‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 10 sur 483 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Indiquer rapidement les phases principales de la renaissance en Italie et en France; esquisser l'histoire de l'origine et de l'accroissement successif de la collection de tableaux du Musée impérial : tel est le but que nous nous sommes proposé dans cette introduction.

Isolée de celle des autres collections dont elle a partagé les vicissitudes, et privée surtout des nombreux documents peu connus ou inédits sur lesquels elle s'appuie, cette histoire perdra nécessairement une grande partie de son intérêt. Cependant, comme dans la Notice suivante nous avons donné la biographie des artistes et des détails curieux sur les destinées de leurs ouvrages , nous croirions n'avoir rempli qu'une partie de la tâche que nous nous sommes imposée, si nous ne détachions pas d'un travail beaucoup plus complet quelques pages dont la place est naturellement marquée en tête de ce livre ; si, en un mot, nous n'essayions pas de dire par qui et comment tant de chefs-d'œuvre, épars autrefois, se trouvent maintenant rassemblés au Louvre.

Jamais les traditions de l'art antique ne s'éteignirent entièrement en Italie. Les longues ténèbres du moyen âge ne furent pas si épaisses qu'on ne v it apparaître, même pendant la grossière période du ixe au xe siècle, quelques monuments, témoignages irrécusables de sa vitalité. Au xi» siècle, l'esprit humain, engourdi durant tant d'années de barbarie, paralysé par la crainte de la prochaine destruction du monde, se réveille enfln , et, délivré de la terreur qui l'oppressait, reprend sa marche avec un vif essor. Dès le xii« siècle^ chaque province de l'Italie morcelée en petits états, chaque ville veut remporter sur ses rivales par la richesse et par la beauté de ses édifices. L'architecture, la première, enfante des prodiges d'élégance et de hardiesse; bientôt après, la sculpture cherche à se modeler sur les restes précieux de l'antiquité. Nicolas de Pise, en 1213, imite le style d'un sarcophage représentant une chasse d'Hippolyte. Son fils Giovanni, son élève Arnolfo, puis Orcagna, Donatello, Ghiberti, se pressent sur ses pas, et ces nobles génies, tout en s'inspirant aux sources pures de l'art ancien, créent un art nouveau.

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