F. REISET
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La lettre précédente indique nettement dans quelles circonstances et pourquoi cette nouvelle édition de la Notice des tableaux exposés dans les galeries du Louvre a été entreprise. Il nous suffira d'ajouter ici quelques mots sur les améliorations que nous avons tâché d'y introduire.
Un ouvrage de la nature de celui-ci ne peut en aucune manière prétendre à la perfection. Il est et sera toujours, quoi qu'on fasse, incomplet ou fautif, parce que, tous les documents inédits concernant les artistes eussent-ils été mis en lumière, il resterait encore dans leur histoire et dans celle de leurs œuvres des doutes, des points obscurs que la sagacité des érudits les plus expérimentés ne pourra jamais résoudre. En fait de catalogue, il faut se contenter d'une bonté relative. La tâche la plus importante qui incombe à son auteur, c'est de tracer un cadre et des divisions où les faits de diverses natures viennent se classer sans confusion ; un cadre en quelque sorte élastique où les rectifications, additions, retranchements puissent s'opérer indéfiniment et» sans trouble pour l'économie générale. La méthode, la clarté, le courage de la édition, courage plus grand qu'on ne pense, voila ce qui appartient réellement en propre à l'écrivain de catalogue ; le reste est une affaire de temps, de patience et quelquefois de heureux hasards.
Nous n'avons rien à changer au plan adopté par nous dès l'origine, et dont l'exposition se trouve dans Y avertissement qui suit ces lignes. Quinze années d'expérience, treize éditions réelles, c'est-à-dire renfermant toutes des modifi-. eations importantes, nous ont appris qu'il suffisait aux exigences des visiteurs et à la facilité des recherches. Nos efforts se sont principalement portés sur la révision des biographies anciennes, dont un grand nombre a été refait entièrement;
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sur la rédaction des nouvelles, nécessitée par Tintroduclion d'œuvres de maîtres dont le Louvre ne possède des spécimens que depuis 1855, date de la dernière édition ; sur les attributions, question délicate que nous n'avons abordée qu'avec la plus grande réserve , et en nous éclairant des lumières des personnes les plus compétentes. Enfin, on trouvera ici pour la première fois le fac-similé des signatures des artistes, quand ces signatures ne sont point tracées en caractères majuscules semblables aux lettres imprimées; celui des monogrammes et le dessin des armoiries peintes ou sculptées qui peuvent servir à faire trouver le nom d'un personnage représenté ou du possesseur d'un tableau.
L'introduction de nouvelles peintures, le changement d'attributions de certaines autres, semblaient devoir entraîner un numérotage nouveau. Deux graves considérations nous ont empêché de l'effectuer : la construction des salles destinées à recevoir définitivement les tableaux n'est point terminée, le choix de ceux-ci, leur nombre ne saurait donc être fixé, et ce n'est que lorsqu'il le sera qu'il conviendra de procéder au changement des numéros. En outre, prés de 90,000 exemplaires de cette Notice ayant déjà été vendus, nous n'avons pas voulu forcer en quelque sorte les possesseurs de ces livres à une nouvelle dépense, et rendre invérifiables les citations faites par les écrivains qui ont Thabitude de désigner les peintures au moyen des numéros apposés sur leurs cadres. Nous avons également rejeté toute idée d'appendice et de suppléments, expédients dont la pratique nous a fait reconnaître l'incommodité. Rien n'a été changé au numérotage, et à l'aide de renvois, de biSy de ter, de quater même au besoin, placés devant les chiffres, nous pensons avoir évité toute espèce de difittculté et concilié les intérêts de chacun.
25 mai 1864.