JEAN COURT, DIT VIGIER
On a voulu faire un seul émailleur de Jean Court et de Jean Courtois : c'est commettre une erreur. Les deux talents diffèrent autant que les deux noms, et ceux-ci se trouvent dans les documents du XYI^ siècle concurremment et en présence. M. l'abbé Texier a même découvert, dans un rôle de taille du XVIe siècle, les insertions suivantes : Canton de Magnynie : Jehan Courte dit Vigier, esmailleur, et petit Jehan son fils. Puis plus loin, après d'autres noms: Jehan Courieis, et enfin les heoirs de feu Courteis, esmailleur.
Il signait ses émaux des lettres 'rC'DV- (1), et plus souvent il écrivait son nom en toutes lettres (2) ; a lvmOges Cette signature se trouve sur une coupe (3), PAK/ehan et on lit sur le revers d'un beau plat (4) : COvrtdit
«^S'»BAR'lEHAlT«C0VRT"Drr^VIGlER-I5V.Ce qu'il y a de singulier, c'est qu'aucun de ses ouvrages ne porte d'autre date. N'aurait-il donc consacré que ces deux années à son métier d'émailleur?
(1) Musée du i^ouvre, n° A08.
(2) collection pourtaies, n° 198. Une coupe. Hauteur, 0,170 ; diamètre, 0,135. C'est une pièce charmante, et comme émail un chef-d'œuvre. Elle est bien décrite dans le catalogue de M. J.-J. Dubois. J'extrais ce passage de sa description : Sur le bord du piedouclie dont te dessus est semé de fleurs de lys d'or, se voit rèpèié l'ccusson de Marie Stuart, à qui ce beau vase a dû être présenté lorsque cette princesse n'était encore que la fiancée de François II, qu'elle épousa le 2^ avril 1558. La coupe était digne de cette charmante princesse , et l'hypothèse est très acceptable.
(3) On lit exactement la même signature sur le couvercle dépareillé d'une autre coupe, collection iza czartoryska. Diamètre, 0,180.
(4) collection callet. Grand plat peint en grisailles, chairs teintées. Dans le fond, le repas des Dieux, d'après Raphaël. Au revers, un encadrement sur lequel on a tracé la signature que je donne plus haut en fac-similé, mais après en avoir réduit les dimensions de moitié.