‹ Notice des émaux, bijoux et objets divers exposés dans les galeries du Musée du LouvreChapitre 9 sur 125 · ËBIAUX DE LIMOGES DU VII^ AU IX'' SIÈCLE · texte numérisé non relu

ËBIAUX DE LIMOGES DU VII^ AU IX'' SIÈCLE

pour autoriser une affîrination , et elle est satisfaisante , parce qu'en confirmant le texte important de Philoslrate, elle jette une clarté dans ces origines toujours obscures. Les fouilles faites en France, ancienne Gaule, dans une partie de la Gaule-Belgique et de l'Angleterre, ont toutes mis au jour de nombreux bijoux et ustensiles émaillés : les fouilles faites en Italie depuis des siècles n'ont rien produit de ce genre (1), et au delà du Rhin, danstout le ^■ord, où les tombeaux de toutes dispositions ont rempli les musées de bijoux en or et d'ustensiles en bronze, les objets émaillés y sont inconnus, ou au moins tellement rares et d'une origine si incertaine, qu'on peut avec assurance établir que l'cmaillerie n'y fut pas pratiquée, et que les bijoux émaillés y sont d'importation (2).

La rareté des pièces d'orfèvrerie desXVIeetWir^ siècles suffit pour expliquer la disparition presque complète des émaux qui furent exécutés en France du VIl^ au IX*^ siècle : mais on ne peut douter que les orfèvres aient été à l'œuvre dans les moments de tranquillité qu'obtint la société au milieu de ses traverses. Eh bien! ces bijoux, ces pièces d'orfèvrerie étaient, certes, émaillés; supposer le secret de l'émail perdu, c'est supposer l'anéantissement complet et général du métier d'orfèvre et de ses traditions. Rien n'indique quelque chose d'approchant d'une pareille catastrophe; au <'ontraire, les textes prouvent, ne serait-ce que par des des-

(1) Mon dernier voyage en Italie est de 18Z|4, mais j'ai consulté les archéologues qui reviennent de Rome, et particulièrement M. Perret, restimable auteur des Recherches dans les catacombes. Après une étude attentive de tous les objets dont se compose le Musée ciirétien du Vatican , il a pu m'affirmer qu'il n'en avait trouvé aucun portant traces d'émail. En effet, j'ai revu ses portefeuilles, et ils ne contiennent que des dessins de ces fonds de coupes qui renferment des feuilles d'or gravées , prises entre deux couches de verre. Ce procédé ingénieux n'a rien de commun avec l'émail.

(2) J'ignore si des fouilles modernes me contrediront, je parle ici d'après des souvenirs qui datent de 1836, époque de mon dernier voyage en Danemark, en Prusse et dans quelques parties du nord de r Allemagne. Tous leurs musées regorgent d'antiquités nationales, et les objets émaillés y sont très rares. Or, quelques exceptions ne suffisent pas pour infirmer mon assertion. Quand un procédé est connu dans un pays, il s'en infiltre quelque chose dans les contrées voisines, mais c'est dans ce pays seul que les fouilles sont productives et que les exemples abondent.

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