émaux de couleurs, avec emploi de paillons et rehauts d'or, détails et inscriptions dorés. — Diamètre, 0,200.
Joseph, tenant une pelle de la main gauche, est debout prés du roi, qui est monté sur une élévation de deux marches ; deux personnages sont en arrière de Pharaon, et un chien blanc à son côté. En arrière de Joseph est un homme prés de quatre sacs alignés , dont deux sont ouverts et laissent voir des grains. Plus loin, à droite, deux portefaix emportent de» .sacs sur leur dos ; à gauche, un homme monté sur un chariot de fourrage charge la paille que quatre batteurs viennent de dépouiller de son grain. Le fond est occupé par des monuments ; on remarque un temple circulaire et une arcade à travers laquelle on aperçoit le paysage. On Ut dans le haut : G. XLI. La vignette et le rebord sont semblables à ceux de l'assiette no 393. Le revers est semblable à celui de l'assielle no 397. On Y trouve de même le monogramme I. C— (Ancienne collection, no 7.)
399. -^ Le mois de Février, d'après Etienne de Laune. — Assiette en grisaille sur fond noir, détails dorés. — Diamètre, 0,200.
Un vieillard assis se chauffe au feu d'une cheminée; une femme, debout, la quenouille à la ceinture, s'en approche; derrière eux, un serviteur apporte du bois sur son épaule. Un chien , un coq et une poule sont sur le premier plan. Par la porte ouverte, on voit la campagne et un homme qui coupe un arbre. Au haut de la composition, le signe des Poissons, et au milieu de l'assiette , sur le mur du fond , le mot FEVRIER , tracé en lettres d'or. Le rebord est orné de mascarons en tons de chair. Le revers .fst décoré de masques et de termes rattachés par des enroulements et
disposés en rosace; une frise en traits d'or complète le décor. — i Ancienne collection , n° 41. '
400. — Le mois de Juin, d'après Êiieyine de Laune. — Assiette en grisaille sur fond noir, détaih dorés. — Diamètre, 0,200.
Une femme assisf, ayant des ciseaux en la main droite, relient de l'autre une brebis posée sur ses genoux ; à sa droite est un homme debout qui lui apporte une seconde brebis posée sur ses épaules, el à sa gauche un autre homme qui se baisse pour emporter celle qu'elle vient de tondre, et dont la laine emplit un panier placé à ses pieds. Le troupeau est en arrière, divisé en deux groupes, et un petit pâtre occupe le. fond du paysage. On trouve en haut de la composition le signe de l'Écrevisse sur fond noir, et le nom du mois écrit en lettres d'or au-dessus de la porte de la maison. Le rebord est orné de mascarons en tons de chair, alternant avec des vases et reliés par des chimères. Le revers esi semblable à celui du n» 399. — (Ancienne collection, n» 44.)
40i . — Le mois de Juillet. — Assiette en grisaille sur fond noir, détails dorés. — Diamètre, 0,200.
Un homme fauche l'herbe d'un pré entouré de fascines ; un peu en arriére de lui, une femme el un autre homme la rassemblent au râteau et en forment de petites meules. Dans le haut de la composition. le signe du Lion sur fond dor ; à l'angle que forme la haie , le nom du mois en lettres d'or. Le rebord eM semblable à relui du n^ 400. Le revers est décoré de trois termes en tons de chair, reliés par des enlacements en grisaille et disposés en rosace. La frise qui entoure et termine est l;i même que celles des n"s 399 et 400. Sur un des enhcements on lit le monogramme IC . et dans un autre un chiffre, composé de deux D accolés, d'un H et d'tin V. — f Ancienne collection , n» 42.)
409. — L'arche de Noé. — Coupe en émaux de couleurs sur fond noir, avec emploi de paillons et rehauts d'or. — Diamètre, 0,263.
Noé est représenté à genoux sur le sol . les deux bras étendus el les . regards élevés vers le Seigneur, qui apparaît dans les nuages el se détache ' sur un fond d'or. L'arche, qui repose sur une prairie, occupe le centre de la composition. Plus loin , on aperçoit une ville fortifiée, dont les murs sont baignés par les flots de la mer. Dans l'espace compris entre Noé el l'arche, on voit la femme du pairiarche el deux de leurs fils, et à un autre plan, le troisième fils, ayant près de lui sa femme. Des couples d'animaux sont répartis de tous côiés , aeboul ou couchés. On remarque au premier
Filan un cerf et une biche . un taureau et une vache ; plus loin deux icornes , deux éléphants, d'autres encore, et mêlés à eux . un lion , un renard, un dindon, un porc-épic; du côté opposé, deux chèvres qui luttent tète à tèle. tandis qu'à l'extrémilé d'un long pont tournant qui conduit dans l'arche, on voit deux chiens prêts à y entrer. Sur le fond de ciel . à gauche du nuage qui porte le Pére-Elerner, on lit en lettres d'or : GE. VI et VII, indiquant les chapitres de la Genèse. Le Seigneur est vêtu d'une
rohe blanche et d'un manteau rouge sur paillon d'or, qui entoure son corps comme une ceinture, et voltige derrière sa tête et ses épaules. La robe de Noé est mordorée . son manteau bleu , son turban rouge pailleté sur paillon dor, ses manches sont d'un ton bleu pâle. Les mêmes couleurs sont réparties sur les autres personnages. Une vignette d'or sur fond noir entoure la composition. Le rerers est orné de trois termes en tons de chair, rattachés à des enroulements en grisaille, qui alternent avec des masques en tons de chair, formant le centre d'autant de cartouches et supportant des corbeilles remplies de fleurs. Le fond est noir, enrichi d'arabesques d'or et circonscrit par une bordure étroite en grisaille. Sur un des enlacements est tracé en lettres noires le monogramme I. C;^ Le pied est décoré de deux petites figures de satyres grotesques alternant avec des groupes formés par un petit terme que flanquent deux animaux fantastiques. Toutes ces figures sont en émaux de couleurs vives et variées , sur fond noir, avec ornements dorés. — Collection Durand, n» 39/2461.)
403. — LoTH ET SES FILLES, d'après Etienne de Laime. — Coupe en grisaille sur fond noir, les chairs colorées, quelques détails dorés. — Diamètre, 0,260.
Loth est représenté assis à côté d'une de ses filles. Elle lui présente une coupe que remplit sa soeur; celle-ci, debout , soutient des deux mains l'aiguière d'où le vin s'échappe. Les figures se détachent sur les parois d'une grotte recouverte de gazon et d'arbres, et surmontée de portions d'édifices en ruines. A un plan plus éloigné, l'on voit la statue de sel , et, dans le fond, la ville de Sodome en flammes.Une vignette dorée entourait la composition ; elle est presque entièrement effacée. Le revers est orné d'un cartouche que décorent des masques et des têtes d'animaux en tons de chair, alternant avec des paquets de fruits. Au-dessus des masques et des tètes sont des médaillons de forme ovale : dans l'un est une figure de lleuve, dans un autre un cerf, dans le troisième une nymphe couchée, dans le quatrième un taureau. Ces quatre motifs sont en tons de chair. On voit sur le fond des traces d'arabesques dorées, et un ornement en grisaille entoure le bord. Sur un détail du cartouche , entre le médaillon du cerf et celui de la nvmphe, on trouve le monogramme LC. — (Collection Durand, no 4iO/2462.)
-i04. — La création du monde, d'après Raphaël. — Coupe en grisaille sur fond noir, les chairs colorées, détails dorés. — Haut., 0,080 ; diam., 0,190.
Dieu, la tète ceinte d'une couronne et entourée d'une auréole rayonnante, vêtu d'une longue robe et d'un manteau, étend la main vers Adam, couché sur le sol, au moment même de la création. On voit dans !e ciel le soleil, la lune, les étoiles; dans les eaux, qui occupent le fond, les animaux de la mer, ceux de la terre et de l'air répandus à divers plans sur les gazons et entre les arbres. Deux de ces animaux seulement sont teintés en couleur de chair. On trouve au-dessous du pied d'Adam le monogramme I. C. en lettres noires. Une élégante vignette en arabesques dorées entoure la composition. Le revers est décoré d'un cartouche orné de mascarons et de guirlandes. Des arabesques dorées couvrent le fond noir; une rangée d'oves entoure le bord ; le pied, en cuivre doré, est de monture moderne ; il est fixé au centre de la coupe par une rosace apparente
à l'iniéricur ; une bande de cuivre entoure également le bord. — Colle»: lion Durand, no .4-2/2464.)
405. — Combat de cavaliers, composition gravée par Ducerceau. — Aiguière en grisaille sur fond noir, les chairs colorées, quelques détails dorés. — Hauteur, 0,265; diamèirCy 0,115.
Les cavaliers sont enlièrement nus, sans casque, et les chevaux sans autre harnachement que la guide qui sert à les conduire. Un des cavaliers, dont le cheval est blessé au poitrail, renverse d'un coup de lance un jeune homme dont le cheval se cabre ; un guerrier mort est étendu sur le sol. A droite de ceux-ci, un guerrier, armé d'un bouclier et d'une épée, a son cheval étendu sous lui et se défend contre deux cavaliers ; trois autres guerriers, à la gauche, combattent à l'épée. La partie supérieure est décorée d'armes et de pièces d'armures disposées en trophées; le pied est orné de feuillages et au-dessous darmes et de masques ; l'anse, en émail blanc, comme l'intérieur du bec, est décorée de légères arabesques de couleur rouge; .ers l'origine de l'anse, on trouve le monogranmie I. C. — ;Colleclion Durand, no 43/2418.)
406. — 1^ Le triomphe de Neptune et d'Am- PHiTRiTE, fragment d'une composition gravée par Ducerceau; 2^ Chasse a l'ours, composition gravée par Heinrich Aldegrever ; 3° Divimtés de lOlympe. — Flambeau en émaux de couleurs sur fond bleu, avec emploi de paillons et rehauts d'or, composé d'un fût en halustre surmontant un renflement en forme de boule, qui s'élève au centre d'un plateau dont le pied, en s' élargissant, se termine en une base godronnée. — Hauteur, ... ; diamètre de la base, 0,200.
Le fût est décoré d'enlacements en grisaille entremêlés de rosaces colorées, se détachant sur un fond semé de légers détails d'or. — 1° Sur le renflement inférieur est représenté le triomphe de Neptune et d'Amphitrile. Portés sur la mer par deux chevaux marins, ils sont précédés et suivis de petits génies à demi cachés par les eaux , de deux triions à barbe blanche, d un plus jeune portant un vase de feu, d'un autre sonnant dans une conque. — 2" Sur h^ plateau est figurée une chasse à l'ours. Un ours debout occupe un des côtés, tenant entre ses griffes la lance qu'un enfant cherche à lui arracher, et tournant la tète vers un autre prêt à le frapper d'une petite massue. Un chien blanc est près de celui-ci, qui s'acharne après l'ours ; deux enfants placés l'un à droite et l'autre à gauche , dans des poses différentes , dirigent tous deux leur lance contre l'animal; derrière celui de gauche, un autre est représenté sonnant du
car. Du côté opposé un ours est renverse ; deux enfants sont sur lui, l'un cherchant à se dégager, l'autre enfonçant son bras dans la gueule de l'animal, un troisième lient ses pattes de derrière; près de celui-ci un autre accourt armé d'une lance ; du côté opposé un cinquième pique de sa lance la tête de l'ours ; un sixième, en arrière de celui-ci, remarquable par son costume militaire, soutient des deux mains une massue posée sur son épaule, et dont on ne voit que Vcxlrémité. Une petite vignette dorée entoure cette composition et est circonscrite par une sorte de collier de perles d'or, coupé de place en place par des plaques rondes ou des paillons simulant des rubis, un lapis et une emeraude, et par quatre petites tètes en ton de chair. — 3° La base est décorée de dou/.e figuresde divinités peintes sur autant de godrons se faisant suite. Ces figures «ont: io Hercule combattant l'hydre; 2" Apofhn: il est couronné de lauriers ; 'âo Hercule enlevant Dejanire à Achéloiis ; 4» Mercure : figurerestaurée ; 5^ Hercule soutenant le ciel ; 6" une figure rendue méconnaissable par des restaurations ; 7° Hercule tenant un arc : Nessus est dans le fond; 8" Cybcle: des animaux sont couchés derrière elle ; 9» Hercule vainqueur de la biche de Cerynée; 10° figure restaurée et dénaturée; Ho Hercule éloufTanl Anlée; 12° figure restaurée et dénaturée. De légères arabesques et une fine vignette dorée complètent le décor. Le contreémail bleu est semé de fleurs de lis d'or. On lit vers le bas, en lettres d'or, ce monogramme L C— (Collection Durand, no o0/:io04.)
40^ . — 1^ Le triomphe de Neptune et d'Am- PHiTRiTE, fragment d'une composition gravée par Ducerceau ; 2° Ceasse a l'ours, composition gravée par Heinrich Aldegrever; 3*^ Divinités de l'Olympe. — Flambeau en émaux de couleurs sur fond bleu, avec emploi de paillons et rehauts d'or , faisant pendant au précédent. — Hauteur, ... ; diamètre de labase, 0,200.
Le renflement inférieur offre le même sujet que le précédent, mais diversement composé. Ncp'unc et Amphilrite sont portés par un dauphin; deux sirènes ailées les suivent et tiennent au- dessus de leur tète une couronne et des fleurs; un amour est devant eux, dans les airs, sonnant de la trompe; trois jeunes tritons sont dans les eaux qui les eachenl à demi, sonnant également de la conque, et derrière eux un triton à barbe et cheveux blancs. Le plateau offre de même un sujet analogue à celui du précédent , mais autrement composé : la hase est ornée de douze figures de divinités, peintes sur autant de godrons et dans la même disposition. Ces figures sont : 1° Jupiter : il tient un sceptre de la main gauche ; ses pieds posent sur la foudre et un aigle ; 2o Pluton : il tient un sceptre de la main droite; 3° Diane : son front est orné d'un croissant; un croissant est également dans sa main gauche et un javelot dans la droite; deux chiens l'accompagnent; 4" /iercw/e combattant le lion de Némée ; 5° Neptune armé d'un trident : près de lui est un cheval marin ; «o Hercule combattant l'hydre à sept têtes ; 7° Vénus : elle porte un sceptre terminé par des flammes; fAmour est debout à ses pieds ; 8" Hercule tuant le dragon du jardin des Hespérides; 9" Bacchus : il presse des raisins dans une coupe qu'il porte de la main gauche ; un jeune satyre est à ses pieds; 10^ Hercule portant les deux colonnes sur ses épaules; ilo figure rendue méconnaissable par la restauration; 12o Hercule combattant Eurvtion ou Cacus. Le contre-émail bleu est semé de fleurs de U*
iVoT; on lit vers le bas. en lettres d'or, le monogramme I. C. — Collection Durand, n» 50/2303.;
La précipitation industrielle a dil envahir ses travaux, et dans cette supposition on pourrait lui attribuer les assiettes dont la description suit. Elles sont ornées de scènes faisant allusion aux mois de l'année, et elles offrent, avec quelques traits caractéristiques de sa manière, la plupart de ses défauts. Au bas de toutes est peint un écusson qui porte : écartelc, au premier et quatrième écbiqueté d'or et de gueules; au deuxième et troisième d'azur à une tête d'or entre un lambel et un croissant du même : posés l'un en chef, l'autre en pointe.
40^. — Le mois de Mai. — Assiette en grisaUle rehaussée d'or sur fond noir, les chairs légèrement colorées. — Diamètre, 0,183.
Un jeune homme à clieval, ayant une jeune femme en croupe qui passe un bras autour de son cou et tient une baguette dorée de la main droite, tous deux en costume du temps de Henri II, se détache sur les arbres d'une forêt. Au haut de la composition, le signe des Gémeaux sur fond pointillé d'or; au bas, cet écu.s.son /Qrrj^^v Le reWM est orné de quatre mascarons , en tons de chair. Y^-^i^ / alternés par des groupes de fruits que dos enroulements y c^r^J rattachent. Le rerers est décoré en cartouche; des masques /^ XIZj colorés sont reliés par des draperies à des enroulements; V^ ïïfjy une vignette et une frise, toutes deux en traits d'or, lenlourent ^vp*=' ç, j^ terminent.— 'Collection Révoil. iif 173.)
40B. — Le .mois de Juin. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs légèrement colorées. — Diamètre, 0,183.
Le sujet est la tonte des brebis. Un homme cl une femme sont assis sur un Icrire de gazon , tous deux ayant une brebis sur leurs genoux et des ciseaux dans la main droite. A leurs pieds est un panier rempli de laine. Derrière eux, et à giiuche, est un pâtre, incliné sur son bâton, qui attend, ayant une brebis prés de lui. Au-dessus de l.i composition le signe de l'Ecrevisse, et au-dessous les armoiries. Le rebord et le revers sont semblables à ceux du n" ^08.— (Collection Durand, n» 19/2436.)
410. — Le mois d'Octobre. — Assiette en grisaille rehaussée d'or sur fond noir, les chairs légèrement colorées. — Diamètre, 0,183.
Un homme foule avec ses pieds des raisins dans un cuvier, où il se titMii
baissé en serrant des deux mains le bord. Un jeune enfant nu est derrière lui, un rameau d'ordans la main droite, et élevant de la gauche une coupe en l'air. Un vieillard, le bâton à la main, apporte des raisins chargés dans une hotte posée sur ses épaules, et une femme s'apprête à verser les grappes que contient une corbeille qu'elle porte sur la tète. Le fond est rempli par des ceps couverts de fruits. An haut de la composition, le signe de la Balance sur fond d'or, et au bas les armoiries. Le rebord et le revers sont semblables à ceux des n»» 408 et 409. — (Collection Durand, no 19/24.35. )
ANONYME
Les Courtois eurent des ateliers; ils eurent aussi de» imitateurs. Préciser le caractère de dessin, de composition et de technique, qui permettra de reconnaître l'un d'eux, est tout ce que je puis faire pour dévoiler cet anonyme.
Sa manière. Ses figures démesurément longues, leur air un peu sauvage, leurs carnations légèrement saumonnées, frappent de prime abord , et rappellent vaguement les défauts de Pierre et de Jean Courtois . Je dis leurs défauts; car l'expression sinistre de ses visages, leurs yeux hagards ou louches, la pauvreté du dessin, la maigreur des formes qui, dans les figures de femmes, va jusqu'à la caricature, tous^ces défauts dépassent de beaucoup les mêmes défauts des deux Courtois. L'anonyme dont je m'occupe affectionne les camaïeux sur fonds bleu lapis avec carnations teintées; tous ses contours sont enlevés durement, et le travail de la pointe entre pour beaucoup dans ses travaux. Il trace de cette manière le dessin général de son paysage et les massifs de son feuillage, puis il remplit les espaces, et modèle avec un pointillé d'émail blanc, apposé au pinceau, qui donne à ses compositions un ton froid et un air mesquin.
411. — Le repas des noces de Psyché, d'après Raphaël. — Plat en camaïeu sur fond bleu, les chairs colorées, quelques détails dorés. — Diamètre , 0,290.
Les Dieux sont assis autour d'une table ; l'Amour, sous les traits d'un enfant, est seul debout près des genoux de Vénus. Les Heures voltigent au-dessus de l'assemblée des Dieux et répandent des fleurs. Une vignette en arabesques dorées entoure la composition. Le reèord est orné de quatre tèles d'anges ailées , reliées par des rinceaux de feuillages. Le revers esl décoré de deux mascarons auxquels sont rattachés des ornements et quatre figures d'animaux fantastiques; un rang d'oves, simulant des cœurs, entoure et termine le décor. — (Collection Durand, u" i6/24i2l.)
41^. — Le mois d'Avril, ci'apm Etienne de
ANONYHE. 27o
Laune. — Assiette en camaïeu sur fond bleu, ehairs colorées, emploi de quelques émaux rouges, détails dorés. — Diamètre, 0,265.
Un berger tenant une houlette est assis, vers la gauehc. sur le devani d'une prairie ; une femme à genoux près de lui tresse une couronne ; une autre femme, placée devant eux. se baisse pour cueillir des fleurs. En avant de ce groupe est un chien couché, et au-dessus on lit le mot avril en lettres noires. A la droite, et à un plan plus éloigné, est un berger adossé à un arbre, jouant do la cornemuse en gardant des moutons qui Tentourent. Dans le fond Ton voit plusieurs groupes de maisons, et le paysage est animé par de nombreuses figures d'hommes et de chiens poursuivant un cerf qui est à la nage dansles eaux d'un étang. Le signe du Taureau est placé dans le haut, porté sur des nuages et se détachant sur un fond doré. Une vignette en arabesques dorées entoure la composition. Le rebord est orné de masques en tons de chair et d'ornements en camaïeu, qui se terminent par des cornes d'abondance. Le revers est décoré d'une composition architecturale, où l'on voit une figure de Minerve; la déesse est denout, casquée, portant une lance et soutenant un bouclier. Elle est surmontée d'un fronton ajusté sur une corniche brisée. Un vase est au sommet. Dechaque côté, des oiseaux chimériques, des têtes de dauphins terminées en arabesques, et au-dessous, des globes surmontésde compas. Une guirlande de feuillages et de fruits complète le décor.— (Collection Durand, n» < 7/24-22. )
413. — Adam et Eve. — Assiette en camaïeu sur fond bleu, les chairs colorées, emploi d'émaux rouges, détails dorés. — Diamètre, 0,227.
L'arbre de vie et de mort occupe le milieu de la composition. Un serpent, qui y est enroule , présente un fruit à Eve, assise sur un tertre de gazon du côté droit. Adam est debout vis-à-vis d'elle, tendant une main vers le fruit, et appuyé delà droite sur un bâton noueux. On voit une licorne, un lièvre et un chameau, dans le fond de paysage. Deux vignettes concentriques, fune dorée, l'autre en grisaille , entourent la composition. Le revers, également bleu et pointillé d'or, est décoré d'une tète vuede profil occupant le centre et entourée d'arabesques. Une couronne de feuillages orne le bord. — (Collection Durand, no 19/2438.)
\ous avons dans l'histoire des peintres français les de Court, et parmi les artistes de Limoges, Susanne de Court et Jean de Court, dit Vigier. N'aurions-nous pas ici un Jean de Court à distinguer de Jean Courtois'? Ce Jean de Court ne serait-il pas le père, comme il est certainement le maître de Susanne de Court, et peut-on supposer qu'il est le même peintre qui succéda à François Clouet dans l'of-
fice de peintre du roi, en 1572 (1) ? Le temps seul peut répondre à ces questions et faire évanouir nos incertitudes; il marche en accumulant des notions nouvelles et des renseignements certains.
Sa manière. Nous avons pour en fixer les signes caractéristiques les deux émaux peut-être les plus importants qu'il ait faits, et dans des données très différentes, l'un sur relief repoussé (2), l'autre sur une coupe de grande dimension (3). Il est évidemment contemporain des Courtois; il les cherche , il les imite. Comme eux, il aime les compositions mythologiques, les ajustements exubérants ; comme eux, il abuse du paillon, il pousse au vif les carnations, et il étend sur le feuillage de ses arbres, ainsi que sur la vejdure de ses gazons, un ton vert froid que des lumières pointillées en blanc rendent encore plus glacial, et cependant il a quelque chose en propre qui le distingue. Ce quelque chose, ce sont des défauts. Considérons-nous son dessin, nous voyons des figures longues jusqu'au ridicule, des profils bizarrement maniérés dans une forme carrée et pointue, avec ce caractère particulier adopté par sa fille Susanne , et qui sert à faire- reconnaître ses ouvrages. Quittons-nous les
(1) Sur le successeur de Clouet, qui devait être un homme de talent, voyez la Rennissancc des yirts à la cour tic France, tomeP"', p. 231 et 317.
(2) Musée du i^ouvre, n" Zjl/j. C'est cehii qui va être déciH.
(3) collection Callet. La conquête de la ïoison-d'Or, peinte ert émail de couleur sur paillon. Le revers en grisaille. Au-dessous d'une femme couchée dans un médaillon, on trouve les lettres L D. C. Une des figures qui se tiennent sur le second plan , spectateur de l'action de Jason , a plus particulièrement ce profd anguleux que Susanne de Court s'est approprié. Diamètre, 0,255. collection Soltikoff, ancien n" 726 delà collection Debruge. Eccc Uo^io; celte plaque a été coupée et rognée pour pouvoir s'adapter, aune place vide, au bas d'un tableau rempli déjà par dix émaux de la main de J. Pénicaud le second. L'association n'est pas favorable à Jean de Court. Tous ses défauts ressortent à côté des productions charmantes de son voisin. J'ai vu dans les mains de M. Meyer, l'habile émailleur de la manufacture de Sèvres, un coifret complet qu'on attribuait à Susanne de Court, mais que je suis porté à croire de la main de Jean de Court. Les sujets de l'histoire de Joseph sont répartis sur la plaque bombée qui forme le couvercle, sur deux grandes plaques qui garnissent le» longs côtés, etsur quatre autres beaucoup plus petites qui occupent les extrémités. Les nombreuses figures placées dans la composition se détachent sur des fonds rubannés que Jean de Court affectionnait.
figures pour examiner l'architeclurc, les yeux sont choqués par un bariolage des couleurs de l'arc-en-ciel, qui s'élend en longs rubans sur les murailles, les colonnes et les degrés. Enfin, il faut bien remarquer l'abus du paillon et l'excès des rehauts d'or (1). La part ainsi faite à une juste critique, on sent malgré soi cette sévérité d'appréciation faiblir devant des émaux exécutés avec un soin précieux, et dont les figures, gracieuses jusque dans leur maniérisme, se détachent en tons clairs, en carnations saumonnées sur un fond d'ornements colorés de tons harmonieux, bien que .sombres.
Il signait ses émaux des trois lettres ♦I^D^C* ^^''
414. — Minerve. — Êcusson de forme ovale, sur métal repoussé, en émaux de couleurs, avec emploi de paillons et rehauts d'or. — Hauteur, 0,520; largeur, 0,400.
Elle est représentée deboul, la icle coiffée d'un casque que surmonte une crinière blanche; son bras gauche soutient un étendard, le droit s'appuie sur uu bouclier où est figurée la tète de Méduse; à ses pieds est une choucltc placée sur deux livres superposés. On aperçoit, dans le fond, une ville fortifiée qui figure sans doute Athènes. Les cheveux de la déesse sont blonds, sa robe est de couleur mordoré, le manteau bleu d'azur, la cuirasse, le casque et la chaussure mi-partie bleu pâle, mi-partie aventurinc, l'élendard est bleu p;'de. Toutes les couleurs sont sur paillon. Le plumage de la chouette les réunit toutes ; la tête de Méduse est en tons de chair. Le cartouche, de large dessin, qui forme autour de la figure de Minerve un riche encadrement, est repoussé en relief; ses ornements sont dorés et enrichis de paillons enchâssés qui imitent le saphir, le rubis, Témeraudc, la turquoise et l'améthyste. Deux grandes figures à micorps, et deux masques d'un relief plus prononcé que les enroulements. y sont rattachés. Ces figures, homme et femme, en tons de chair ainsi que les masques, placées comme dessupporlsàdroile et à gauche, sont engagées au-dessous de la ceinture dans les membres du cartouche. Un fort mascaron placé dans le bas est coiflé de draperies et flanqué de fleurs et
(1) Collection Bâillon. Petite plaque. 'Vénus et rameur au milieu de rinceaux et d'arabesques; au bas, deux satyres. Cette composition est imitée d'une {gravure d'Etienne de Laune. On lit à droite les trois lettres J. D. C. C'est le n" 751 de la vente Debruge. Hauteur, 0,120; largeur, 0,100.
(2) Mui^^'c du i.ouvre, n" liilt. M. l'abbé Tcxier cite, de ce même artiste, un plat ovale de la collection de «tmc de la j^ayette. Moïse élevant le serpent d'airain en vue des Israélites, signé I. D. C. Je viens de décrire ce même sujet traité par Jean Courtois. Le n° 750 de la collection nebrugc p'irtait le monogramme I. D. C, et représentait la mort d'Adonis.
de fruits en relief. Dans le haut, une lêle de génie est posée sur une écharpe que retiennent deux agrafes de pierreries. Au-dessous de celle tête, on lit en lettres d'or le monogramme I. D. C. Des fleurs, des fruits et des brindilles d'or, décorent le fond noir sur lequel se découpe la> silhouette du cartouche. Le contre-émail est incolore.— (collection Durand, no 59/2519.)