‹ Notice des tableaux exposés dans les galeries du Musée impérial du Louvre (volume 2)Chapitre 15 sur 483 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

école nouvelle. Il meurt après quatre ans de séjour sans avoir rien produit.

Mais le goût naturel de François pour la magnificence s'était trop développé encore à la vue des merveilles de l'Italie , pour s'éteindre avec la vie de l'éminent artiste. Déjà , grâce à ses prodigalités , les lettres et les sciences étaient parvenues à un degré de prospérité que les autres nations pouvaient nous envier. Les universités et les imprimeries de France brillaient d'un éclat égal à celles de Pavie , de Venise et de Padoue. Le souvenir d^s palais élevés par Martini , Bramante, Sansovino^ revenaient sans cesse à la mémoire du roi. Ce n'est plus un grand peintre qu'il veut avoir prés de lui^ ce sont tous les artistes célèbres qu'il convie à sa cour. Si Raphaël et Michel-Ange ne peuvent abandonner Rome, ils envoient des chefs-d'œuvre pour s'excuser, et d'autres artistes italiens viennent lutter avec les artistes français. L'architecte Serlio travaille en concurrence de Pierre Lescot; Cellini, de Jean Cousin et de Barthélemi Prieur; André del Sarte , leRosso,le Primatice, quittent leur patrie accompagnés de leurs plus habiles élèves. Unelégion de peintres italiens, Niccolô deirAbate,G Pellegrini, Bart. Miniati, G.-B. da Bagnacavallo , etc., se rangent sous leurs ordres pour décorer le palais de Fontainebleau que François 1er fait rebâtir, et partagent les travaux avec Louis Dubreuil, Jean Samson, Charles et Thomas Dorigni, les trois Lérambert, etc.^ peintres français dont l'histoire , peu soucieuse de nos gloires nationales, n'a conservé que les noms.

C'est à François 1er qu'il faut faire remonter l'origine des collections rassemblées maintenant au Louvre, collections qui eurent pour premiers joyaux des peintures italiennes, pour écrin le palais de Fontainebleau. Partout le monarque fait recueillir et acheter des objets d'art à grands frais : antiquités, médailles, camées, orfèvrerie, bijoux, peinture, sculpture, tout ce qui porte l'empreinte d'un beau style, il veut le posséder. Si André del Sarte se déshonore en dissipant les sommes qui lui furent confiées pour des acquisitions de tableaux et de statues, Primatice accomplit glorieusement sa mission de pourvoyeur du roi. Il rapporte d'Italie 124 statues antiques et une grande quantité de bustes; il fond en bronze, avec l'aide de Vignole, les plus précieuses figures dont il ne peut se rendre possesseur, et moule la colonne Trajane. Si on ouvre les comptes de dépenses de François 1er pendant un espace d'environ 10 ans (de 1528 à 1539), on verra jusqu'à quel point il est curieux

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