‹ Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 5 sur 125 · ÉMADX INCONNUS AUX ÉGYPTIENS · texte numérisé non relu

ÉMADX INCONNUS AUX ÉGYPTIENS

dont les dessins (des lions et des ornements) sont formés par un cloisonnage découpé, rempli de couleurs variées ; 2» une égide faite en forme d'oiseau à tèle de bélier et à pieds de vautour. Le travail de l'orfèvre, pour imiter le plumage de l'oiseau, est d'une finesse merveilleuse; 3'' une autre égide décorée au milieu d'un vautour associé à l'ureus et à un autre oiseau à tète de bélier; 4» une porte de naos, en or, dont la corniche et le cordon qui suit les bords sonl cloisonnés. Ces quatre objets, d'une fabrication identique, sont colorés avec les mêmes substances. Si ces couleurs avaient pour base les éléments vitrescibles de l'émail , elles auraient conservé leur fraîcheur tout aussi bien que des faïences émaillées; mais des mastics, les uns colorés, les autres retenant des morceaux de lapis-lazuli qui n'auraient pu supporter la chaleur du four, se sont délités, ternis, mis en poussière. Ce n'est donc pas un spécimen des émaux cloisonnes des Egyptiens , mais la preuve que ce procédé leur manquait,' et qu'ils l'ont remplacé, avec beaucoup d'habileté, par un expédient ingénieux. Quel éclat, quel délicieux effet eût produit un véritable émail dans ces cloisons d'un si admirable dessin!

Tout cela, comme on voit, ne supporte pas l'examen; un petit épervier de cette dimension, cloisonné en or, dont la tête de femme est remplie de pâte rouge, le corps, de deux nuances de bleu, et les pattes, de blanc, m'a mis plus longtemps en hésitation. Là, aucun emploi de lapis ou autre pierre de couleur. Il est évidentque si l'analyse chimique peut soumettre à ses fourneaux une parcelle de ces mastics colorés, elle nous dira ce que nous avons à en penser : si c'est un émail ou un mastic. Jusqu'à preuve du contraire, je soutiens que c'est un mastic; j'en ai pour garants : 1° la parfaite résistance de l'émail qui couvre les faïences égyptiennes; 2° des procédés tout à fait semblables appliqués au bois , c'est-à-dire à une matière qui s'enflammerait, si on l'exposait à la chaleur nécessaire pour mettre l'émail en fusion (1); enfin 3" l'isolement de cette procîuction. '

(1) On peut voir dans les vitrines de la collection égyptienne du Louvre, deux enseignes militaires et un montant de meuble, tous les trois en bois, tous les trois incrustés absolument de la môme manière et avec les mêmes substances. " ■-* -

26' r^Mri^iUy^^s w/mWiM-

■ ' tc'so n t ta' I es 'se iû s 'ôljj e t s ' MV 'd i sF îis s i o ii d ans fa Vol le cTftà] <?§Vpiiènné du Louvre, et lc$ colleclions de Londres ^/ilë

; ' - îil > ' '>'. v-jJiOLI'

(1) Le docteur Brugscli cite un bandeau d'or onié de rUrfewsKjui appartient au Musée égyptien de Leyde, et qui aurait été (^maillé à sa surface, et incrusté de pierres de couleur. Ein grosses^ mit (tan IJrœus vcrsilioics goldcncs Sllrnbanil, an scincr Aussenflœchc blau nnûillirl uiidudl farbigcn Slcincn bcsclzl. Cette association depierrCS et d'émaux est pour moi, je le répète, la preuve que ces bijoux ne sont pas émailié?, pas plus que les enseignes militaires en bois ne peuvent Tètre, bien qu'étant ornées de la même manière elles en aient toute l'apparence.

(2) M. le docteur Kugler parle, dansle KunsthtatlAw 22 janvier 1853, (îe bijoux d'or trouvés àMeroo, par Fcrlini, ctdont un^partie est entrée dans le Musée de Berlin. Selon lui, tous ces b'joux, qui furent l'ornement d'une reine égyptienne, sont émaillés d'après le procédé des émaux cloisonnés : «DieFarbensind helleres und dunkleresBIau, Griin, « auch Weiss und Schwarz zur Darstellungdcs beliebten symbolischen K Ornamentes in der Form des Auges. Aile diesc Farben ersclitineii K durchaus als ein harter Schmelz, der fliissig in die Fiitlungen ein- « gelassen und in diesen in nicht gleichartiger Hanche erharlet ist. » Les couleurs sont le bleu clair cl fonce, cl le vcrl ; on a employé le blanc et le noir pour rendre l'ornement sxmbolitjue favori, en forme (l'œil. Toutes ces couleurs paraissent positivement formées d'une composition fondue au feu sur le mci(el, et durcie, bien qu'à des niieaux dosèrent s, dans les espaces laissés entre les cloisons. ]\L le docteur Kugler aflirme, comme on voit, que c'est bien 15 de l'émail, et cependant je ne changerai pas d'opinion, parce que j'entrevois dans la description même de l'illustre savant, que ces bracelets de Meroe sont de la même fabrication que les bracelets de lacoUeetion égyptienne du Louvre, et j'ai dit que je ne les croyais pas émaillés. Ainsi, cette description !.e termine par ces mots : a Wesentlich verschieden von ihnen ist ein« u ausserdem vorkommende rolhc Fiillung, die sich, eben so bcstimmt «ois Incrustation, als aus eingekitt(ten geschliffenen Steinchen « besteliend, erkennen loesst. » Tout-à-fait dijfcrcnt de ces émaux (le bleu et le vert), est un re-mplissage de couleur rouge qui parait cire une inscrustaiion de pierres taillées, polies et retenues par un 7nasiie. Ainsi donc, dans la même pièce cloisonnée, des cloisons auraient été remplies, les unes d'émail, les autres de pièces inscruslées ou fixées dans du maslic ? Cela n'est pas probable. Je dirai plus, au point de vue technique et pratique, cela n'est pas possible; et la présence du lapis-lazuli dans les bijoux du Louvre m'a servi d'argument pour les exclure de l'émaillerie.

(3) On lit dans le catalogue des collections réunies (Vereinigten Sammlnngen), rédigé par le professeur Hcfner, n' 2: fier goldenc

nVîi î n s' Trô'i/ \' ^l' 'd 'a]ô\ ■au dn 'o i ' nt a i ^ (fe fal) r li j ii c' e g" y p l i en i j (■ . iiaa prciLVii hûuajqIIcl à riippuida iiûLiii.^fiuHou/Des sU:luelles (!e Venus à la lèle radiée, ont le cou charge d'ainnlelles, les unes prises dans le bronze, les autres en verrolerics incrusices à froid el fixées dans un mastic (J). Ces statuettes répondent toutes à un ancien type, mais la pauvreté du travail el la décadence du dessin placent ces bronzes, les uns à la fin de la domination grecque, les autres à la fin de la domination lomaine. Si Memphis, Athènes ou Rome, avaient connu l'application de l'émail au métal (2), ce procédé ne se serait pas perdu, et les ouvriers d'Alexandrie ne l'auraient pas remplacé par un expédient grossier.

yii-}! spangcn viil cmail/c, ans ^Eii^yplcn durch D^ Fcrluii f;cbruchl. — « Quatre bracelets d'orémaillé apportés d'Egypte parle D' Ferlini. « Ces bijoux sont de la même provenance que ceux de Berlin, mais ils n'étaient, peul-êl:e pas acquis, lors de ma dernière visite à Munich en 1844; en tout cas, je n'en ai conservé aucun souvenir, mai^ M. La Barte, qui revient de celte ville, m'affirme que ces bracelets sonl d'un des^sin dilîérent, mais du même travail que les bracelets de la collection égyptienne du Louvre. Ce n'est donc pas de l'émail n)is en fusion sur le métal, c'esl-à-dire un véritable émail.

(1) M. Michelini a acquis de Clo'.-bey des bronzes trouvés à Alexandrie, et, entre autres, une de ces Vénus au collier d'amulettf^ incrusté de verroteries bleues. Ces bronzes sont entrés dans la collection du Louvre.

(2) Les antiquaires, faute de s'être attachés à celle distinction, ont porté confusion dans la question. L'art de l'cmaillcur claii ccrlai- }(Cmcyrl proiujitv par les ancicniihobilantsdc Thèbes, dit M. Champollion- Figeac ; el il a raison, puisqu'il n'étend pas cet art au delà de son application à la poterie. Ce qui reste d'cmaii.v ;^rces est ietlenicnt eonsliUrnble, écrit de son côté M. Dussieux, que l'on doit rejeter {'opinion qui suppose que eet nrl fut iitroniiu ou peu répandu elicz les anciens; cl M. Du=sieux n'a pas tort, car il n'entend parler que des fils de verre de cou'eur qui, disposés en mosaïques et soudés par le feu, présentent dans leur section d(?s dessins délicieux. Les Ronuiins n'ignoraient pas l'art d'éwailler . dit M. AmauryDuval dans l'explication des planclics de Denon: el l'observation est juste, car il s'agit de poteries émaillées. Rien de tout cela cependant n'appartient à l'émail fondu sur métal , c'est-à-dire à ce que nous désignons sous le nom d'émaux. Lne note, que M. Albert Way avait reçue dç ^l, Dubois, mérite plus d'attention,

Page 1