JOSEPH LIMOSIN
ment (l).Nous n'avons sur sa vie aucune notion; peut-être était-il le frère de Jean Limosin, Ses œuvres ne signalent pas un talent, et elles prouvent, la plupart du nioins, (ju'il comptait plus sur le génie inventif d'Élienne de Laune que sur le sien.
Sa manicre. Le ton général de ses émaux le rapproche de ses contemporains Jean Limosin , Susanne de Coun, Martial Raymond; mais il avait plus de finesse dans sa louche, plus de netteté dans son dessin, plus de propreté dans l'ensemble de son exécution. Ses figures ont les chairs modelées par un travail de pointillé et de hachures qui les ferait rentrer dans la classe des émaux de Toutin et de Petilot, si ces émaux pouvaient former une classe à part. 11 résulte de ce procédé des nuances fondues et des formes arrondies qui, avec l'assistance des jolies compositions d'Etienne de Laune, auraient produit des émaux parfaits, si Joseph Limosin avait pu éclairer son travail minutieux de quelques lueurs de génie. Tous les vètemenls sur paillon sont rehaussés d'or apposé en hachures très fines; les fonds sont remplis par des rinceaux et des arabesques en or et en tons verts, qui leur donnent une apparence vermiculée.
431. — Minerve et les Sciences, d'aprèa Etienne de Laune. — Salière à sixjmns, la hase et le faite circulaires, en émaux de couleurs sur fond noir, avec emploi de paillons et rehauts cV or. — Hauteur, 0,100; diamètre, pris à la hase, 0,142.
Chacun des six pans est décoré d'une petite fisure debout, au-dessus de laqucUe est suspendu un pavillon de couleur bleue ; au-dessous, cl à quelque distance des pieds, est peinte une copsole de couleur aventurine rehaussée d'or. Des rinceaux de feuillages s'enroulent autour des lignes dorées qui marquent les arêtes des pans . et de légères brindilles d'or sont semées sur les fonds. Les six figures sont copiées fidèlement des gra-
(1) Je lis dans la description des objets d'art qui composent le cabinet de feu M. Joan. D'IIuyveiler, à Gand, dont la vente doit avoir lieu le 19 octobre 1851 ; >«"' 648 et 6/i9 : deux salières de forme conique. La marque .IL, Jean Léonard? sinon plus ancien. Hauteur, 0,090. Ce point d'inlerrogalion est supcrr.ii; ces lettres se traduisent Josepli Limosin, et Ton m'a dit que ces salières étaient de la main quia exécuté la salière du Louvre n"^ 437 ; seulement celles-là sont très restaurées, tandis que cclk-ci est intacte. ■
vures d'Etienne de Laune, datées de •1509 : 1° Minerve, appuyée de la raain gauche sur sa lance et soutenant de la droite un bouclier sur lequel est peinte la tète de ftléduse; — 2a la Physique sous les traits d'Apollon couronné de lauriers cl jouant de la lyre ; — 3» /o Musique, représentée dansant et frappant des cymbales; — h la Sapience, tenant un livre ouvert ; — 5° ^a Dialectique, jouant d'une sorte de flûte cl dansant; — 6° la Grammatique, sonnant dans une longue trompette. Au-dessous de la cinquième figure on lit cette inscription, en Ictiresd'or : Joseph Limosin feci. L'ornement circulaire qui contourne la base simule un collier de pierreg enchâssées, alternativement saphirs et améthystes. La partie concave de la salière, celle destinée à receTcir le seK est décorée d'une figure à micorps, de proportion beaucoup plus forte que les figures du pied; elle est vue de dos, le visage ramené de trois quarts; le bras gauche étendu esl en partie caché par un Ironc d'arbre, cl la main droite élevée va servir d'appui à un faucon qui semble revenir à son mailre. Des rosaces sur paillon et des brindilles d'or forment une frise qui décore le rebord supérieur. I.e contre-émail bleu est parsemé de fleurs de lis d'or d'un élégant dessiu. — Collection Durand, n» 48/2i97.)
LEONARD LLMCSIN.
Ou lit sur les rôles des tailles, ou des itnpositions, de Limoges, à la date de 1623, le nom d'un Léonard Limosin qui était probablemenl un neveu, peut-être un fils de ]'émailleur du roi, et dont nous trouvons des émaux signés les uns de deux LL {!), les autres de sa signature accompagnée de son paraphe CùnwfcttM ^2;.
Sa manière est celle de ses contemporains Jean et Joseph Limosin, une routine, un métier où l'art et l'originalité
(1) cosieetïon SoUiUoff. Ancien a" 780 de la collcclion Debruge. Salière à six pans, chaque pan décoré d'une ligure mythologique. Aux pieds et à gauche de Venus, on trouve le monogramme tracé en or. Le revirs est bleu clair. Hauteur, 0,080; diamètre, 0,100. collection £ialfâ. Plaque de miroir, forme cvaK''. Concert de trois femmes assises sur le gazon. Eli:s sont nues jusqu'à la ceinture, et leurs robes brillent sur paillon des couleurs bleu de deux tons et brun. Leurs airs de tête et leurs proGls semblent einp^'^ntés aux émaux de Susanne de Court. Le ciel, bleu d'azur, esl parssmé de- rayons dorés disposés de place en p'ace et régulièrement. Ou lit au bas, à gauche, la signature LL tracée en or. Hauteur, 0,100 ; largeur, 0,070.
(2) collection souiafjcs, à Toulouse. Je n'ai point vu cet émail; j'en parle d'après les notes qui me sont fournies. Plaque de miroir octogone; au crnt-e, Jupiter et Caîisto. Sur les bordures, des têtes d'amours, des triions et des animaux au milieu d'un semis de fieui-s variées. Les deux figures principales sont d'un dessin peu correct, le reste d'une exécutioa précieuse. La signature se lit au bas de la composition centrale. Hauteur, 0,082; largeur, 0,065.
F. E. S. LOBAUD. 299
Cèdent le pas à une adresse de main qui suffit à tout; ses petites figures ont le profil pointu des petites figures de Susanne de Couri, mais elles sont plus courtes et moins bien sur leurs jambes; il les fait détacher sur un émail noir qu'il rend brillant par un petit travail de résille d'or, en pointillé et en rinceaux.
F. E. S LOBAUD.
Je n'ai sur cet émailleur d'autre renseignement que la description d'une pièce exécutée et signée par lui. Voici comment la décrit M. Didier Petit, qui en était possesseur: Triptyque de 08 centimclres sur 29 1/2, ayant dans sa partie du milieu un émail de 23 centimètres, peinture de couleur représentant le Calvaire, signé FES Lobaud ^ 1583 (1).
F.P MUIBIELLE.
On a vu dans la collection de M. Didier Petit un émail qu'il a décrit ainsi dans son catalogue de vcrile : Émail de 20 centimètres; peinture de couleur représentant saint Pierre, saint François d'Assise et un moine; signé F. P. Mimbielle, lo84. J'ai vainement cherché cette plaque, et l'émail de Lobaud cité plus haut, dans les soixante collections où j'ai trouvé des émaux. Les indications consciencieuses du catalogue de M. Didier Petit permettent d'adopter ces noms sous sa seule garantie.
Cette signature de Jean Courtois accompagne quelques émaux qu'il est impossible d'attribuer à ce peintre, non pas seulement parce qu'ils sont médiocres, ils pourraient appartenir à ses débuts, mais parce qu'ils sont étrangers à sa manière de traiter les émaux, et exécutés dans un genre mesquin qui ne fut adopté qu'après lui.
Sa majiicre. Absence de talent; carnations pâles el presque livides, le bleu dominant dans le ton général; les
(1) N» 27 du catalogue de vente.
20i) NOTICE DES ÉMAUX, BIJOLX, ËfC.
vélemenls violets et bleus sur paillon avec rehauts d'or, pointillés sèchement (1).
Nous devons attendre d'autres renseignements pour traduire avec certitude ces deux lettres. La signification du monogramme M R nous a été donnée par la signature de Martial Raymond tracée en toutes lettres, peut-être aussi trouverons-nous Jean Raymond inscrit sur quelque émail. Jusque-là contentons-nous, pour éviter la confusion, de marquer les traits caractéristiques qui le distinguent.
Sa manière. L'effet général de ses émaux de couleur le rapproche des de Court ; ses compositions sont animées, mais le dessin en est faible. On est frappé de l'insignifiance des physionomies et du louche de tous les yeux. Plusieurs collections possèdent de ses émaux, tous signés des lettres I R(2); l'un d'eux est daté de 1623 (3).
Aucun document, aucune indication même, ne nous vient en aide pour expliquer ces deux lettres (4), qui se rencontrent sur des émaux en
(1) collection Albert oecombe. L'Adoration de l'Enfant- Jésus par les bergers. Toutes les figures, sans exception, ont les yeux si dévotement baissés qu'elles semblent endormies. Hauteur, 0,145; largeur, 0,110.
(2) eollectiou Andrew Foautaine. La Cène, signée IR. Hauteur, 0,547. collection Didier Petit, n° 172 de son catalogue, collection scarnal. Une petite plaque: en haut, la Trinité; en bas, des moines en prières. Quatre lignes d'inscription commençant: imn salas, finissant : cl louis amor. Au-dessous de la composition, les lettres IR ; au dos, ce nom qui est une indication : M. F. VERTHAMON, et audessous les lettres CDR. Hauteur, 13 centimètres environ.
(3) collection lïidier Petit. N° 171. Émail de 14 centimètres de haut sur 10 de large. Peinture de couleur représentant Jésus-Christ, signée IR 1G25.
(4) M. Didier Petit, décrit, sous le n° 114 de son catalogue, un médaillon de Cléopàtre signé IP, et il ajoute : C'est Ir marque de Jean Pcnicaiid jeune, — à la condition toutefois que la manière réponed à ce que nous savons de son style, car autrement celte marque, comme on le voit, peut s'appliquer à d'autres.